BIOBIBLIOGRAPHIE
Sophie Loizeau
Sophie Loizeau vit à Versailles. Elle est titulaire d’un DEA de Lettres Modernes et exerce actuellement, après avoir été enseignante, la profession de psychologue à l’Education Nationale.
Publications :
Courte bio/bibliographie
Sophie Loizeau vit à Versailles, elle a publié :
- Le Corps saisonnier, éd. Le dé bleu, 2001
- La Nue-bête, éd. Comp’Act, 2004 (bourse Poncetton de la Société des Gens de Lettres 2004 ; prix Georges Perros 2006)
- Environs du bouc, éd. Comp’Act, février 2005 (avec une quatrième de couverture de Bernard Noël), prix international de poésie Yvan Goll 2005
- Albine, éd. Comp’Act, 2005 (Une suite au dernier roman inachevé de George Sand)
- La Femme lit éd. Flammarion 2009
Elle a dirigé le n°5/6 de la revue Passages à l’Act consacrée à Pascal Quignard (2008) et collaboré à de nombreuses autres revues.
Roman de diane, son cinquième livre, est en cours d’écriture.
De nombreuses parutions dans des revues de littérature et de poésie, ainsi que dans des anthologies :
- La Polygraphe, Europe, Le Nouveau Recueil, Po&sie, Le Mâche-Laurier, Rehauts, Passage d’Encres, Petite, Grèges, Gare maritime, L’Etrangère, Vatra (revue roumaine, textes traduits par Dinu Flamand), Versus/Versum (revue roumaine, textes traduits par Linda Maria Baros)…
- anthologies « Autres territoires » et « Potlatch es », éd. Farrago, Biennale des Poètes en Val-de-Marnes, 2003 / 2004
- Collaboration à l’anthologie « Passeur de mémoire », collection Poésie / Gallimard, mars 2005
- Etats provisoires du poème VI, Théâtre National Populaire, « Les langagières », Cheyne Editeur, décembre 2005
Des livres en partenariat avec des artistes (peintres et compositeur) :
- Qu’il en soit ainsi avec Céline Froidevaux, 2004
- Livre peint avec Anna Slacik, 2004 et collaboration au catalogue de l’exposition : Excepté peut-être une constellation, BMS de Strasbourg, février 2006
- Anima mundi avec Claude Panier, Les Cahiers de la Seine, 2005
- Impromptus pour Erato, pièces vocales avec Alain Bioteau, Festival de musique
contemporaine Ebruitez-vous, Rennes, 2004
Des lectures, des consultations poétiques :
Notamment : lecture à L’Hôtel de Massa à Paris (La Société des Gens de Lettres), en 2001 ; lecture à l’Université de Cergy, 2003 ; à l’Institut français de Hambourg, octobre 2003 ; Les langagières 2004, Théâtre National Populaire de Villeurbanne ; Les Poétiques de Strasbourg, Voix des femmes, janvier 2005 ; une intervention à l’école des Beaux-Arts de Bordeaux, décembre 2005 ; lecture et intervention au colloque Temps de Paroles, Université de Dijon (CNL Bourgogne, le 2 février 2006) ; Les Rencontres Poétiques de Montpellier, librairie Sauramps, mars 2006 (et réalisation d’un cahier) ; Poésie, un place dans la ville, Centre Wallonie-Bruxelles à Paris, mars 2006 ; lecture à l’occasion des vingt ans de Tarabuste, mai 2006 ; lecture à La Maison Joë Bousquet, Carcassonne, juin 2006 ; lecture et intervention à l’IUFM d’Evreux, juin 2006 ; lecture et exposition de photos à l’Hôtel de Massa (SGDL), juin 2006 ; présentation du travail de Marie-Claire Bancquart dans le cadre Des Suites Poétiques de l’Yonne, septembre 2006 ; participation au colloque « Neuf questions posées à la poésie », Maison de la Poésie de Paris, octobre 2006 ; lecture à l’occasion de la remise du prix Georges Perros pour La Nue-bête à St Malo (Rencontre Poétiques Internationales de Bretagne), octobre 2006
Des ateliers d’écriture :
IUFM d’Anthony, janvier 2005 ; Table ronde / lecture : Poésie / enseignement, Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines, mars 2005 ; IUFM de Saint-Germain-en-Laye, avril 2005 ; école primaire de Colombes, mai 2006
Un spectacle poétique :
à La Comédie de Reims, mise en scène de textes tirés de mes trois livres de poésie de Claude Guerre avec Anne Alvaro et David Lescot, décembre 2005 ; ce spectacle a été présenté au Festival de musique et d’électroacoustique Son mi ré de Fabrezan en septembre 2006 ; il se produira à La Maison de la Poésie de Paris en 2007 / 2008
Des émissions radiophoniques :
- Entrevues, France Culture 2003, avec Mathieu Bénézet
- Poésie sur Parole, France Culture 2004, avec André Velter et Jean-Baptiste Para
- Poésie sur Parole, France Culture, avec André Velter, mai 2005
- Surpris par la nuit, France Culture, avec Omar Berrada, septembre 2005
Travail photographique :
- exposition à l’Hôtel de Massa (SGDL), juin 2006
- présentation de photos sur le site de Poezibao, septembre et octobre 2006
- publication dans le n° 26 de Passage d’Encres, octobre 2006
Projets / lectures :
- participation à une anthologie (pour une publication en Chine) par Jean Lewinsky, décembre 2006
- un livre d’artiste avec Jef Gravis, éd. Eric Seydoux, 2007
- un second Livre Peint avec Anne Slacik « Danse macabre », 2007
- lectures et interventions à l’IUFM de Caen, février 2007
- une collaboration à Formes Poétiques Contemporaines n° 5, printemps 2007
- lecture au centre culturel de Fougères, le Printemps des poètes, mars 2007
- un spectacle poétique présenté à la Maison de la Poésie de Paris, saison 2007 / 2008
Publications :
Courte bio/bibliographie
Sophie Loizeau vit à Versailles, elle a publié :
- Le Corps saisonnier, éd. Le dé bleu, 2001
- La Nue-bête, éd. Comp’Act, 2004 (bourse Poncetton de la Société des Gens de Lettres 2004 ; prix Georges Perros 2006)
- Environs du bouc, éd. Comp’Act, février 2005 (avec une quatrième de couverture de Bernard Noël), prix international de poésie Yvan Goll 2005
- Albine, éd. Comp’Act, 2005 (Une suite au dernier roman inachevé de George Sand)
- La Femme lit éd. Flammarion 2009
Elle a dirigé le n°5/6 de la revue Passages à l’Act consacrée à Pascal Quignard (2008) et collaboré à de nombreuses autres revues.
Roman de diane, son cinquième livre, est en cours d’écriture.
De nombreuses parutions dans des revues de littérature et de poésie, ainsi que dans des anthologies :
- La Polygraphe, Europe, Le Nouveau Recueil, Po&sie, Le Mâche-Laurier, Rehauts, Passage d’Encres, Petite, Grèges, Gare maritime, L’Etrangère, Vatra (revue roumaine, textes traduits par Dinu Flamand), Versus/Versum (revue roumaine, textes traduits par Linda Maria Baros)…
- anthologies « Autres territoires » et « Potlatch es », éd. Farrago, Biennale des Poètes en Val-de-Marnes, 2003 / 2004
- Collaboration à l’anthologie « Passeur de mémoire », collection Poésie / Gallimard, mars 2005
- Etats provisoires du poème VI, Théâtre National Populaire, « Les langagières », Cheyne Editeur, décembre 2005
Des livres en partenariat avec des artistes (peintres et compositeur) :
- Qu’il en soit ainsi avec Céline Froidevaux, 2004
- Livre peint avec Anna Slacik, 2004 et collaboration au catalogue de l’exposition : Excepté peut-être une constellation, BMS de Strasbourg, février 2006
- Anima mundi avec Claude Panier, Les Cahiers de la Seine, 2005
- Impromptus pour Erato, pièces vocales avec Alain Bioteau, Festival de musique
contemporaine Ebruitez-vous, Rennes, 2004
Des lectures, des consultations poétiques :
Notamment : lecture à L’Hôtel de Massa à Paris (La Société des Gens de Lettres), en 2001 ; lecture à l’Université de Cergy, 2003 ; à l’Institut français de Hambourg, octobre 2003 ; Les langagières 2004, Théâtre National Populaire de Villeurbanne ; Les Poétiques de Strasbourg, Voix des femmes, janvier 2005 ; une intervention à l’école des Beaux-Arts de Bordeaux, décembre 2005 ; lecture et intervention au colloque Temps de Paroles, Université de Dijon (CNL Bourgogne, le 2 février 2006) ; Les Rencontres Poétiques de Montpellier, librairie Sauramps, mars 2006 (et réalisation d’un cahier) ; Poésie, un place dans la ville, Centre Wallonie-Bruxelles à Paris, mars 2006 ; lecture à l’occasion des vingt ans de Tarabuste, mai 2006 ; lecture à La Maison Joë Bousquet, Carcassonne, juin 2006 ; lecture et intervention à l’IUFM d’Evreux, juin 2006 ; lecture et exposition de photos à l’Hôtel de Massa (SGDL), juin 2006 ; présentation du travail de Marie-Claire Bancquart dans le cadre Des Suites Poétiques de l’Yonne, septembre 2006 ; participation au colloque « Neuf questions posées à la poésie », Maison de la Poésie de Paris, octobre 2006 ; lecture à l’occasion de la remise du prix Georges Perros pour La Nue-bête à St Malo (Rencontre Poétiques Internationales de Bretagne), octobre 2006
Des ateliers d’écriture :
IUFM d’Anthony, janvier 2005 ; Table ronde / lecture : Poésie / enseignement, Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines, mars 2005 ; IUFM de Saint-Germain-en-Laye, avril 2005 ; école primaire de Colombes, mai 2006
Un spectacle poétique :
à La Comédie de Reims, mise en scène de textes tirés de mes trois livres de poésie de Claude Guerre avec Anne Alvaro et David Lescot, décembre 2005 ; ce spectacle a été présenté au Festival de musique et d’électroacoustique Son mi ré de Fabrezan en septembre 2006 ; il se produira à La Maison de la Poésie de Paris en 2007 / 2008
Des émissions radiophoniques :
- Entrevues, France Culture 2003, avec Mathieu Bénézet
- Poésie sur Parole, France Culture 2004, avec André Velter et Jean-Baptiste Para
- Poésie sur Parole, France Culture, avec André Velter, mai 2005
- Surpris par la nuit, France Culture, avec Omar Berrada, septembre 2005
Travail photographique :
- exposition à l’Hôtel de Massa (SGDL), juin 2006
- présentation de photos sur le site de Poezibao, septembre et octobre 2006
- publication dans le n° 26 de Passage d’Encres, octobre 2006
Projets / lectures :
- participation à une anthologie (pour une publication en Chine) par Jean Lewinsky, décembre 2006
- un livre d’artiste avec Jef Gravis, éd. Eric Seydoux, 2007
- un second Livre Peint avec Anne Slacik « Danse macabre », 2007
- lectures et interventions à l’IUFM de Caen, février 2007
- une collaboration à Formes Poétiques Contemporaines n° 5, printemps 2007
- lecture au centre culturel de Fougères, le Printemps des poètes, mars 2007
- un spectacle poétique présenté à la Maison de la Poésie de Paris, saison 2007 / 2008
EXTRAITS
LA NUE BÊTE
"j'ai séjourné sous-bois
assez longtemps pour m'y tenir
à quatre pattes
assez longtemps pour supporter
la nuit pour la sentir à la fin
flotter sur mes épaules"
cela tient au nœud dans la langue
à ce que l'on raconte
entre les mains des fileuses
"mes déjections et mes ruts c'était
la terre de plus belle
engoulée par les brumes
la terre aussi
coite et sans venin que ma propre pensée"
autour des odeurs antagonistes
de musc et de foyer la légende
du temps où elle entrait encore
dans la conception de l'autre inaugural
quand penchée sur les goures urinant
aux fontaines votives la bête
débusquait l'homme et procédait à l'échange
tout à l'heure le soleil donnera en plein
sur la nappe remplira
les assiettes creuses
nos corps feront jour
rien qu'en ouvrant les bras sous le pommier
l'évolution de la grande araignée d'ombre
ce sera ma bouche aux éclats ton baiser
parvenu jusque-là
entre nous à mi-parcours
la nue-bête accouchée parmi les pommes sures et le linge
bientôt me mèneront sur la plaine rousse
le mauvais sort ou le meilleur
les cycles (rares) où je reprends parole
d'avance nu mon visage de bête douce incliné
dedans dévore ce qui m'est compatible
intimement la chair
du monde en deux ouverte
qu'il en soit ainsi que ces grognements d’elle
aient à voir avec ceux des louves
son mufle et la mouille qui la fait luire
entre les cuisses
après me semblera vivant l'ensemble de mes craintes
le prunus du jardin à feuilles battantes
de chauves-souris
à la tombée des nues le lent
défroissement d’une ombre
qu'il en soit ainsi que ces grognements d’elle
aient à voir avec ceux des louves
son mufle et la mouille qui la fait luire
entre les cuisses
après me semblera vivant l'ensemble de mes craintes
le prunus du jardin à feuilles battantes
de chauves-souris
à la tombée des nues le lent
défroissement d’une ombre
aux peupliers pendent
de petites mains de singes
hors d'atteinte chacune crispée par le froid
ou cueillie à la volée dans les derniers soubresauts
(le troisième vœu échouait à rétablir les choses)
d'une torsion de l'esprit nous convoitions cela
le vraisemblable et l'absurde
nous donnaient l'avantage
il y avait tant à gagner
le ciel vautré dans la soie
des flaques
nous faisait miroiter les terres incognita
à l'évidence la rencontre a eu lieu
elle frileuse au bord
de s'enfuir me tend
douloureusement son nom dont le seul dire
écorche la bouche
Le Mythe de soi, in LA FEMME LIT, éd. Flammarion, 2009
Arnouville / Aiguebelette le Lac / Versailles / Cancale / Verteuil sur Charente / Lac de Pannecière (juin 2006 – juin 2008) , ce marquage des lieux du temps où j’ai souffert où j’ai joui
au désenchantement j’affirme tout le contraire
il est plein de roses libres, de cyprès vigoureux et noirs, un jardin triste et superbe, nourri de chair humaine.*
sans l’artifice des drogues l’accession à mon être du plus radieuse
j’entretiens avec moi une relation poussée. ce surcroît d’intérêt pour ses souterrains, d’activité fébrile en elle ne la cessent pas la ramifient
le sentiment merveilleux de l’être (recrudescence ou dilution
selon que moi se double ou se mélange au reste
avoir le goût de soi-même avec pour dommage la grande peur bleue attachée à la passion
départ d’instase : je m’impressionne et je m’étreins
la facilité naturelle de mes mains à mon corps sans qu’il s’agisse de jouir –
me vérifier
équivocité (le sujet n’est pas celui qui semble légitime à première vue le sont ceux magnifiques cachés dans la ténébration du texte
(elle me rendit son regard) petite diane née du plexus de la grande déesse. je ne suis dans leur rapport qu’une émanation d’où l’emmêlement des voix l’identité confuse des voix. La Femme lit est une femme dé-déifiée
son seul pouvoir, et qui ne lui est pas concédé par les dieux sont ses joies, la faculté vraiment magique d’en jouir avec la conscience de la menace – menacée d’elle-même
en plus cette femme a tout le temps l’effroi qu’on la arrache qu’on la épie
sa liberté
diane au bain : l’archaïsme de la scène la trouble tant qu’elle ne dénude pas.
la peur magistrale de l’épieur
on peut admettre l’invraisemblable d’une telle chose et continuer d’y croire tout comme dans l’obsession l’absurde m’est connu
et forcer le mouvement de la meule psychique à propos du détail évanoui néanmoins convaincue de l’inanité
veulent survivre les visions et la peur liée à elles de monstres
se jetant au carreau malgré la faible foi le travail au corps à désacraliser
je crains la traversée plus que tout de la pièce sombre
il dévisage à ma fenêtre nue venu pour cette seule atrocité
éperdument il colle sa figure
j’y fus une fois m’y ravissais de la lumière. allait mourir et quelqu’un réglait son pas sur le mien dans les feuilles
sommaires sont les plus terrifiants en bois
hérissés de chicots de guingois humains / le masque s’applique à l’ensemble (visage et corps) et parce qu’il y a les dents la bouche joint mal
meilleur état de ma pensée qui a pu produire le loup et l’ours de façon claire
je ne m’adresse qu’à l’homme seul – à celui qui se relève in media nocte dans la nudité de son existence*
souvent c’est l’obsédée qui dicte et m’ôte à moi jouissive dans mon habitation
je vis richement et tout à coup m’effraie
un temps d’activité fébrile centrifuge alors à fouiller, trier débattre jusqu’à ce que j’aie résolu
il me faut démêler des croyances belles horribles et nourrissantes – quand je crois avoir tout perdu – les autres
maintenant je suis nu, dépouillé. on m’a rejeté à l’écart de moi-même. ce qui reste de moi est mort*
en réduisant quelques croyances pénibles une thérapie a discrédité à mes yeux dans la foulée tout le surnaturel – avant j’entretenais les morts
l’infime délibéré sauf, l’incorrigible en moi survit
folle de vouloir garder cela qui s’évacue de soi-même, l’ordure naturelle de la pensée jour après jour
je suis un petit objet remonté mu qui vient buter du front sempiternellement
l’érosion lorsque cela me prend tout mon temps, du sol en moi due aux arrachements. le supplice devenu type
à terre celle-ci m’a bue. mon état en sublimité baisse à proportion que la raison (que les lumières me sont données
singleton : j’ai encouru le danger je me suis couchée froidement, en plein jour
tout ce qui n’est pas d’origine humaine me procure un bien enfin l’eau calmée en moi suite aux souffrances d’un jour complet
à nouveau m’élancer comme un oiseau de la terrasse
la perspective du sommeil me fait naître un sourire profuse en moi des visions de forêt et d’eau de séjours, en mon eau
je lis partout par la maison Ego scriptor
moi – ce fut l’enchantement et l’édification de l’état d’enchantement (…)
chaque élément ou membre appelle d’autres selon contraste, similitude, symétrie, production du maximum d’éveil ou d’hypnose et d’émerveillement (…)*
l’instase désigne quelque chose d’approchant, de cette eau à mes yeux l’intensité d’intérêt de Poe le Graal de Lovecraft l’embellie de Gracq l’inscape de Hopkins
"j'ai séjourné sous-bois
assez longtemps pour m'y tenir
à quatre pattes
assez longtemps pour supporter
la nuit pour la sentir à la fin
flotter sur mes épaules"
cela tient au nœud dans la langue
à ce que l'on raconte
entre les mains des fileuses
"mes déjections et mes ruts c'était
la terre de plus belle
engoulée par les brumes
la terre aussi
coite et sans venin que ma propre pensée"
autour des odeurs antagonistes
de musc et de foyer la légende
du temps où elle entrait encore
dans la conception de l'autre inaugural
quand penchée sur les goures urinant
aux fontaines votives la bête
débusquait l'homme et procédait à l'échange
tout à l'heure le soleil donnera en plein
sur la nappe remplira
les assiettes creuses
nos corps feront jour
rien qu'en ouvrant les bras sous le pommier
l'évolution de la grande araignée d'ombre
ce sera ma bouche aux éclats ton baiser
parvenu jusque-là
entre nous à mi-parcours
la nue-bête accouchée parmi les pommes sures et le linge
bientôt me mèneront sur la plaine rousse
le mauvais sort ou le meilleur
les cycles (rares) où je reprends parole
d'avance nu mon visage de bête douce incliné
dedans dévore ce qui m'est compatible
intimement la chair
du monde en deux ouverte
qu'il en soit ainsi que ces grognements d’elle
aient à voir avec ceux des louves
son mufle et la mouille qui la fait luire
entre les cuisses
après me semblera vivant l'ensemble de mes craintes
le prunus du jardin à feuilles battantes
de chauves-souris
à la tombée des nues le lent
défroissement d’une ombre
qu'il en soit ainsi que ces grognements d’elle
aient à voir avec ceux des louves
son mufle et la mouille qui la fait luire
entre les cuisses
après me semblera vivant l'ensemble de mes craintes
le prunus du jardin à feuilles battantes
de chauves-souris
à la tombée des nues le lent
défroissement d’une ombre
aux peupliers pendent
de petites mains de singes
hors d'atteinte chacune crispée par le froid
ou cueillie à la volée dans les derniers soubresauts
(le troisième vœu échouait à rétablir les choses)
d'une torsion de l'esprit nous convoitions cela
le vraisemblable et l'absurde
nous donnaient l'avantage
il y avait tant à gagner
le ciel vautré dans la soie
des flaques
nous faisait miroiter les terres incognita
à l'évidence la rencontre a eu lieu
elle frileuse au bord
de s'enfuir me tend
douloureusement son nom dont le seul dire
écorche la bouche
Le Mythe de soi, in LA FEMME LIT, éd. Flammarion, 2009
Arnouville / Aiguebelette le Lac / Versailles / Cancale / Verteuil sur Charente / Lac de Pannecière (juin 2006 – juin 2008) , ce marquage des lieux du temps où j’ai souffert où j’ai joui
au désenchantement j’affirme tout le contraire
il est plein de roses libres, de cyprès vigoureux et noirs, un jardin triste et superbe, nourri de chair humaine.*
sans l’artifice des drogues l’accession à mon être du plus radieuse
j’entretiens avec moi une relation poussée. ce surcroît d’intérêt pour ses souterrains, d’activité fébrile en elle ne la cessent pas la ramifient
le sentiment merveilleux de l’être (recrudescence ou dilution
selon que moi se double ou se mélange au reste
avoir le goût de soi-même avec pour dommage la grande peur bleue attachée à la passion
départ d’instase : je m’impressionne et je m’étreins
la facilité naturelle de mes mains à mon corps sans qu’il s’agisse de jouir –
me vérifier
équivocité (le sujet n’est pas celui qui semble légitime à première vue le sont ceux magnifiques cachés dans la ténébration du texte
(elle me rendit son regard) petite diane née du plexus de la grande déesse. je ne suis dans leur rapport qu’une émanation d’où l’emmêlement des voix l’identité confuse des voix. La Femme lit est une femme dé-déifiée
son seul pouvoir, et qui ne lui est pas concédé par les dieux sont ses joies, la faculté vraiment magique d’en jouir avec la conscience de la menace – menacée d’elle-même
en plus cette femme a tout le temps l’effroi qu’on la arrache qu’on la épie
sa liberté
diane au bain : l’archaïsme de la scène la trouble tant qu’elle ne dénude pas.
la peur magistrale de l’épieur
on peut admettre l’invraisemblable d’une telle chose et continuer d’y croire tout comme dans l’obsession l’absurde m’est connu
et forcer le mouvement de la meule psychique à propos du détail évanoui néanmoins convaincue de l’inanité
veulent survivre les visions et la peur liée à elles de monstres
se jetant au carreau malgré la faible foi le travail au corps à désacraliser
je crains la traversée plus que tout de la pièce sombre
il dévisage à ma fenêtre nue venu pour cette seule atrocité
éperdument il colle sa figure
j’y fus une fois m’y ravissais de la lumière. allait mourir et quelqu’un réglait son pas sur le mien dans les feuilles
sommaires sont les plus terrifiants en bois
hérissés de chicots de guingois humains / le masque s’applique à l’ensemble (visage et corps) et parce qu’il y a les dents la bouche joint mal
meilleur état de ma pensée qui a pu produire le loup et l’ours de façon claire
je ne m’adresse qu’à l’homme seul – à celui qui se relève in media nocte dans la nudité de son existence*
souvent c’est l’obsédée qui dicte et m’ôte à moi jouissive dans mon habitation
je vis richement et tout à coup m’effraie
un temps d’activité fébrile centrifuge alors à fouiller, trier débattre jusqu’à ce que j’aie résolu
il me faut démêler des croyances belles horribles et nourrissantes – quand je crois avoir tout perdu – les autres
maintenant je suis nu, dépouillé. on m’a rejeté à l’écart de moi-même. ce qui reste de moi est mort*
en réduisant quelques croyances pénibles une thérapie a discrédité à mes yeux dans la foulée tout le surnaturel – avant j’entretenais les morts
l’infime délibéré sauf, l’incorrigible en moi survit
folle de vouloir garder cela qui s’évacue de soi-même, l’ordure naturelle de la pensée jour après jour
je suis un petit objet remonté mu qui vient buter du front sempiternellement
l’érosion lorsque cela me prend tout mon temps, du sol en moi due aux arrachements. le supplice devenu type
à terre celle-ci m’a bue. mon état en sublimité baisse à proportion que la raison (que les lumières me sont données
singleton : j’ai encouru le danger je me suis couchée froidement, en plein jour
tout ce qui n’est pas d’origine humaine me procure un bien enfin l’eau calmée en moi suite aux souffrances d’un jour complet
à nouveau m’élancer comme un oiseau de la terrasse
la perspective du sommeil me fait naître un sourire profuse en moi des visions de forêt et d’eau de séjours, en mon eau
je lis partout par la maison Ego scriptor
moi – ce fut l’enchantement et l’édification de l’état d’enchantement (…)
chaque élément ou membre appelle d’autres selon contraste, similitude, symétrie, production du maximum d’éveil ou d’hypnose et d’émerveillement (…)*
l’instase désigne quelque chose d’approchant, de cette eau à mes yeux l’intensité d’intérêt de Poe le Graal de Lovecraft l’embellie de Gracq l’inscape de Hopkins
Le Corps saisonnier (extraits)
Sous l'écorce
Dans les bassins comme du sommeil changé
En eau
La condition vive des arbres
Le passage étroit des corps à mesure
Et s'y penchant un peu
L'ombre du soir
On se regarde encore le buste
Puis le tronc
Des saules derrière
Tout pareil à soi dans le sommeil
Les statues de chiens
Au bord
Tiennent la garde
Et l'habitude où nous allons sans peine
Ou bien je serai là
Dénouée sous le ciel ferme
A quoi ressemble ton visage
La nuit
Lorsqu'il est vrai pour lui-même n'a plus
D'autre raison
Plus qu'une rose
Toute seule à se sentir éclore
Par le froid
Le noir jardin noir du monde
Absent des absents qui ont pris
Le parti de former d'autrefois
Le rond du chemin
Plein d'orties pourtant
D'empreintes
Ci-gît mon jardin au museau de grizzli
Pelé vif au gris de l'air et au couteau
A cause des couleurs irritantes
De l'air
A cause de moi
Qui ne sais plus de ferme illusion
Que l'hiver à ma porte
Tout droit du silence
A ce moindre de la nuit
Débutée en étoile en algue en fougère
En visage levant
Aussi point nommé de mon apaisement
Je me lie aux ondulations me mêle
Au plein gré des branches ramenées
D'où elles partent toujours
Tant que la nuit débute à sa faveur
A son aube
L'œil persiste aux lisières
Et ne voit pas plus loin
Qu'un fond obscurci de fumée d'herbes barrant
La route
Ce for intérieur du soir à sa vie
Moutonnante hirsute égale
En pesanteur aux mouvements
D'un essaim
Bientôt le repli des perdrix
Leurs cris de camp levé
S'il reste ma part quelqu'un fait son nid
Avec mes cheveux les feuilles
D'un autre et la laine vierge
De ma peau demeure
Dans son strict dénuement
Accrochée aux clôtures
Qui bornent cette terre en lisière de laquelle
Je suis
Le symbole flottent de ma vacuité
Dessin de saule d'ombres à bosses
Et à coudes enflés bleus
Bavant ce vert aussi
Qui est comme le venin du lierre
Pleureur de ce seul nom de saule
Compliqué de plumes
Qu'on prendrait pour des feuilles
D'oiseaux démembrés construits pour
Durer comme une structure humaine
Une coiffe d'indien une tête d'arbre
A envol de corbeaux
J'ai vécu dans ses branches
Du pépiement des hommes livrés à eux-mêmes
Et couverts de merveilles
Le corps d'écorce pure les bras
Bruissants
J'ignorais tout de l'autre
De mes traces de pattes autour de la maison
Laissées par quelque bête rôdeuse
Comme moi affamée d'amour
Et de chaleur
Nous étions deux la gueule ouverte
Sur la nuit le partage de la lune à venir
Roussie du feu de dieu derrière les buées
Moi j'avais grimpé la première
Lieu bâtiment d'en-haut
Tout en frissons de feuilles pointues
Tombées sur mes yeux
Mieux qu'un jour viendra la nuit noire
Arnouville - Versailles
septembre 1999 - février 2000
Sous l'écorce
Dans les bassins comme du sommeil changé
En eau
La condition vive des arbres
Le passage étroit des corps à mesure
Et s'y penchant un peu
L'ombre du soir
On se regarde encore le buste
Puis le tronc
Des saules derrière
Tout pareil à soi dans le sommeil
Les statues de chiens
Au bord
Tiennent la garde
Et l'habitude où nous allons sans peine
Ou bien je serai là
Dénouée sous le ciel ferme
A quoi ressemble ton visage
La nuit
Lorsqu'il est vrai pour lui-même n'a plus
D'autre raison
Plus qu'une rose
Toute seule à se sentir éclore
Par le froid
Le noir jardin noir du monde
Absent des absents qui ont pris
Le parti de former d'autrefois
Le rond du chemin
Plein d'orties pourtant
D'empreintes
Ci-gît mon jardin au museau de grizzli
Pelé vif au gris de l'air et au couteau
A cause des couleurs irritantes
De l'air
A cause de moi
Qui ne sais plus de ferme illusion
Que l'hiver à ma porte
Tout droit du silence
A ce moindre de la nuit
Débutée en étoile en algue en fougère
En visage levant
Aussi point nommé de mon apaisement
Je me lie aux ondulations me mêle
Au plein gré des branches ramenées
D'où elles partent toujours
Tant que la nuit débute à sa faveur
A son aube
L'œil persiste aux lisières
Et ne voit pas plus loin
Qu'un fond obscurci de fumée d'herbes barrant
La route
Ce for intérieur du soir à sa vie
Moutonnante hirsute égale
En pesanteur aux mouvements
D'un essaim
Bientôt le repli des perdrix
Leurs cris de camp levé
S'il reste ma part quelqu'un fait son nid
Avec mes cheveux les feuilles
D'un autre et la laine vierge
De ma peau demeure
Dans son strict dénuement
Accrochée aux clôtures
Qui bornent cette terre en lisière de laquelle
Je suis
Le symbole flottent de ma vacuité
Dessin de saule d'ombres à bosses
Et à coudes enflés bleus
Bavant ce vert aussi
Qui est comme le venin du lierre
Pleureur de ce seul nom de saule
Compliqué de plumes
Qu'on prendrait pour des feuilles
D'oiseaux démembrés construits pour
Durer comme une structure humaine
Une coiffe d'indien une tête d'arbre
A envol de corbeaux
J'ai vécu dans ses branches
Du pépiement des hommes livrés à eux-mêmes
Et couverts de merveilles
Le corps d'écorce pure les bras
Bruissants
J'ignorais tout de l'autre
De mes traces de pattes autour de la maison
Laissées par quelque bête rôdeuse
Comme moi affamée d'amour
Et de chaleur
Nous étions deux la gueule ouverte
Sur la nuit le partage de la lune à venir
Roussie du feu de dieu derrière les buées
Moi j'avais grimpé la première
Lieu bâtiment d'en-haut
Tout en frissons de feuilles pointues
Tombées sur mes yeux
Mieux qu'un jour viendra la nuit noire
Arnouville - Versailles
septembre 1999 - février 2000









