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09/02/2011



REVUE DE PRESSE

LA MORT N'EST JAMAIS COMME -PRESSE-



EXTRAITS DE PRESSE
LA MORT N’EST JAMAIS COMME Editions de l’Amandier 2006 (réédition).


« Un texte dense et dur, qui est aussi une incroyable recherche formelle, avec des ébauches purement abstraites, des bribes de pur poème, des empreintes de prose narrative et ses « découpes numérotées… un parfait manifeste de ce que nous avons à chercher, si l’écriture d’aujourd’hui, lorsqu’elle se confronte comme ici à une charge aussi vitale, le deuil impossible d’un proche, devient rétive à toute appartenance de genre » François Bon, Remue-net 2004

« (...) Il y a chez Claude Ber une conscience si aigue de la transcendance de son objet qu‚elle lui inspire une singulière poétique négative au sens où l’on parle de théologie négative, une conception de la figure comme figuration du dissemblable telle qu‚on la trouve énoncée chez un Denys l’Aéropagite (...) On soulignera (...) le tropisme mystique de ce livre et son auteur ne le nierait pas, pour peu qu‚on ne le dissocie pas d‚une méditation sur les limites mêmes du langage et qu’on ait à l’esprit le spectacle de la folie dont il est né comme un chant d‚amour à celle qui y succomba. Trouver face au mutisme de la folie une juste mesure de silence, rendre vie au « mot mort » dans le « momort » telle est en effet la mission cathartique du poète, et la vocation lazaréenne de son poème. Pierre Dubrunquez Europe, avril 2004

« Dans ces « bribes », dans ces fragments qui tissent l’histoire d’une existence la mort se décline sur divers modes. Des poème en pros qui sont autant de blocs compacts comme des pierres tombales alternent avec des séquences de vers libres, trouées de blanc (…) A la fin une prose poétique va de l’avant (prorsus) tel un manifeste qui affirme en différentes langues que la vie, elle aussi, avance, et que « l’imperfection de la vie vaudra félicité ». Cette félicité est arrachée à l’impossibilité que nous avons d’accepter la mort, à l’impossibilité de la dire car « la mort fait de la langue entière un charabia ». (…) A la mort et à la défaite d’une langue sans ponctuation, sans syntaxe reconnaissable, d’une langue affolée par le travail de la mort (…), s’oppose, dans des paragraphes régulièrement ponctués, à syntaxe claire et dense, la célébration de la vie (…). Dans tous les cas, et c’est ce que dit le rythme à travers les répétitions et les variations continues, la mort impose que (…) la parole ordinaire, « l’universel reportage » selon l’ expression de Mallarmé, fasse silence afin qu’un chant puisse s’élever. (…) Cette parole tragique ne cède pourtant jamais à la tentation d’une lamentation complaisante (…) La mort n’est jamais comme n’est pas une parole de deuil, n’est pas un thrène, mais un hommage aux « choses dans leur assise, la roche dans la roche, le ciel dans le ciel et nous tous à notre place ». Joelle Gardes, Le Nouveau Recueil juin-août 2004.

« Voici un livre d’amour et de mort qui, transcendé par la splendeur de l’écriture, passe tôt de l’anecdotique – aussi tragique soit (…) la disparition d’un être tendrement aimé- à l’universalité de la douleur. Depuis la publication de Lieu des Epars (gall 1979) nous sommes quelques uns à suivre le travail spécifique de Claude Ber qui éclaire très positivement ( une fois n’étant pas coutume) le sens de l’indigeste et vague notion de modernité. (…) Il y a dans cette trituration de la langue qu’elle pratique avec le plus grand naturel ( ce qui ne signifie nullement sans l’art le plus élaboré), dans cet usage de la litanie quasi liturgique et du délire froid parfaitement contrôlé, une puissance déchirante et charnelle que guette en permanence la folie lucide de ceux pour qui la déconstruction est une des conditions préalables essentielles de la vie comme de l’écriture. Jacques Lovichi Autre Sud mars 2004

« La vie. La mort. Le vivre. La durée. La folie. L’orgasme. J’y étais. Elle y fut. (…) Ne pas plier (les genoux), accompagner ce flux de paroles et d’audace, ce cri qui se « découpe » en fragments, tranche autant de fois que le poème monte. Délire qui brode le dire, s’y tient au plus près, noue le quotidien, la ville : Paris, Nice aux entre ciels, aux antres noirs et « translucide(s) » et « outrancier(s) » de la joie
commedu scalpel. L’écrit placé haut. » Jeanine Baude, Journal des Poètes, Bruxelles 2004

« Poète confirmée et auteure dramatique chevronnée, Claude Ber nous offre à lire un livre plein ( « trésor de mots » dont elle se dit débitrice…) mais pas confus, un parcours balisé en quelque sorte…découpant le thème en motifs qui intensivement évoquent, décrivent, décryptent. Un livre curieux (qui ne dévoile pas tout, qui garde du mystère) dont la lecture ne laisse pas indemne, et c’est tant mieux. Zoé Philippe Cahiers Critiques de Poésie – Centre International de Poésie de Marseille 2004

« Mise en scène et mise en page des mots du deuil et de la perte, fruit d’une conquête sur l’inerte et le tacite, dont le livre porte la marque jusqu’à cet « effort de clarté » qui met le lecteur à distance, en aplmob, comme penché au dessus du vide et de la tragédie, retenu, maintenu au bord, tout au bord du vide et de la folie par l’affirmation initiale, omniprésente et omnivore « La Mort n’est jamais comme ». La poésie est vivante qui touche à l’essentiel. Ainsi l’œuvre de Claude Ber, alternance de vers libres et de proses qui s’attachent à forer l’indicible, l’extrême, pour nous faire entendre l’insoutenable condition du vivant par le biais d’une parole arrachée à la tyrannie de la communication (…) Aucun sentimentalisme ne réduit l’approche de l’extrême à la consolation classique ou à l’épanchement romantique (…) Le petit, le minuscule indécis d’exister fait son chemin, taraude le visible, et s’attache à nous faire voir ce qui se dérobe. (…) Mais le deuil et la perte ne sont pas les seuls motifs du livre. La langue chevillée au corps hésite entre le trop et le pas assez pour nous parler de la folie, expérience limite là encore d’où on ne revient pas indemne (…). La troisième partie s’attache s’attache à dépeindre par touches successives un voyage en prose madrilène qui fait figure de voyage de noces associant le monde réel à ses représentations, vélazquez à internet (…) folies et violences quotidiennes véhiculées par les images du monde rejoignent les œuvres peintes du Prado, les bijoux de pacotille vendus au marché pour donner lieu à de rapides dévoilements qui confèrent à la narratrice son statut dans l’ordre du langage : « tant de mots parlent à notre place qu’il ne nous reste que la salive au bord des lèvres comme une sorte de pleurs d’une parole épuisée » (…)Poète engagée dans le développement de nouvelles formes d’écriture et de transmission du poétique, notamment de l’oralité, Claude Ber nous livre une œuvre dense, d’une générosité et d’une sincérité rares, susceptible de réconcilier ceux qui ne voient dans la poésie contemporaine que vaines complexités. Patrick Souchon Ici é Là, revue de la Maison de la Poésie de ST Quentin en Yvelines N° 3 09/05

« Entre les deux pierres levées qui ouvrent et ferment le livre, ce sont 22 « bribes », chacune engageant plusieurs découpes, soit 50 au total, comme autant de poèmes, de restes, de vestiges voisins du fantôme, ce vêtement d’absence, garant d’une présence encore et toujours de la vie dans ses aspects les plus kaléidoscopiques. Ainsi, c’est moins d’émotion (…) que d’émoi dont il s’agit ici, soit « cette émotion dépourvue de sentiments » dont parle Bernard Noël. Emoi qui est le cœur de feu du poème. Cela que la forme en quelque sorte redresse. Et tient. » Alain Freixe, L’Humanité, 21/02/08.

« Soumise à « l’observation minutieuse des glissements », l’écriture de Claude Ber est exploration insatiable des limites. Celles du moi divisé, pris en étau entre désir de dire/désir de taire. Celles du langage et de ses leurres – « Je me tais pour échapper aux icônes ». « Une façon de dire au bout des lettres » qui n’exclut ni les courts-circuits des contradictions ni le rapport glacé à la réalité : « Au bord de la soucoupe le sucre a fondu. Et le café est froid. » Dans une incessante articulation des contraires – « dans le grog chaud, un glaçon d’éternité » –, concret et abstrait pactisent pour faire surgir, derrière l’illusoire pouvoir des mots, ne serait-ce qu’un balbutiement. « Des graffitis sur le plâtre d'un poignet cassé. »

 Derrière la miniaturisation des scènes – sensations et objets – surgit soudain, inattendue, volcanique, tempétueuse, pareille à une vague indomptable, une poésie organique, cosmique, détonante-explosive. Belle de toute la force de l’éros qu’elle recèle et diffuse. En prise fusionnelle avec la « houle originelle » qui sommeille sous la cendre. La mort n’est jamais comme : un hymne puissant à la vie. Célébration. 


Angèle Paoli
 Site Terres de Femmes, septembre 2008
http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2008/09/claude-berfa-ch.html.

« Claude Ber, belle plume et lucidité au delà du commun s’inscrit dans une démarche paradoxale entre apologie du poétique et négation de la poésie.(…) Elle est un des rares Poètes (…) à s’émanciper avec enthousiasme et courage des poncifs et des chapelles. Distinguée par l’envié prix Ivan Goll 2004, La mort n’est jamais comme synthétise les thèses avant-gardistes d’un écrivain désireux d’écrire pour dire. (…). La poésie peut revenir, doit revenir. Claude Ber y contribuera certainement. » T. de B. Art Sud sept-oct 04.

« Un livre de poèmes bouleversants comme peuvent l’être l’amour et la vie (…) Les mots sont là pour dire l’indicible. Pour ouvrir sur l’impossible conjuration de la folie. Pour exorciser ce qui peut encore l’être. On les découvre comme on se souvient de ce que l’on croyait avoir oublié » Hélène Bresciani, Nouvelles Publications nov. 2003

« Livre « du debout », de révolte, de résistance, d’amour (…) Il s’agit bien là d’un livre qui parle d’exil, exil des exclus, exil des reclus, exil des bannis. Entre la folie et la mort nous sommes bercés, charriés, bousculés, hissés, portés à bout de mots par une langue forte et chaleureuse, sans complaisance, sans tricherie. Langue de ceux qui ont pesé au plus juste la douleur d’exister et celle, plus grande encore peut-être, d’accompagner dans la souffrance avant que de ne plus pouvoir parler. Langue de ceux qui ont estimé l’essentiel: l’homme et sa fragilité, mais aussi le lien visible ou invisible qui le relie à l’autre. (…) La poésie, force vive met les hommes debout, met les hommes en marche et les aide à mourir. Puisez donc courage, force, partage, respect, humilité, sérénité dans La mort n’est jamais comme. Ce livre vous portera sur la crête des vagues en un roboratif, généreux, parfois truculent, jamais monotone, et infini voyage. En pionnière, Claude Ber ouvre le chemin, le grand chemin. » Martine Roche, revue Etoiles d’Encre 05.

Le jury du prix international de poésie francophone, décerné par l'Alliance francophone et la Fondation Yvan-et-Claire-Goll, a décerné le prix 2004 à Claude Ber, pour La mort n'est jamais comme (Ed. Via Valeriano-Léo Scheer, Paris). Ce prix, selon le voeu exprimé par Yvan Goll dans son testament, a pour but de récompenser « un poète particulièrement doué ». (…) Il sera remis à la lauréate le 25 juin, à 17 heures, sur le podium du Marché de la poésie, place Saint-Sulpice, à Paris. Le jury est composé d'Arlette Albert-Birot, de Marie-Claire Bancquart, Noëlle Chatelet, Vénus Khoury-Ghata, Anyse Koltz, Werner Lambersy, Jean-Baptiste Para, Jean-Michel Place, Albert Ronsin et Anne-Marie Vidal. Le Figaro, mardi 15 juin 2004, p. 24.

Vendredi 4 Décembre 2009
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