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09/02/2011



EXTRAITS D' OUVRAGES

EXTRAITS D'ORPHÉE MARKET Ed. de l'Amandier 2008

Editions de l’Amandier 2005 . Création sur la Scène Nationale de Châteauroux, L’Equinoxe le 3 octobre 2005 dans une mise en scène d’Agnès Sajaloli,

ORPHEE MARKET
Editions de l’Amandier.
Création Scène Nationale de Châteauroux octobre 2005, mise en scène d’Agnès Sajaloli.

« Texte-ovni théâtral en forme de puzzle, sorte de paysage mythologique (qui convoque Oedipe, Roméo, Abel, Majnoun, Tristan et d’autres, en une sorte de carrefour de cultures ) appuyé sur une obsession des “voix” qui se réinventent,” réveillent les morts”, “retissent la trame déchirée du monde”, et renvoie aux grandes questions métaphysiques, non sans un soupçon de plaisanterie (“une pièce où on ne rit pas est une pièce dont on doit rire”, disait Brecht). Ainsi, le mythe est à la fois célébré et tourné en dérision.(…) Il s’agit bien d’un théâtre de parole, d’une quête sur un usage spécifique de la parole et sa profération au théâtre. Parole et langue viennent au devant de la scène, s’exhibent en quelque sorte, et cette monstration des monstres de la langue tient lieu en quelque sorte de dramaturgie. Ni fable ni action, ni “personnages” (pas de biographie, pas d’autre identité que celle conférée par le mythe) car aucune de ces instances ne tient face au projet de déploiement de la langue. (…)Aujourd’hui, le soupçon porté sur les catégories traditionnelles de la littérature, et la nécessité de remettre au premier plan une langue qui dégèle la langue plate et convenue des “communicants”, aboutit à une famille d’auteurs pour qui le théâtre est un théâtre pour l’oreille plutôt que pour l’oeil : les Novarina, les Py, les Gaudé, les Melquiot, héritiers des Césaire, des Vauthier, des Genêt, des Audureau, des Claudel, des Pichette, et plus lointainement, des Rabelais, affirme que le lyrisme n’est pas contradictoire avec la trivialité, qu’il peut aussi rejoindre l’épique, et que le croisement entre théâtre et poésie est un nouveau lieu de rendez-vous pour les dramaturges. Quitte à mêler des facettes aussi différentes que la fantaisie, le trivial, la verve musicale, l’invention syntaxique et lexicale, le brassage des niveaux de langue. Claude Ber est de cette famille là: poète de théâtre. Poète aventuré dans l’incarnation de la parole. Michel Azama Préface.



TEMPS I FRAGMENT 1
LE CHOEUR DES MORTS, CADY HACH


LE CHOEUR DES MORTS

Des fragments de ce qui a lieu parviennent à nos oreilles, car sans yeux nous sommes. Pareils à Oedipe. Orbites vides, lui yeux arrachés vifs des orbites et les nôtres excavées par la corrosion de la mort. Mais comme lui, maintenant, nous entendons. Nous entendons et nous imaginons. Nous entendons en vous et hors de vous ces histoires où s’emmêlent et s’engouffrent les vies, où se sont engouffrées les nôtres.A cet instant par exemple, nous nous imaginerions volontiers nous-mêmes en policiers ou en vigiles, nouvelles sentinelles de sanctuaires aux portes des supermarchés, des banques et des studio de télévision dans cette pose immobile de vénération muette réservée autrefois aux gardiens
de trônes et de temples. Et nous considérons avec étonnement cette idée saugrenue qu’a Cady Hach de convoquer le mythe à paraître sous les yeux de tous, son illusion
obstinée d’un Orphée et d’une Eurydice vieux ensemble. Cela nous a paru, à nous qui avons vu de nos yeux absents Orphée dans l’empire des morts et entendu les cris des Ménades le lacérant, incarner cette violence de la profanation qui est celle du temps où vivent Cady Hach et ses semblables. Et nous ne pouvons pas imaginer autre chose qu’une violence aveugle qui va pre-nant deux pauvres vieux pour les héros de ce mythe matriciel et le rabaissant à la fonction de nourrice du désespoir.C’est ainsi que nous comprenons cette fiction que Cady Hach veut faire partager à un public réel ou imaginaire. Comme déjà un viol. Un désir de bien faire semblable à cette bienfaisance humanitaire entourant la terre de son aura de bonne conscience diffusée sur le bleu des écrans mais dont l’orbe de sainteté ne cercle que le magma de violence et d’horreur qui la nourrit. Ainsi finissent souvent les meilleures intentions du monde, dans la violence ou par maintenir l’ordre de la violence. Cady Hach nous semble un de ces furieux doux violent prêt à sauver l’humanité malgré elle et qui va chercher jusque dans les mythes une illusoire espérance. Il est ignoble. Il est émouvant. Sa logorrhée, comme ce tâtonnement désespéré de sa parole, fait résonner tant de choses à nos oreilles : l’affolement de son temps avec sa conciergerie universelle, le statut mendiant de la interminable de ce qui fut.
Par la parole, c’est la Parole que cherche ce Cady Hach où s’incarnent pour nous ces temps noyés dans le flot du bavardage médiatique et quêtant aux portes du religieux une Parole majuscule qui ferait sens, tandis que s’enlise cette parole vive tant espérée dans la lettre des dogmes et leurs atrocités. En cet homme, deux violences se rencontrent celle de l’insignifiance du bégaiement planétaire, celle, meurtrière, du fanatisme religieux.Voilà comment nous interprétons la démarche de Cady Hach quêtant auprès d’un Orphée et d’une Eurydice de feuilleton miraculeusement ressuscités le secret d’un chant de délivrance.Où est-il ? Cela, faute d’yeux vivants, nous ne le savons pas. Peut-être dans un asile où il manigance les images de son délire. Peut-être travaille-t-il dans une maison de vieux, où il cède à la tentation si commune de magnifier ses pensionnaires et sa mission pour finir par exercer sur eux un goût de la tyrannie ailleurs refoulé ? Peut-être est-il un de ces présentateurs d’émission soudain dépassé par le délire des grandeurs commun à sa fonction et qui sombre dans une lubie de toute puissance ? Nous ne savons pas mais nous nous représentons son propre imaginaire dans une atmosphère oscillant entre le plateau télé et le lieu de culte, cela se redoublant puisque l’écran est arche d’alliance de ce temps, tabernacle déserté d’où sort, comme du ventre de Cady Hach, un besoin affamé de plein et où la violence des croyances fait offre de plénitude. Et nous imaginons ce que Cady Hach s’imagine être sous le feu des projecteurs et des caméras. Ou qu’il y est vraiment. Cela nous ne pouvons pas le savoir car nous ne voyons pas. Mais peu importe. Son âme est à ce moment là un écran où il se reflète dans le délire de grandeur de ceux qui vouent leurs visages à la divinisation des pixels. Et c’est entre la vulgarité racoleuse des présentateurs de show, la prêtrise dévote du marchand d’images que sa voix oscille. Mais à cela il ne se réduit pas. Car, déjà, tous les visages de lui-même sont là, se succédant dans ces voix multiples, que nous percevons dans sa voix, d’une phrase, l’autre. Et c’est tantôt une voix extravertie et braillarde qui s’adresse à on ne sait quel public, tantôt une voix douce et timide de confidence qui se parle à avec peut-être un micro, ou quelque chose qui en fait, pour lui, office, collé à sa bouche comme une sucette ou une verge, et de toute façon les deux, tantôt brandi agressivement, tantôt cajolé comme un doudou d’enfant auquel on murmure sa peine. Et d’oreille, nous percevons la partition de sa
parole que nous commentons comme à la radio ces matchs qu’on ne voit pas. (…)


CADY HACH
C’est un grand jour. Oui ! Un grand jour. Enfin, j’espère, je crois.
Il faut bien qu’un jour il y ait un grand jour non ? Pour chacun un grand jour où tout ce qu’il aurait vécu et tout ce qu’il aurait rêvé se rencontrerait…Mais c’est peut-être trop espérer… enfin, on espère jamais assez, vous ne pensez pas qu’on n’espère plus assez ? Qu’on est devenus avares d’espérance, comme gagne petit du lendemain, à force de les avoir vus déchanter les lendemains qui chantent…Enfin je veux dire qu’il faudrait bien qu’un jour on sache si c’est le début ou la fin qui commence !
Bref, on fait pas d’omelettes sans casser des yeux ! Ha ! Ha ! Ha ! Mon père disait : « arrête tes blagues de représentant de commerce ! ». Il en faisait des tonnes lui. Et c’était comme une offense double, au père et à l’esprit… C’était ma façon d’être aussi bourré que lui, mais bon, je disais…Oui, oui ! Je me suis dit qu’il fallait que ça cesse ou que ça change cette sensation d’être impuissant, de rien pouvoir, d’exister sans, ou plutôt…d’inexister… C’est un mot qui manque à la langue vous ne trouvez pas ?…
Moi je me sens si souvent inexister comme une poupée russe sans bras ni jambe qu’on emboîte seulement dans des milliards de milliards d’autres poupées russes jusqu’à la grande poupée humanité qui contient six milliards de poupées minuscules. Et sur le ventre à la place des fleurettes multicolores des babouchkas…sur nos ventres de poupons gigognes des slogans comme des tranches de steak, vive dieu, vive moi, vive le yaourt fermier baratté par la crémière deVermeer, le camembert scandé Mozart, les dessous Tristan et Yseult, le doigt divin de la Sixtine bénissant un pâté de gibier et tout le fabuleux, le mystère, les légendes, tout cet imaginaire arrière qui nous a accouchés par la fente de nos lobes cervicaux écartés aux forceps, échoué dans l’église du supermarché pour vendre et acheter des-serviettes-en-papier-du-fromage-des-chemises-denuit-du-confit-de-canard-des-glaces-au-chocolatdes-nains-de-jardin-des-pinces-coupantes-dubeurre-des-frites-de-la-crème-à-raser-des-pinceaux-des-lingettes-détachantes-du-dentifricedes-biscuits-des…
Mais tout de même on ne peut pas acheter de questions. Des réponses, oui, mais des questions?Ce serait bien, non , parfois, des questions comme une sorte de jeûne, de carême dans un temps de loterie des solutions.
Mesdames, Messieurs, tout un choix bradé de questions sans réponse sorties de nos têtes encore frétillantes ! Quel est le bruit d’une main levée ? Quel est votre visage d’avant la naissance? Comment peut-on vivre sans légende ?Pourquoi on meurt ? Et qui va nous aimer ?Nous aimer comme ils se sont aimés les Tristan etYseult, les Juliette et Roméo, les Majnoûn et Leila et…tous les autres qui n’ont pas de nom.
Je me suis dit qu’ils devaient bien avoir, eux, quelque chose qu’on n’a plus, qu’on a perdu,qu’on a laissé filer entre les doigts, une eau qu’on aurait voulu retenir et qui a giclé partout en taches sur le pull rouge ou les cuisses nues…
Je me suis dit supposons, supposons… qu’ils soient, là, là devant nous et qu’on puisse, pour une fois entendre les mots comme lorsqu’on était enfant et qu’ils sortaient de la bouche de la mère pareils à des miches de pain, craquantes, chaudes, nourricières et qu’on cessait d’avoir faim dans la tête…Et c’est comme ça que j’ai eu l’idée !
(…)

FRAGMENT 8
PSEUDO-EURYDICE, PSEUDO-ORPHÉE.
LE CHOEUR DES MORTS


LE CHOEUR DES MORTS
Où est Cady Hach ? Nous ne l’entendons plus. Guette-t-il Pseudo-Orphée et Pseudo-Eurydice ? Le voit-on ? Nous ne savons pas mais il trame quelque chose dans la cruauté et la violence tan- dis que les vieux reprennent leur duo d’amour au jardin. Leurs roucoulements de colombes dans l’Eden retrouvé où le temps n’est pas encore entré, où l’avenir n’entre plus avec sa double besace de promesses et menaces.
Ils peuvent bien être encagés, ficelés, les entendez-vous comme nous babiller de cette manière
rapide, primesautière ? Elle court, labile, légère la parole, sans attendrissement mièvre même s’ils se souviennent de la douleur, même s’ils interrogent le danger qui pèse sur eux… Ça n’appuie pas. Ça court dans cette répétition fascinée de l’amour, comme imperméable à tout. Comme chantait Orphée aux enfers dans l’absence de toute crainte. A l’abri dans cette éternité illusoire de l’amour. Comme elles contrastent ces voix claires, aériennes avec la parole lourde de Cady Hach, parole humaine, embourbée dans la terre et l’histoire. Eux dans le ciel de l’imaginaire. Dans son lucide aussi, dans le coupant de lumière si étranger au sentimentalisme de Cady Hach et à sa peine. Comme Cady Hach tout à l’heure, ils sont pourtant décalés eux aussi, avec ces mots, ces voix si éloignés de ce qu’ils font et de ce qu’ils vivent. Et cela seulement, ce décalage ils le partagent avec lui. Mais tout de même, nous entendons ce que nous entendons, il y a ce moment où quelque chose bascule. Est-ce qu’ils se désenchaînent ? Est-ce encore seulement la parole de deux vieillards amoureux qui se répète en miroir ou bien est-ce vraiment nos héros Orphée et Eurydice revenus et qui se demandent sincèrement ce qu’ils peuvent pour Cady Hach ? Que signifie ce changement de ton comme s’ils parlaient d’ailleurs d’où ils seraient définitivement revenus tandis que se rejoignent mort et jouissance ?



PSEUDO-EURYDICE
Peut-être qu’il a déjà tué ? Ces visages de ceux qui tuent. Tu te souviens. Des visages de passants ordinaires. Avec ce soulagement que le pire d’eux-mêmes soit derrière eux et non plus tapi dans leur avenir. Ils nous massacraient comme on attend la mort de quelqu’un qu’on sait condamné avec ce désir inavouable que ça finisse, qu’on n’en parle plus… Quelle heure est-il ? C’était si gris même en plein midi. Et ces regards, qui ne supportent pas d’attendre qu’on meure…ni non plus qu’on vive à fleur de peau comme on faisait…Netzukaï, tu te souviens comme on s’aimait?

PSEUDO-ORPHÉE
Ce n’est rien. Au réveil tout est toujours de nouveau en ordre. Dans l’ordre parfumé du mimosa.En ordre dans ses grappes dispersées.

PSEUDO-EURYDICE
Quel mimosa ? Netzukaï quel jour on est ? Tu as toujours aimé les arbres. Tous ces arbres dans notre vie. Comment s’appelait celui… j’ai oublié le nom…

PSEUDO-ORPHÉE
Sorbier. C’était un sorbier. Il a sûrement tué quelque chose de lui-même…

PSEUDO-EURYDICE
C’est de toi qu’il veut. Moi, il croit m’avoir à sa portée parce qu’il a couché avec des femmes et que c’est pour lui comme un butin ou un trésor et de toute façon quelque chose d’étranger à sa détresse.

PSEUDO-ORPHÉE
C’est ainsi chez lui. Divisé. Et doux. Colérique et doux. Et divisé.

PSEUDO-EURYDICE
A sa manière exaltée et implorante, il me fait peur. J’ai peur de ceux qui ont peur et qui veulent en terminer avec la peur. Ils finissent dans la cruauté. Tu n’as jamais eu peur. Et pourtant tu es poltron tu sais. Même encore maintenant. Une égratignure et tu couines. Et en même temps tu es venu. Moi j’ai toujours peur. Mais pas des mêmes choses. Pas de la mort. Mais de la vie. Et pourtant pas du tout. Tout ça ne veut pas dire grand chose.C’est pour dire. Je parle pour dire et…

PSEUDO-ORPHÉE
J’aime t’entendre.

PSEUDO-EURYDICE
Je suis restée là-bas, tu sais. Je le sais. Et en même temps j’ai oublié. Tu aimais tant les arbres. Tu te souviens du testament des arbres ?

PSEUDO-ORPHÉE
A part de toi, de quoi ai-je besoin de me souvenir?

PSEUDO-EURYDICE
Tu crois que quelqu’un peut quelque chose pour lui ?

PSEUDO-ORPHÉE
Il n’a pas de couilles.

PSEUDO-EURYDICE
Tu es injuste, moi non plus, ça n’empêche pas ! Il faut qu’il y ait un avenir.

PSEUDO-ORPHÉE
Il n’y en a pas pour ceux qui se retournent.

PSEUDO-EURYDICE
C’est ce qu’il cherche. Pourquoi finalement on se retourne. Pourquoi on va fouir dans des racines inventées comme au trou d’une dent dans la mâchoire ? Et on retourne la terre du passé pour y lire l’avenir qu’on y croit enterré. Et l’avenir devient un mort vivant déjà rongé par ce qui fut.

PSEUDO-ORPHÉE
Chercher la certitude, c’est un comportement de charognard.

PSEUDO-EURYDICE
C’est bien pour ça qu’il veut que tu racontes. Pour que les hyènes lèvent leur museau de dessus les cadavres et que les rapaces cessent de tournoyer sur la neige. Et c’était surprenant, tu te souviens, autour du corps tombé de l’à-pic, cette mort soudain ailée. Ce vol souple lent, ample, de la mort.Comme une jouissance.

Claude Ber b[Orphée Market]b éditions de l'Amandier

Vendredi 13 Mai 2005
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