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09/02/2011


L'invité du mois

Albertine BENEDETTO



BIOBIBLIOGRAPHIE

Albertine BENEDETTO
À paraître en 2017 :
Une histoire invisible, collection A côté, éd. Les Cahiers du Museur, avec une gravure d'Hélène Baumel

2016
• Création d'un « livre pauvre » dans la collection L'Improbable de Daniel Leuwers, en collaboration avec la poète et peintre Lydia Padellec/Laodina
• contribution à la revue Souffles, août 2016, Mon Grand Dada
• publication dans l'Anthologie Sète 2016, Festival des Voix vives
• Le Présent des bêtes, Al Manar, Paris (illustré par Henri Baviéra)
- les 12 premiers exemplaires tirés à part, numérotés, signés, rehaussés de dessins de la main de Henri Baviéra-
• Longtemps, collection La Galerie de l’or du temps, éditions du Petit Véhicule, Nantes

2015
• Alma mater, collection Polder, revue Décharge
• Sur le fil, Encres vives
• Eurydice toujours nue, Chiendents, éditions du Petit Véhicule, Nantes
• Création d'un poème numérique, Portrait chinois, en collaboration avec Bernard Vanmalle

2013
• Glossolalies, éditions de L’Amandier, Paris

2009
• Effraction, livre d’artiste en collaboration avec le photographe Pascal Fayeton
2008
• Je sors, Cahiers de l’Egaré, le Revest-les-eaux

Des poèmes publiés
- en revues : Aujourd’hui Poèmes, Autre Sud, Décharge, Friches, Nu(E), Phénix, Poésie sur Seine, Recours au poème, Rehauts, Teste.
- sur la toile :
http://www.recoursaupoeme.fr/po%C3%A8tes/albertine-benedetto
http://www.terreaciel.net/Albertine-Benedetto
http://levurelitteraire.com/albertine-benedetto/
http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2016/07/albertine-benedetto-ordinaire.html
- sur le site consacré à l'association qu'elle anime : http://liberlibra.com/poemes

Des poèmes à entendre
- Alma mater lu par Christophe Jubien sur Radio grand ciel, émission La route inconnue
http://radiograndciel.fr/02-Emissions/RouteInconnue/emission.html
- lecture de poèmes et entretien avec Luc Vidal, en juillet 2015 à Sète
sur youtube : https://www.youtube.com/watch?v=h9A9iPxfqe8
https://www.youtube.com/watch?v=a2YugnOzfxw

EXTRAITS

INÉDITS

Ils ouvrent le théâtre de nos nuits
leur veille leurs alarmes
tracent une dramaturgie de l'amour
et de la poésie
- ô rossignol de ma lyrique nuit
je t'écoute et te reconnais
quand de ta voix le printemps
ensemence le chant
qu'Avril se renouvelle
nous laissant croire
à la fleur et au fruit
sans l'étroitesse du linceul

Rossignol

***

Muqueuses à l'air
retournées comme
les lèvres obscènes d'une plaie
impossible à contenir
cette bouillie en fusion
cet écroulement de l'être
aucune suture ne pourra réparer
ce qui se déverse dans le
soulèvement d'une montagne d'eau
papiers épars sur le sol défoncé
les photographies boueuses noircies
terre informe cabossée délavée
l'image floue des cerisiers en fleurs
dans le regard vague d'une exilée

Fukushima V
***
Aux terrasses des cafés
la face hagarde de la mort
sert un jus amer
elle souffle son haleine pestilentielle
sur de jeunes gens graves aux rires éteints
ils tiennent à la main
le masque flou du souvenir


i.m.Paris 13 novembre 2015

***
Peine perdue de leurs larmes
bout à bout tissent un fil si
transparent que leur linceul ne se voit pas

Violetta au deuxième acte
ce qu’elle dit sans savoir
qu’elle doit mourir à l’acte trois

Xanthe était-ce la couleur des cheveux d’Hélène debout sur les remparts où cogne la tête des jeunes hommes morts à ses pieds ?

Zaïmph de Tanit c’est encore une histoire de voile
comme si la beauté pétrifiait qui la voit nue
tel le chasseur voyeur du bain divin
mangé par ses chiens
(Extraits d’un abécédaire qui accompagne une installation de sculptures en terre, à Hyères juin 2016)

Faire un feu exige
de bander ses forces
pour percer la nuit
le corps plie sous le bois mort
retour à la grotte
à la méthode du feu
sa discipline qui enseigne
l'étincelle
de la patience et de l'humilité
pour recommencer
jusqu'à la danse
jusqu'à vivre enfin
faire feu de tout bois
même ces planches
brûler le radeau
si vieillir est un naufrage
sous le feu souverain
qui gouverne le souffle
Pour Pierre, à Tomino
***
Comme des graminées sur le bord des talus
ils poussent
dans la compagnie bruyante des coquelicots et des chardons
éclatants de couleur
à chaque printemps
se tiennent sur les bas-côtés
bas morceaux de la vie
avec leurs pancartes
qui ont perdu le nord
indiquant des routes barrées
voies de garage
ils sont plantés
devant nous frères humains
***
Cordes tendues au travers de la forêt. Des oiseaux les tiennent dans leur bec, y impriment de vifs mouvements qui en varient les figures. C'est comme une chorégraphie où s'invente la profondeur. L’espace se dessine et se creuse sous les lignes sonores, joue avec leur longueur, leur épaisseur, en voltes et volutes. Les sons se déploient par nappes comme des plaques tectoniques qui navigueraient dans l’air, se chevauchent, se recouvrent. Ils lui donnent sa qualité plus ou moins dense, ouvrent des failles dans des masses solides. Vertiges. Surrections de crêtes et de pics mouvants. Grands à-plats de la lumière sur un paysage sans cesse remodelé. On se promène dans des jardins suspendus entre les branches où filent des notes aiguës, des mélismes suaves, un flot de couleurs. Terre ébouriffée d'oiseaux où nous planons, légers.
Forêt de Saoû


POÈMES PARUS

1-
Anna Marta Maria Margherita ! Cris des mères sur le seuil appelant marmaille à la volée, mains mouillées essuyées vite au tablier, appellent leurs fillettes en bande sur le chemin, poissées des myrtilles écrasées par poignées dans les bouches rieuses, lèvres barbouillées retroussées sur leurs dents inégales, pointues, jeunes renardes ensauvagées courent à toutes jambes vers le giron qui sent l’âtre et le lait, vers les mères inquiètes la voix rauque d’avoir tant appelé au soir les bras lourds de la lessive soulevée ruisselante des cuves tourbillonnantes de cendre, l’œil arrêté au bout du hameau, cillant dès les premiers rires qui fusent, l’éboulis des cailloux sous les petits talons, et quand déboulent les plus véloces, robes tâchées de jus et d’herbe mouillée, prêtes à gronder avec des caresses dans la gorge attrapent au passage les bras hâlés chacune les siens ni bonsoir ni rien referment leur bouche leur porte déjà reprises par les gestes qui les gouvernent quand la nuit tombe, d’un tournemain débarbouiller les visages un enfant au sein un autre dans les jupes, les dos portent le fardeau, les pieds portent la journée et bientôt l’homme entre les jambes, cet enfant éternel qui a peur de la nuit et son cri s’abat comme un poing sur le vide quand elles ferment les yeux peut-être saoules de fatigue ou bien les tiennent grands ouverts par habitude parce que toujours elles guettent ce qui vacille, aux aguets toujours, elles qui ont couru aussi sur les sentiers… ah les premières fraises premiers baisers à l’orée du bois, vite, vite avant que mère ne les gronde, dans la peur innommée de la première fois, vite oublié tout ça, peut-être une autre vie, Anna soror ! Toutes les mêmes Marta Maria Margherita, ces noms passés comme témoins au fil des ans, des ventres, à peine le temps de savoir ce qui arrive et c’est la nuit derrière les paupières closes. Toutes pareilles lèvres tirées comme un trait sur leur silence, bouche cousue et les yeux durs qui parlent à leur place, femmes de bois sec et de cris rentrés, raides dans la robe noire où on les a couchées.

In Eurydice toujours nue, éd. du Petit Véhicule, 2015


2-
Extraits de Longtemps, éd. du Petit Véhicule, 2016

C’est un matin fertile
l’air fleurit sous les narines
ouvertes des promeneuses mêlent
leurs bras nus à la parade des fruits
sèment leurs arômes
comme papillons de nuit

C’est un matin tranquille
les amoureuses plient les ailes
de leurs lettres
des hommes bercent
un pain qui dort entre leurs doigts
rêveurs tout frémissants d’une robe qu’ils frôlent

Nice, cours Saleya

Courir vers le soleil couchant
à l'appel des oiseaux comme
si c'était le dernier appel
avant le départ
courses sur le quai du train qui s'ébranle
se reverra-t-on
avant que les oiseaux ne ferment l'horizon
par une immense porte noire
alors courir
comme on se jette dans les derniers rayons qui flottent
sirène dans une châsse d'or
serrer ses reliques
dans les somptuosités baroques du couchant

3-
Des vagues - ils disent
comme ces Peuples de la mer
qui changent la couleur
des royaumes sur les cartes anciennes
migrateurs sous la poussée
de la terre ou de la faim
prédateurs de villes ou de femmes
avec cette langue étrange dans leur bouche
claquements cris sifflements
sons qui chuintent aspirent explosent
dans l'urgence de l'eau et du pain
ce halètement du souffle
au bout de la course contre le vent
à deux encablures de la mer
qui gronde encore
et soulève le coeur
des vagues des bandes
Doriens pillards lourds de fer
face aux corps graciles des fresques minoennes
choc des civilisations ils disent
si commode pour mettre de l'ordre
sur la carte qui ne cesse de glisser
d'un monde à l'autre
vague comme vertige
celui de l'homme descendu de la barque
crachant l'eau amère du voyage
pas heureux comme Ulysse
syrien syriaque la langue hésite
devant le corps si abîmé
et le regard où
se perd le peu de certitudes qu'on avait

in www.bribes-en-ligne.fr (site de Raphaël Monticelli)

4-
Des extraits d’Alma mater, in Polder 167, revue Décharges (sur des gravures de Nathalie Prats)
Pause 1
«Mère donne-moi ma bouche»
je n'irai pas danser car je n'ai pas de galant
mais je veux baiser l'image que j'ai vue au miroir de ma chambre quand j'ai soulevé ma chemise sur mon corps si blanc
une bouche ourlée de lèvres aussi rouges
que framboises au jardin lisses sous le doigt
des lèvres à écarter sur mes dents
petits soleils flottants entre les bords d'une barque
je ne sais rien du monde au-delà de notre cour mais
j'entends la nuit des battements d'ailes
les herbes qui se froissent sous le corps des bêtes
au printemps
mon cœur se met à battre pour un rien


Pause 2
non mes filles vous n'irez pas danser
dehors les ogres guettent
affûtent leur coutelas
leurs rires piègent les filles
enduites de leur glu
pendues comme bécasses
renversées le bec ouvert
toutes à l'encan
pour le plaisir des maîtres
vous aurez beau pleurer
ils jouiront de vos soies
vos galants vautrés sur vos chiffons éventrés

5-
Des extraits du Présent des bêtes, éd. Al Manar, Paris, 2016

Pour aller au jardin ils ont le pied léger. Passé la grille, c’est un autre monde. Ils croient qu’ils sont cachés parce qu’ils ne voient qu’eux. Allegretto des premiers rires et da capo. Leurs mots glissent se chuchotent à même la peau. Toujours nue même sous l’étoffe. Le jardin est immobile. Un jour ils s’y coucheront, séparés.

(Jardin)

Jour de pieuse visite. Le regard en allé sur les pierres levées, on tire la chaîne. Remontent des eaux noires Eugène, Julie, Marie, Madeleine, ô la vibration entre nos lèvres de vos noms si doux, réchauffés à notre souffle de vivants. Vite avant que la pierre n’avale la dernière syllabe, encore une fois faire signe. Avant que, sur vos tombes désaffectées, le fossoyeur n’appose l’affichette, à qui destinée ? mais réglementaire : prière de se faire connaître.
(St Martin 12)
Les deux pieds joints au bord de la fosse. Grande excavation de terre d'où montent aussitôt les noms chantants de Katyn et de Babi Yar, venus de ces matins glacés à trembler nu avant de basculer. Combien de charniers hantent nos mémoires, ont creusé en nous, à notre insu, leurs fosses puantes, tant que se tenir debout devient vertigineux, toujours prêt d'être happé, toujours au bord de sa propre disparition. Et si l'on tient, se tient, c'est au prix de l'oubli. Oubli de la chaux sur la chair, vive sur morte, oubli de tous les liquides visqueux, coagulés fermentés amalgamés, concrétions de peur et de douleur exsudant des corps sans nom. On se tient là, les pieds joints sous le ciel si beau qu'il est difficile de ne pas croire à la bonté. Mais l'afflux des images coule sans répit sur l'oeil rivé à ce trou de terre. Même la fourche qui va chercher les derniers rameaux de lauriers au fond de la remorque renversée se charge de menaces.
(À la déchetterie)
C'est une vieille maison. On ne sait rien de ceux qui ont vécu là, juste qu'ils ont vécu, mais vivre est une énigme. On peut imaginer les pas gravissant les marches de la tour, les épaules qui se voûtent sous un chambranle trop bas. Des postures du corps, dans l'absence des voix. On pourrait vivre là, habiter ce temps où chêne et volcan se laissaient tailler, encastrer, jointer. Solives et murs sortis de la terre, sous la poussée d'une main d'homme, reliés encore aux bruissements de la forêt, aux remuements de l'ombre mais dressés contre le froid et la nuit. Peut-être aurions-nous moins peur, de vivre là.
(Usson, Pour M.)

Paysage soulevé d' arbres comme la respiration profonde d'un violoncelle déployée entre les branches jusqu’au ciel. Inspirations, exhalaisons. On suit les chemins creux, défendus par les ronces et les orties, bien à l'abri. De part et d'autre, le regard glisse sur la peau verte des prés, et tout ce vert bu par les yeux fait une fraîcheur qui coule dans la gorge comme un rire. Provision pour les jours de carton, leur bouillie épaisse dans la bouche.
(Chemins)

Il ne faut pas oublier les oiseaux, dit-elle. Le pain que ses dents ne mastiquent plus, il le coupe précautionneusement en tout petits morceaux qu'il jette à la volée devant la maison. Il donne la becquée aux oiseaux, voyageurs célestes qui tirent des bords sous le vent, virent au près des nuages, reviennent effrontés et souverains, piafs du jardin piailler dans le lilas. Il ne faut pas oublier les oiseaux, c'est la plus belle phrase du matin, comme une parole tendre, une caresse de mots pour les êtres menus, ces démunis qui vaguent ébouriffés, dépenaillés, entre ciel et terre, aimantés par la lumière. Qu'ils touchent notre front et les fenêtres s'ouvrent.
(Pour Charlotte et Claude)








Jeudi 4 Mai 2017
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