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09/02/2011



EXTRAITS D' OUVRAGES

EXTRAITS DE SINON LA TRANSPARENCE Ed. de l’Amandier 2008 (réédition)



Espace - vous

Les arbres de la mer
Au fond le ciel bombé par des collines rouges
plus loin dans les massifs râpeux de la mémoire
un corps nu
une sève jaillit au centre de la durée
elle pénètre des cannes creuses et lainées de l’intérieur
On est éternité d’arbre mâchant la fibre dans ses fibres
Ce sera eau et terre où passerait le vent tactile de la côte
Ce sera et c’était déjà vous


Origine des choses

De ce qui est j’aime la prolifération et l’absence. Des choses sont. Telles qu’elles apparaissent avant qu’on ne les nomme. Des signes désignent incidemment leurs peuplades mentales. Dans une tête choses et signes s’imbriquent, multiplient et s’absentent jusqu’au noir, dont ils naissent. Il s’agit de parcours mammifères et instables, qui portent la vie dans leurs bulbes. Il n’y a que cette fébrile transhumance pour nous guérir de notre insupportable immobilité et de la lenteur des langages. Dedans est un désert nomade troué de percées insulaires et traversé de migrations. Quelqu’un est du temps déplié.


Mésaventure (bis)

Ou bien ils m’ont pliée de force ou bien j’ai basculé. Toujours est-il que le clapet s’est refermé et que le tambour s’est mis en route, moi dedans. La douleur, à cet instant, je l’ai exactement reconnue, une douleur très ordinaire, sauf que la situation, elle, ne l’était pas ; surtout que j’avais laissé les mains dehors qui s’agrippaient vainement pour arrêter le tambour, s’écorchant aux œillets de métal ; si bien que j’avais les mains en sang quand je suis sortie de là, pour autant qu’on puisse appeler sortir cette façon d’être vomie par le tuyau de débondage. La machine a fait trois rots avant de dégorger ; il y a eu quelques hoquets de résistance puis l’eau s’est mise à gicler avec des éclats de claque, des gargouillis de larynx, un dernier roucoulement amoureux avant de s’apaiser enfin soulagée et pisser un long jus blanc en filet continu : la vessie tiède de l’écoulement mental.


RÉCIT (extrait)

n’aime pas
n’aime pas ce qu’elle fait
n’aime pas ce qu’elle ne fait pas
n’aime pas faire
n’aime pas ne pas faire
n’aime pas les faux airs les sacs de son les cloches vides la nécessité d’être et toute la tourbe de la vie
n’a pas envie
n’a pas envie de moudre son orge dans son colombier et de roucouler ensuite avec une voix de pigeon à pattes de poule
ne veut pas
ne veut pas entrer dans les sandwichs ni faire de deux pierres un seul coup ni se mâcher la mie dans la bouche
ni avoir des yeux de lapin
ni s’ébourrer le scalp de la tête
ni casser ses os entre ses dents
ni se ronger les moelles pour être partie prenante à la table des friandises
De loin elle écrit des lettres qu’elle n’envoie pas: “Nous sommes contemporains de bien peu voyez-vous. Deviser agréablement dans ces conditions devient difficile. Ici l’an dix mille à vous le crétacé, vous imaginez de là les embarras sans compter le risque de choquer les susceptibilités. Mieux vaudrait apprivoiser un héliotrope et converser longuement avec lui mais où trouver un héliotrope en cette saison ?”
n’a pas choisi
n’a pas choisi le lieu
ni le temps
ni rien de ce qui est
vit assise au bord d’une fontaine sur une place dont elle ignore le nom avec un jet d’eau qui lui éclabousse la nuque et des bagages sur les genoux
parle avec les passants avec les grosses avec les vieux et aussi avec d’autres n’importe qui
qui ont n’importe quoi à dire
certains rient puis se plaignent à petites lèvres
n’aime pas leurs rires
n’aime pas leurs plaintes
n’aime pas les entrebâillements d’âme qui bêlent leur fente
aime le net
le circonscrit
ou l’absence
n’a pas de bras
ne tient pas à en avoir
ne tient pas à vivre comme si tranchez-moi donc-ce-cou-là-qu’on-n’a-rien-d’autre-à- faire
n’aime pas la circoncision des boutonnières ni les ombrelles ni le parti des vieilles glottes ni l’endimanchement somptuaire de son espèce
préfère refermer ses épaules en anneau de saturne et tourner sans orbite avec des esquilles d’acier dans la colonne vertébrale
ou rejoindre la boue les lentisques de vase les poux de marais et répéter gentiment ce qu’on lui souffle d’un air soucieux parce qu’ainsi doit-on faire et elle fait
mais ne retient rien d’autre dans sa bouche que sa salive et dans ses tympans le bruit de l’eau des veines qui battent d’une autoroute ou de tout autre chose qui cesse enfin de jaboter
Sur la table d’un bar, ses mains lissent une nappe à carreau rayée de routes juste à la mesure de l’index qui les suit. Soudain inversion sans crier gare : ce sont elles la piste où le temps débouche en trombe. Ses yeux ouvrent alors des O de bouche surprise qui la crachent comme un pépin.
Oh ! ce O de bouche surprise qu’elle est tout entier devenue !
n’aime pas les jours
n’aime pas qu’ils passent
n’aime pas qu’ils ne soient pas déjà passés
n’aime pas les mois ni les années ni les heures
n’aime pas ce qui est
n’aime pas ce qui n’est pas
n’aime pas payer son cercle de tous les angles qu’elle ne sera jamais
a des fourmis dans les chevilles
du sel sur la langue
et la hâte et l’exaspération de vivre qui la relance coup par coup
considère le ciel toutes les sortes de ciel avec circonspection
leur trouve un air de cénotaphe et laisse choir les ciels sans regret pour reconsidérer sa tanière d’un œil neuf
fait séjour dans ses grottes
s’installe des stalagmites sous le crâne
clignote en trompe l’œil ou s’endort millénaire sous la couche
puis n’aime plus
et fuit
Se met à chevaucher des poutres en équilibre sur des rondins déclarant à qui veut l’entendre que le va-et-vient est son lot et l’entre-deux sa résidence favorite
cela dit descend de ses poutres et part à la pêche aux aiguilles dans les meules de foin pour se redonner courage et foi dans l’existence
visite la mer tous les soirs à cinq heures histoire de noter ce qu’il en advient avec une scrupuleuse honnêteté
pose ses mains dans le sable en guettant le matin sans ombre d’impatience jusqu’à ce qu’elle soit lasse de tout éterniser
laisse alors retomber la joufflue dans sa flaque et ce qui est là où ça en est
n’aime pas insister
n’aime pas glisser
n’aime pas le poids ni l’aiguille ni les meules ni le foin ni prendre midi devant les portes ni râper ses genoux contre le sol pour se ramener à juste proportion des choses
n’aime pas les proportions
ni les disproportions
ni les ici ni les ailleurs ni les lieux dits ni les pas dits ni crier sur les toits que le bonheur est sans limite
conséquence de quoi se tait
quand des poignées d’abeilles lanceront leurs essaims hors du rucher des yeux cela inaugurera peut-être une façon de voir enfin crédible
d’ici là rien
de l’œil sort une lance de la lance un œil et c’est tout
n’aime pas le peu
n’aime pas le trop
aime mieux se fendre en quatre par souci de multiple indépendance et se disperser pour n’importe quoi en jetant son sucre par les fenêtres plutôt que ramasser ses œufs et filer les poches gonflées comme il convient de faire quand on est invité
préfère les frondes
les à-pic
les coupures
ou bien une nouvelle dissonance
n’importe quoi en somme qui soit vraiment désencombré
sommeille des décennies durant ses fourmis dans la paume
puis basta
ouvre un œil de lambert
s’adjoint une ou deux pattes supplémentaires pour le cas où et se met à caracoler dans les champs de maïs jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’un rectangle de terre labourée
aime bien la terre
aime les yeux aussi
aime indéniablement la terre les yeux la bouche les mains les sexes
n’aime pas les yeux ni les bouches ni les mains ni les sexes ni tout ce qui vibrionne avec un entêtement stupide à exister
n’aime pas exister
n’aime pas ne pas exister
n’aime pas la solitude
n’aime pas l’encombrement
n’aime pas être agrippée par le dedans de l’aine
aime partir puis rester puis partir et qu’il n’y ait plus ni rester ni partir et seulement ce qui n’est toujours qu’en passe de naître ou de finir
aime les pluies de fougère les soleils de mica et autres billevesées sans conséquence qui n’embarrassent pas
ou alors jouir
aime les déserts
n’aime pas les déserts et cette façon qu’ils ont d’exagérer leur être
aime plutôt les villes et le grouillement des ports surpeuplés
n’aime pas les villes ni les ports ni les foules quand des morts y croisent sans se voir et leurs yeux se couvrent de peau de grenouille ou plutôt ce sont des batraciens qui s’accouplent et meurent
prend parti pour les arbres parce qu’ils se tiennent droits les châtaigniers de préférence et sans autre raison que l’absence de raison et sa grande consolation contre l’absurdité du monde
se perche donc six mois sur ces arbres et six autres dans d’autres non répertoriés
ou alors sur des totems en planches couverts de ficelles
faute de mieux sur des cromlechs lorsqu’à force de lassitude il ne reste que le granit où s’habiter
hier n’est pas
encore moins aujourd’hui et son impérieuse prétention à être
une vie pose sa paix de plaine cloutée
elle est au centre
dans l’inentamé


Recensement 1 (Liste des peurs)

J’ai peur
J’ai peur
– de mourir sans personne à mes côtés dans une chambre d’hôtel aux murs recouverts de cartes postales qui ne me sont pas destinées
– de m’égarer dans le périphérique d’une ville quelconque qui se serait refermé sur lui-même ou bien dans la pénombre d’un labyrinthe de couloirs perpendiculaires tous identiquement gris au fond desquels il me faudrait tourner jusqu’à ce que mort s’ensuive
– d’entendre au téléphone sa voix m’annoncer son départ parce que quelqu’un d’autre aurait pris ma place dans sa vie
– de mourir d’un œdème du poumon avec des tuyaux dans les narines et un corps squelettique couvert d’escarres
J’ai peur aussi que ceux que j’aime me trahissent encore avec de si bonnes raisons que je doive en venir à approuver leur trahison
Souvent j’ai peur de trop en dire et de ne plus pouvoir faire ensuite que ce qui a été dit ne l’ait pas été incapable de contrôler l’emballement de ma propre langue entraînée dans une rotation endiablée de moulin à prières et de me mettre un jour à parler de n’importe quoi à n’importe qui sur un quai de métro mais aussi de ne plus pouvoir jamais parler à personne à cause d’un cancer de la gorge qui m’obligerait à glouglouter avec un trou caché sous le col de chemise ou bien parce que je serais devenue aphasique comme ce voyageur obèse croisé dans l’avion qui occupait à lui seul deux sièges de la banquette et dont les mains minuscules s’agitaient sans cesse pour s’extirper de cet amas de graisse
J’ai peur de la folie pour l’avoir contemplée à en perdre la raison et de la raison pour sa déraison impuissante face à la folie
J’ai peur de prendre malencontreusement un train qui ne s’arrêtera jamais et dont je serai l’unique et dernier passager
de prendre n’importe quel train et de voir les arbres et les pylônes me sauter au visage comme si cette explosion ne devait plus finir que dans l’extinction de tout sur un ban de ciel disséqué
mais aussi de ne plus pouvoir prendre le train et de me retrouver incarcérée dans une petite ville de Province qui s’étouffe de demi-vie
J’ai peur de sentir de nouveau un caïman me mastiquer le bras et la nuque à cause d’une torsion des os (non du caïman dont j’apprécie la compagnie) et d’avoir mal au point de devoir ramper à quatre pattes jusqu’à mon lit
J’ai peur de vieillir et de passer des jours entiers dans un jardin d’asile de vieillards avec dans la bouche un dentier qui sent le plastique et dans les oreilles les cris des encore plus vieux qui ne supportent plus qu’on les lave de force
et j’ai peur tout autant de ne pas vieillir et de mourir sans avoir eu le temps de vivre tout ce que je voudrais vivre
J’ai peur de perdre la mémoire au point de ne plus me reconnaître dans une glace mais également de garder une mémoire tellement vive que le taraudage de trop de souvenirs finisse par me terrasser et j’ai peur de me rappeler ce qui est arrivé comme d’imaginer ce qui arrivera parce que j’ai peur de ce qui fait l’horreur ordinaire et qui se coagule par moments en caillots d’horreur nommée à tort extraordinaire
A partir de cinq heures du soir j’ai peur de ne plus retrouver le chemin de chez moi et d’errer dans ma propre ville devenue étrangère
J’ai peur
– d’être bloquée dans un ascenseur n’ouvrant que sur des murs ou au contraire continuant sans arrêt sa descente vers le sous-sol jusque de l’autre côté de la terre et au-delà ou bien d’être emprisonnée dans les toilettes roses et noires d’un hôtel de luxe dont le verrou se serait détraqué ou même dans ma propre maison dont je ne pourrais ressortir qu’en sautant par la fenêtre du quatrième étage
– ou encore de ne pas retrouver où j’ai garé ma voiture parce que je serais devenue amnésique sur ce seul point : l’endroit où j’ai garé ma voiture
J’ai peur de la bêtise et de son immense pouvoir d’anéantissement parce que je suis moi-même trop faible pour la supporter et trop stupide pour lui échapper
J’ai peur
J’ai peur
– de perdre mes dents en mordant une pomme et mes yeux dans le vague où je les aurais oubliés
– de perdre l’esprit dans un excès de clarté d’esprit ou dans une trombe d’assombrissement de la conscience et la patience à force d’attendre la venue de la patience
– d’être encerclée par les collines rondes d’une campagne verdoyante mais sans horizon
– de disparaître la nuit sur une route qui ne mènerait nulle part ou dans un brouillard qui ne se dissiperait jamais plus
J’ai peur d’encore souffrir d’aimer et davantage encore de ne plus aimer sans même souffrir de ne plus aimer
j’ai également peur de la haine et de ne pouvoir m’en défendre comme de le pouvoir en naissant à mon tour à la haine dans la haine de la haine
Les jours de grande fatigue j’ai peur de tous les bruits même les murmures qui résonnent amplifiés par la calebasse de mon crâne
Parfois j’ai peur d’une légère amertume dans ma bouche ou d’un battement trop rapide de mon cœur ou d’une petite coupure qui ne cicatrise pas tout de suite ou de quoi que ce soit de semblable qui prend mon corps au dépourvu et me rappelle ma fragilité
J’ai toujours peur de ne plus revoir la mer qui aurait disparu pendant mon absence laissant à sa place une immensité de blanc et de sec
J’ai peur
J’ai peur de ma peur et plus encore de ne plus avoir peur et que tout s’évanouisse dans l’indifférence


Mode d’emploi d’une vie sans histoires 7

Ecraser patiemment une volumineuse motte de beurre et s’en graisser le corps comme les esquimaux d’huile de phoque ; se rouler dans le sable qui s’agglutine en carapace croustillante et dorée ; dessiner alors tout un lacis de flèches sur la peau afin qu’en cas d’amours aventureuses même les imbéciles puissent s’y retrouver.


Saines occupations 4 (Funambule)

Soit une poutrelle solide sur laquelle on avance d’un pas martial
Mais la poutrelle se gondole et disparaît
Dans et sur se volatilisent
Quel incomparable soulagement !


Lettre d’Argentine

Vendredi 15 mars 8 h 35 : il est minuit à chaque heure. Les rues se referment murs contre murs repliés en portefeuille, que je garde définitivement sur moi avec ma carte d’identité. Pourtant je te réponds. En face la ville est un bûcher de briques brûlées à même la déchirure du ciel. Devant ma porte un devin fait parler les morts. Promis ! Je renaîtrai à l’heure dite… Ici la mer est en putréfaction. Là-bas j’invente des soleils contre ta peau


Nuit de verre comme

Une parole comme une marée la nuit plutôt comme une marée ou plutôt comme une tête comme une parole comme une marée comme une nuit d’étoiles doubles sur des verres noirs à bruit d’eau comme une nuit qui coule comme un regard sur des verres noirs comme une nuit de verre sur des yeux ouverts comme une marée sur la nuit comme des yeux de nuit cassants comme du verre comme une parole tranchée par la nuit comme un éclat de verre avec un bruit de scie sur le verre noir comme une nuit rayée par des paroles de verre comme des yeux de verre qui ne peuvent voir comme une nuit noire avec son bruit de verre sur des vitres noires


Connaissance

Visages
sur cette toile tendue au bord des crêtes
vers l’amont à double versant
mon semis d’hellébore peau au parfum de genièvre
un grain de sable disperse la mer entière
Visages
vifs
et vivants
sans vergogne
dans la volupté de vivre
une branche de ciel tombe feuille à feuille dans l’automne tiré comme un coup de couteau
Visages
cette vague que tu ramènes à mes yeux aborde aux rives du partage dans sa plénitude
ton visage
où s’abîment des grappes de nuits
Visages
si secrets et donnés de vive voix à tout venant
de vue je te connais

Claude Ber, b[Sinon la transparence]b, Ed. de l’Amandier 2008 (réédition)]b

Lundi 6 Octobre 2008
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