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09/02/2011



L'invité du mois

Ariane DREYFUS



BIOBIBLIOGRAPHIE

Ariane DREYFUS
Ariane Dreyfus, née au Raincy en 1958, vit en région parisienne, où elle se partage entre son travail de professeur de lettres en lycée et l’animation d’ateliers d’écriture, essentiellement en milieu scolaire.

RECUEILS DE POESIE :
- L’amour I, aux Editions De, 1993, puis repris dans Ariane Dreyfus par Matthieu Gosztola pour la collection « Présence de la poésie » aux Éditions des Vanneaux, 2012.
- Un visage effacé, aux Editions Tarabuste, 1995.
- Les miettes de Décembre, au Dé Bleu, 1997.
- La durée des plantes, aux Editions Tarabuste, 1998, et 2007 pour l’édition revue et corrigée
- Une histoire passera ici, aux Editions Flammarion, 1999.
- Quelques branches vivantes, aux Editions Flammarion, 2001.
- Les compagnies silencieuses, aux Editions Flammarion, 2001.
- La belle vitesse, au Dé Bleu, collection « Le farfadet bleu », 2002.
- La bouche de quelqu’un, aux Editions Tarabuste, 2003.
- L’inhabitable, aux Editions Flammarion, 2006 (Prix des découvreurs 2007).
- Iris, c’est votre bleu, aux Editions Le Castor Astral, 2008
- La terre voudrait recommencer, aux Editions Flammarion, 2010.
- Nous nous attendons (reconnaissance à Gérard Schlosser), aux Editions Le Castor Astral, 2012.

OUVRAGE CRITIQUE :
La lampe allumée si souvent dans l’ombre, José Corti, collection « en lisant en écrivant », 2013.

OUVRAGE QUI LUI EST CONSACRÉ :
Ariane Dreyfus de Matthieu Gosztola, collection « Présence de la poésie », éditions des Vanneaux, 2012.

EXTRAITS

EN UNE BRASSÉE



J’embrasse tout ce qui s’arrache. Plutôt que crier.


C’est pourquoi je cherche votre bouche et je la chercherai encore.


Et tandis qu’elle le regarde elle le suit en l’embrassant.
Les embrassades débouchent dans le couloir obscur et marquant.


Il n’y a que les baisers qui comptent.
C’est pour ma mort ce trésor.


La tient sans la noyer qui ferme les yeux sans se voir
Mais voir sous l’eau.


Nous nous sommes ou nous allons nous embrasser.


Contre le mur et sous ses mains.
Tout de suite des cheveux partout.


Si mourir était cette douceur de tomber pour aller embrasser
Toute une face dans sa noblesse d’abord
Et sa pauvreté surtout.


La langue dans la bouche
Au moment où même
La petite feuille lèche le ciel,
Un bout toute nue.


J’ai mis du sang partout. J’ai droit à trois baisers vifs sur la bouche.


Ajoutant de l’eau aux cerises
Comme pour l’oiseau
Pourtant il écarte mon col pour mordre.
Gentiment avec de vraies dents.


Tête baissée sous les baisers.


Les coups de langue ramènent sur terre où jouir.


Un os enrobé et tiède, puis un autre. Ou le sein que je ne dévore qu’en rêvant et aucune saveur n’arrête ma joie.


La main jusqu’à la bouche, bâillon passionnément.
Pour ne pas larmes. Le fil tire.


Trempé et tremblant.
Le papillon bouge à nouveau,
La fleur est dans la force de sa couleur.
Paysage maintenant.


Toussons bien au sucre douloureux.
Finalement,
C’est le noyau qui l’emporte.


Je ne sais plus s’il arrache ou s’il serre, je lis seulement sur ses lèvres comme un baiser que nous ferions d’oublier où nous sommes.


On fait des signes en levant les bras
S’en souvient quand il vous embrasse
Vous entourant de ses bras de Noël


Un jour dans une vie
On ne peut plus arrêter les baisers
La beauté leur monte au visage les prend
Comme lécher
Mille places mille places mille places


Quand je t’ai connu tu n’étais pas encore étoile.
Tu m’embrassais plutôt les joues ou le menton.


Au-dessus, dans le noir, tu embrasses la bouche de la distance, je veux dire où je ne suis pas.
C’est toujours très long comme baiser.
Je ne sais plus où tu es.


Ton sexe indescriptible qu’en baisers.


C’est pour ma mort ce trésor.


J’ouvre tout.
Mais ce n’est rien auprès du visage qui se presse sous les mains vécues.
J’embrasse les os, les muscles, les nerfs.


Me renversant le front,
Tu ponctues d’un baiser où je suis.
Je ne perds pas une goutte du chant réel.


Tu as trempé mes cheveux
Entre tes dents.


J’en profite pour lécher tes lèvres avec ma liberté. Ou bien une fois tu me dévores la moitié du visage. L’autre attend toujours.


Si je pense tout à fait
J’aurai des baisers jusque dans les yeux.


Je tire les draps sur nous qui sommes nus. Et je gémis de joie pendant que tu m’embrasses comme un cri sous la tente que c’est le temps de lever les bras. Nous n’avons pas de maison.


Chauds et noués,
Dans la clarté d’un baiser immobile.


Ce sentiment que le cœur agit.


Peur très affaiblie, épaisseur transparente du seul baiser.


Je te prends dans ma bouche – pas trop grand, pas trop petite – vite tu me redresses. Les deux bouches avaient besoin.


A genoux, le menton qu’on essuie dans sa paume.


C’est tout.


La fleur que l’eau redresse.


Elle l’embrasse d’abord au coin de la bouche,
Puis le sourire se serre contre toi tout entière.


Pas toujours la confiance mais la nuit
Doit se mêler du bonheur
Aller embrasser une bouche au fond d’elle
Les autres voyages sont des ombres.


Sexe vivant. Il mérite des baisers de tous les côtés.


J’embrasse ta bouche, tes lèvres, ta bouche, tes lèvres.


Parfois si près, le plus près du monde,
Un visage d’un visage.


Est-ce à coups de langue
Qu’une femme peut sauver ?


Au milieu des mots debout comme moi
Comme Alice se croisant les bras dans sa chute
Baiser regardant à chaque solitude
Baiser pour ne pas dire son dernier mot


Je resterai jusqu’à ce qu’on embrasse la bouche de mes mots.


Ariane Dreyfus
extrait de L’inhabitable
(Flammarion, 2006)

note : cette anthologie de baisers est constituée d’extraits de : Les miettes de décembre, La durée des plantes, Une histoire passera ici, Quelques branches vivantes, Les compagnies silencieuses, La bouche de quelqu’un.



****



« On lui dira demain »



Le ventre reçoit des reflets qui bougent
Il n’est pas loin, il ne fait pas froid

Elle doit le regarder avec des yeux ouverts

L’été les reflets ce sont feuilles encore vivantes
Qui remuent au-dessus n’attaquent pas du tout
Le ventre offrant sa peau




« La confiance ça s’apprend »



Il ne bouge plus pour essuyer son corps nu
Tout près de la serviette le sexe
Reste humide avec ses plis et lourd

La serviette est très rose et elle pend
Epaisse et belle
Quelqu’un le voyant
Ajouterait sa langue à l’instant




« Attends-moi »



Ils se penchent pendant que la baignoire se vide

Surtout le présent va passer
(il l’embrasse, il l’embrasse deux fois)

La seule unité d’un être, possible, est qu’il s’attarde
S’étirer en posant les yeux sur lui est un geste
Pas suffoquant

Oui quelque chose reste dans les yeux
Parfois on n’y songe pas avant de se dévêtir




« J’ai froid aux pieds »



La serviette reste comme la main l’a laissée
De même
La cuvette toute bleue

Elle s’est relevée dès qu’il est apparu dans la porte
Nue d’en bas

Sur le clair
Un peu de sombre s’épanouit il voit

Un morceau de nature

Ne parle pas la bouche le porte en elle





« Je l’aimais bien »




Il ne veut pas faire tout le visage
Le souvenir est trop sensible

Pour le chien il n’hésite pas
N’ayant pas oublié les gémissements
Il les retenait

C’était important de se reposer ensemble
Le museau tout frais, les yeux brillants





« Elle a appelé »



Il ne voulait prendre que le ventre
Le visage n’est pas sur la photo
La prairie si

La courbe de la terre disant oui autant qu’elle
Deux lèvres

L’air
Intimement passe





« Reste là »



La mer fait un bruit qu’ils n’entendent pas
Elle bâille
Il remonte lentement vers le sein le plus proche

Chacun une main sur l’autre

De l’autre main elle lui montre un drôle de rocher
Recroquevillé comme un personnage

Une pierre que l’après-midi tient au chaud
C’est mieux les lèvres,
Changeant de forme dans les baisers
Alors que l’angoisse n’arrive à rien


Nous nous attendons ( Castor Astral, 2012)



****





J’écris parce que je vais disparaître

C’était là,
Ma fille assise dans l’escalier, je la regarde entre les barreaux
Ne bouge pas
J’aime continuer

L’importance de se regarder
Sans doute
Le visage en veut un autre

Les tout petits, ne plus rien dire

Ainsi la nuit si j’entends le chat manger enfin,
Lui si maigre, je sais qu’il bouge son menton aux os fins
Il a besoin de manger, nous oubliant
Pendant que la nourriture craque entre ses dents

Les craquements, si on voulait, on saurait où c’est
Passer entre les barreaux, les frôler
Sans se faire peur
Surtout quand un animal tourne sa tête, hésite,
Puis retourne à son bol où il reste de la solitude



extrait de Le dernier livre des enfants, inédit





Lundi 30 Mars 2015
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