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09/02/2011


L'invité du mois

INVITÉE DU MOIS Mérédith Le Dez

Le 21 juin 2017, à la Maison de la poésie de Paris, Mérédith LE DEZ a reçu le prix Vénus KHOURY GHATA pour son livre "Cavalier seul", éditions Mazette



BIOBIBLIOGRAPHIE

Ecrivain et poète, Mérédith Le Dez, née en 1973, vit et écrit à Saint-Brieuc, en Bretagne. Initialement professeur de Lettres modernes, puis éditrice, elle consacre aujourd’hui pleinement sa vie à la littérature, entre création personnelle et engagement bénévole en faveur du livre et de la culture.
Elle est vice-présidente chargée de communication des Escales de Binic-Festival de Littératures vagabondes et cofondatrice de Un jour un poète avec Paul Dirmeikis qui a mis en chanson plusieurs de ses textes. Elle anime de nombreuses rencontres littéraires et des journées d’écriture, dont en avril-mai 2017 à la médiathèque Albert Camus de Saint-Brieuc, un atelier intitulé “ La note rouge ”.
En 2016, elle est poète en résidence invitée par les Itinéraires Poétiques de Saint-Quentin-en-Yvelines, pendant trois mois, à Elancourt (78).
Fréquemment invitée à des manifestations, souvent hors Bretagne, elle participe en juillet 2017 à la 20e édition du Festival Voix Vives de Méditerranée de Sète.
Editée depuis 2008, alternant poésie et prose, outre des contributions en revue, elle a publié une dizaine de livres, parmi lesquels deux recueils primés, Journal d’une guerre (Folle Avoine, 2013), Prix Yvan-Goll 2015, et Cavalier seul (Mazette, 2016), Prix-Vénus-Khoury-Ghata 2017.
Les thèmes qui l’inspirent sont le rapport intime, intellectuel et physique, à la langue ; la nostalgie, le désir et le manque comme terreau de l’écriture ; la construction de l’identité et l’impossibilité de véritablement trouver sa place dans un monde en crise(s).


1. LIVRES 

Romans

Le cœur mendiant, à paraître à La Part commune, février 2018

Baltique, roman fantôme, le bruit des autres, 2015


Récit

Polska, éditions Folle Avoine, 2010


Poésie

La nuit augmentée, à paraître chez Mazette en 2018

Cavalier seul, avec des encres de Floriane Fagot, éditions Mazette, 2016, Prix Vénus-Khoury-Ghata 2017

Quatre chevaux de hasard, Folle avoine, 2015, Bourse de création du CNL 2012

Journal d’une guerre, Folle Avoine, 2013, Prix Yvan-Goll 2015

Les Eaux noires, Folle Avoine, 2008


Livres d’artiste

Paupières closes, avec des peintures d’Emmanuelle Boblet, éditions Mazette en collaboration avec Les Itinéraires Poétiques de Saint-Quentin-en-Yvelines, 2017

Chanson de l’air tremblant, poème caraïbe, avec des gravures de Chantal Gouesbet, éditions La Lune bleue, 2016 (épuisé)



2. PUBLICATIONS EN REVUES ET OUVRAGES COLLECTIFS (sélection 2016 et 2017)

Le corps perdu, poème inédit, “ De l’imaginaire et des pouvoirs ”, Apulée n°2, février 2017, éditions Zulma

Fin décembre et Tu cherches en toi… , deux poèmes inédits, “ Eloge de la frontière ”, Spered Gouezh n°22, octobre 2016

D’eau et de feu : poésie, langue lampée, éditorial consacré à la poésie de Salah Stétié, “ Sous la lampe de Salah Stétié ”, revue numérique i rouge n°1 – septembre 2016

L’âge des forêts, poème dédié à Salah Stétié, in “ L’eau de la poésie est son feu ”, Mélanges offerts à Salah Stétié, Editions de l’Université Antonine, Beyrouth, Liban, 2016


3. DIVERS (sélection 2005-2017)

Préfaces

Pourtant si beaux, Jean-Marie Berthier (éditions Le Bruit des autres, 2013)
Salammbô de Carthage, Maxence Fermine (MLD 2012)
Sur les ailes, Marie Sunahara (MLD 2012)
Une pierre dans un champ de lin bleu, Jean-Marie Berthier (Edelweiss 2010)
Endurance du météore, Jean-Yves Vallat (MLD 2010)
Profil perdu, Line Aressy (MLD 2008)
Comme un champ lavé par la neige, Sophie Grenouilleau (MLD 2007)
Fragments et autres esquisses, Jean-François Sterell (MLD 2007)


Publications en revues spécialisées

L’Île dans l’île : dans le sillage de Kowalski, avec Marie-Claire Mussat et François Dumont, revue Le Pays de Dinan, décembre 2015

Leurs yeux de steppe, préface à Chant pour les femmes d’Allemagne de Jean Cordelier, revue Le Pays de Dinan, décembre 2012

Cheyne éditeur : la poésie en partage, revue de l’ABF, 2005


Articles et critiques

Pierre Tanguy : Silence hôpital (haïkus), Le Cri de l’Ormeau, juin 2017

Antonin Fadinard : Les Sidérées (théâtre), Le Cri de l’Ormeau, septembre 2016

Jacques Josse : Marco Pantani a débranché la prise, Le Cri de l’Ormeau, mars 2016

Maxence Fermine : inventeur du monde et bâtisseur de livres, La Tarentaise Hebdo, 8 juillet 2010

Heather Dohollau : par la grâce d’un soleil oblique, 2006, repris sur le site Poezibao (http://poezibao.typepad.com/files/heather-dohollau-par-meredith-le-dez.pdf) en 2013.






EXTRAITS

1.

Desierto
Glisse hispanique comme un silence aride

Nos espaces si séparés s’assemblent-il ou bien
Se heurtent-ils simplement dans la transe
Le temps d’une puisée d’eau magique
sous les soleils de mille andalousies.

Les Eaux noires, Folle Avoine, 2008, (page 54).


2.

Mes soldats et moi
nous avons marché
jusqu’aux lisières du monde
en avant nous sommes allés
il n’y avait plus d’ordre pourtant
nous marchions contre la ligne du ciel
contre le bord de la terre
nous marchions
il n’y avait plus rien devant nous
que le désert tendre du printemps
et nous l’avons saccagé
n’ayant rien d’autre à piétiner
et nous l’avons vaincu
n’ayant rien d’autre à prendre désormais
jamais en arrière nous n’avons regardé
mais dans les yeux de mes soldats
je voyais grands ouverts
les ventres des enfants et des chevaux
où fleurit éternelle l’écume de la mort
je voyais les bouches fendues
les mains coupées
et je voyais l’été criminel
des incendies
flétrir dans la pénombre
la peau des collines
et je voyais les couteaux maigres
clouer
les jeunes filles
sur la croix du temps
et tendu vers l’horizon
où couraient
en avant en avant toujours
mes soldats et moi parmi eux
j’entendais comme une rumeur de mer ancienne
les cris vains
et j’entendais aussi dans la falaise
le silence fier
des suppliciés

Nous marchions au bord
du monde
mes soldats et moi
nous marchions harassés
et hargneux
nous marchions affamés
et sales
sans rempart pour nous garder
de nous-mêmes
nous avancions à la frontière
des mondes
sans ordre ni loi
nous étions allés plus loin
que la guerre

Et puis tout à coup
arrêtés au bord du monde
frappés de stupeur
ils furent
mes soldats
mes doux soldats bruns
mes brutes rompues
à tous les crimes
penchés sur le spectacle
de l’horreur
et avec eux je tremblais
nous étions
face au miroir

Journal d’une guerre, Folle Avoine, 2013, Prix Yvan-Goll 2015, (fragment 20 - pages 40 et 41).


3.

Et penchés au bout du monde
au bord d’un gouffre amer
nous regardions
jour et nuit
nous regardions
passer les trains gris
nous regardions les hautes cheminées
dans la forêt l’hiver
et les chiens hurlant
qu’on les lâche
pour sauter à la gorge
des mendiants
nous regardions effarés
la meute rouge des enfants soldats
éclatant au ventre de l’été
nous regardions les ruines
sous la neige des villes
anéanties
et à l’aube froide des matins de brume
nous entendions siffler les bombes
et passer les avions
nous regardions dans les arbres
la langue bleue des pendus
et dans les trous d’obus
nous cherchions en vain
forme humaine

Nous étions allés plus loin
que la guerre
et sur nous le monde s’enroulait
comme une cape ensanglantée
n’en finit pas de déployer
dans l’espace et le temps
ses plis et replis intestins

Nous étions allés plus loin
que la guerre
et soudain nous étions vieux
de tous les âges du monde
mes doux soldats bruns
et moi
au bord du vide

Journal d’une guerre, Folle Avoine, 2013, Prix Yvan-Goll 2015, (fragment 21 - pages 42 et 43)


4.

J’ai écrit sur la guerre
encore
mes soldats immobiles
sur l’horizon
se tenaient cois
fumant le dernier tabac
collé aux doublures des poches

j’écrivais sur la guerre
je disais leurs fronts
leurs mains
leurs ventres
rongés de vide
et leurs yeux ensablés
d’ennui
dépossédés qu’ils étaient
à présent du crime

car désormais la terre
engendrait d’elle-même
la terreur
et nul soldat n’avait part
au combat écrasant

j’écrivais sur une guerre
très lointaine
mes soldats vieux et maigres
avaient déserté en silence
et la terre tremblait sur son axe
dans un moment de folie prodigieuse
et l’homme lézardé
promenait un visage défait
sur sa création


Journal d’une guerre, Folle Avoine, 2013, Prix Yvan-Goll 2015, (fragment XXII - page 44).


5.

Les nuits poussaient le jour
comme un couteau ouvre le ventre
d’une grande faim
à poursuivre le soleil de laine
et l’ombre des troupeaux

Quatre chevaux de hasard, Bourse de création du CNL 2012, Folle Avoine, 2015, (page 70).



6.

Couteau de la nuit
simplement posé
sur la plaine

Si la gorge tranchée
du silence
offrait à nos mains
des pavots rouges

Mais à peine
une fleur d’écume
tremble
dans l’ombre
et s’oublie aux portes closes

Quatre chevaux de hasard, Folle Avoine, 2015, (page 80).


7.

Droite beauté
fichée en lance
au cœur des titubants

Vivante à bouche parcimonieuse
dans le visage de l’affaissement
ta parole flambée
qui déchire et retient

Quatre chevaux de hasard, Folle Avoine, 2015, (page 91).


8.

Souviens-moi
longuement
à bouche bue
de la blancheur des mains
sur un livre
et toujours souviens-moi
à peau éprise
du lierre des mots oubliés

Oui

Souviens-moi
inlassable
d’un désir enroulé
à la langue
d’algues brunes

Cavalier seul, Mazette (2016), Prix Vénus-Khoury Ghata 2017, page 16.


9.

Dans un pays ruiné
longtemps après la guerre
je retrouve un soir ta trace
par mégarde

comme un sillon de lumière pâle
tombant
sur une médaille égarée
aide à retrouver la mémoire
des origines


Je te retrouve fierté inaugurale
oubliée à la une de quel journal
quel jour quelle année
longtemps après les maisons abattues
et les bibliothèques brûlées
et les hommes en poussière
sous le sable des grandes fatigues
qui n’attendent plus d’être chassées
par un temps meilleur

comme découvert au ventre des dunes
pleurant de pluie
un masque antique
aux yeux ouverts
sur des pupilles non dessinées

C’est ton masque que j’entrevois
que je placerais sur ma figure anéantie
comme un double
s’il ne s’agissait d’illusion
créée par la feinte du drap blanc
à la faveur d’une insomnie


Mais toi sœur à peine troublée
par la gifle formidable
qui n’en finit pas de renverser
le monde

toi tu es bien là
statue de la première humanité
toute puissante et lisse

de nouveau prête
comme une fée penchée au berceau
à tracer un geste généreux
sur mon front inquiet


C’est toi
fierté
contre le temps
ton cher visage

qui apparais
lune pâle encore
levée tard dans la nuit

que j’écoute parler pour moi seule
comme s’il y avait à puiser encore
dans le désert à perte de vue
l’eau d’un avenir habitable
pour la langue du poème

Cavalier seul, Mazette (2016), Prix Vénus-Khoury Ghata 2017, pages 21 à 24.


10.

Tu fermes les yeux pour attendre
la lumière qui s’élève d’une voix
ou l’eau claire des fontaines fées
dans la blancheur aiguë de midi
et le vert des forêts s’ouvre alors
sous l’ogive tendre des paupières
aimant de toute sa mousse fauve
chapelle d’une seule prière tissée
de soleil sur l’humus et d’ombre
humide dans la paume d’un rêve

Paupières closes, Mazette (2017).

Mardi 27 Juin 2017
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