IMAGES







Recherche

Inscription à la newsletter


Achat livres

Les livres de
Claude Ber sont
accessibles
sur internet.
Pour accéder aux
achats en ligne
cliquer sur
sur les icônes
de couverture
des livres.

cb
09/02/2011



L'invité du mois

CASTEX-MENIER Patricia



CASTEX-MENIER Patricia
BIBLIOGRAPHIE

Dernières parutions :
Reconnaissance, Al Manar , Paris,2009
Quatre saisons en un jour, l’Amourier , Coaraze, 2009
Révisions, éditions Ficelle, Soligny la Trappe 2009
Occupation du sol, Vent de terre, Frontignan, 2009

Chez Cheyne éditeur, Le Chambon-sur-Lignon :
Questions de lieu, 1985
Chemin d’Eveil, 1988.
Infiniment demeure, 1992.
Ce que me dit l’ensevelie, 2001.
Bouge tranquille, 2004.
X fois la nuit, 2006.

Roman :
L’éloignée, La Dragonne, Nancy, 2001

Livres d’artiste, tirage limité :
Claires – Voies, Bernard-Gabriel Lafabrie, Paris, 1990.
Entrepas (avec Werner Lambersy), Sarah Viame, Céphélides , 2006 Interstices, Maria Desmée, collection « les révélés »: 2007

Théâtre, pièce pour enfants :
Le Roi Berdagot, (avec Werner Lambersy) Ficelle, Soligny la Trappe : 2005.

Entretiens
Pierre Dhainaut, A travers les commencements , Parole d’aubes , Grigny,1999

Anthologies
La vraie jeune poésie, La Pibole, Paris, 198O.
Panorama de la poésie française contemporaine, Moebius, Triptique, Montréal, 1991.
Poèmes de femmes des origines à nos jours, Régine Deforges, Le Cherche Midi, Paris, 1993.
Das Fest des Lebens, Poètes français contemporains,(édition bilingue français-allemand)
R.Fischer, Verlag im Wald, I993..
Mars Poetica, Poètes croates et français, (édition bilingue),
Skud, Zagreb et Le Temps des cerises, Paris, 2003.
La poésie française contemporaine, J.Orizet, Le Cherche Midi, Paris, 2004.
Des poètes aux parvis, Marc Delouze, La passe du vent, 2007
Couleurs femmes, Le Castor Astral/ Le Nouvel Athanor, Paris, 2010

Participations
Printemps des poètes, Paris, 2002 ; Paris et Zagreb,2003 ; Paris, 2004, 2009,2010.
Semaine de la poésie, Clermont Ferrand, 2005 ,2007
Lectures sous l’arbre, Le Chambon-sur-Lignon, 2001, 2005, 2007.
Colloque Pierre Dhainaut, La passion du précaire, sous la direction de Jean-Yves Masson et Aude
Préta de Beaufort, Université Paris-Sorbonne, Avril 2007.
Les parvis poétiques, Paris 2007
Livre à dire, Montivilliers, 2007
La voix des mots, Dijon, 2007
Voix d’aujourd’hui, Brest, 2008
A la santé des poètes, Frontignan/Lodève, 2009
Paris en poésie, Mairie du XIII° , 2009
Les mots parleurs, Paris 2010
Quand la poésie joue avec l’image, médiathèque de Reims, 2010-08-17
A voix vives, Rentilly, 2010-08-17
Voix du basilic, L’amourier, Coaraze, 2010-08-17
Cheyne, 30 ans d’édition de poésie, Paris, orangerie du Sénat, 2010


TEXTES

Quatre saisons en un jour ( extraits)
Editions L’amourier, 2009.


Soudain
un ciel high-tech,

une
mer électrique
dans l’imminence du court-circuit.

Incrédules,
nous surprenons le rayon vert.

Le
jour n’en finit pas,

la
beauté de l’horizon
n’a d’égale que la gravité des choses.

*

Bord
de falaise,

les
chiens contemplatifs
n’ont pas bougé.

Assis
sur leur derrière,

à
renifler le vent,

et
à garder,
qui sait,

les
hommes de leur folie.

*

Galet
dans la poche,

dont
la mer aussitôt se retire.

Quelle
lenteur bienvenue
nous polira la paix du cœur,

comme
la pluie les pierres ?

*
Paysage,

rien
que du beau,

et
c’est pour cela

que
c’est beau :

rien
d’autre.

*
Reconnaissance ( extraits)
Editions Al Manar, 2009


Sans
autre question
qu’un regard stupéfait,

le
chemin des plus humbles
mène d’alpha à oméga :

pas
plus que de vivre
il n’est nouveau
de mourir.

Résignation
des innocents,
une beauté inaperçue

qu’on
piétine en voyous,
partout
comme un parterre de fleurs.

*
Qui
sont-ils ceux d’en bas ?

Leur
nuit est lointaine,

notre
mémoire s’agite à vol d’oiseau.

C’est
chose si petite de pleurer

qu’emportent
comme des voleurs
le nombre et l’anonyme.

*
Pour
une langue, un dieu
ou une terre,

depuis
longtemps déjà
tombaient les ombres.

Tout
recommence,
l’oubli ronge son os,

et
plus de chair bientôt
autour des noms.

*
INÉDITS

Blocs


Elle pense : ma mort m’intéresse. Il n’y aura que moi pour le savoir. Mais savoir se construit toujours sur du passé, aussi récent soit-il. Le savoir de ma mort mourra donc de sa belle mort, pense-t-elle, c’est-à-dire d’immédiateté.

*
Comment vas-tu, mon corps ? Je vais bien. Jamais elle ne se couche sans lui poser la question, jamais elle ne s’endort sans obtenir de réponse. Je vais bien. J’existe encore. D’ailleurs, tu le sais bien, puisque tu as mal.
*
Tantôt docile, tantôt renâclante, la bête de somme de la mémoire. On guide par devant, on pousse par derrière. Et bringuebalent différents fardeaux, bien bâtés, ou mal ficelés.

*

Un programme, même tardif : ne plus jamais reléguer la beauté à la seconde place. Ce serait un peu comme lire Lucrèce en se demandant à chaque vers s’il a raison.

*

Elle se le promet : ne jamais écrire sur l’écriture. Ce qu’elle est, ce qu’elle n’est pas. Mais alors maintenant, à l’instant, juste après le point, elle est bien obligée d’ajouter : plus jamais. Et ainsi de suite.

*

Un feu en forêt, que deviennent les insectes ? On oublie, en pensant à la fuite possible des grands cerfs, des renards, des oiseaux. C’est déjà bien, direz-vous, que le monde aille ainsi.

*

Les mots ne prendront de l’ampleur que si le monde le mérite. La cruauté de celui-ci l’interdit. Même l’indignation est à l’étroit.

*****

Passage avec les voix (inédits)


Souvent
les personnages de la tragédie hantent ma nuit.

Ils
portent leurs masques de théâtre,
ils sont si grands juchés dans leurs cothurnes.

Comme
si je devais les voir de loin, les reconnaître d’en haut.
Pourtant ils se tiennent au pied du lit.

Les
choreutes avancent, leurs gestes sont lents,
leur voix formidable.

Encore
quelques heures
et même s’ils se rassemblent pour sortir,

la
traîne lourde de leurs robes,
la majesté terrible de leur chant, habiteront le jour.

*

Aujourd’hui,
je ne reviens d’aucune Troie,

mon
javelot A320, là-haut, n’a rien brisé
de l’armure dorée du crépuscule.

Aucun
écho de gloire ne me précède.

C’est
pourquoi les veilleurs somnolent,
les hérauts s’ennuient sur mon passage.

Les
torches avant l’aurore n’ont pas couru,
passées de main en main sur les collines.

Aucun
signal n’annonce ma venue,

les
servantes du vent n’auront à me laver
que d’une légère odeur de kérosène.

*

C’est
bien ainsi.

Je
n’ai sorti de mes bagages
qu’un costume neutre de choéphore,

j’avance
sans nom, conduite lentement
par la route en lacets de la mémoire.

Chercherais-je
mon souffle ?

A
Delphes
en ce matin de février

l’air
se retourne comme un gant d’origine,

l’allée
entre les pierres
a des patiences de mise au monde.

*
La
flamme du cyprès,
ou la torsade de l’olivier :

seuls
m’escortent les arbres.

Aux
gestes des branches,

on
reconnaît la fin d’hiver
en posture de suppliante.

Elle
se tient à l’écart,
balbutie déjà à reculons,

tandis
que le dieu sort sans regret
de son temple détruit,

et
parle par l’oiseau.

*

Un
songe oublié,
une évidence resurgie:

s’il
me fallait mettre un genou à terre,

ce
serait ici, dans le cercle parfait
que ménage de la montagne,

je
toucherais du bout des doigts
le bas de sa robe rocheuse.

Et
si j’avais encore soif de réponses,

je
les espèrerais ici,
le visage voilé et un rameau à la main,

demanderais
l’oracle au printemps qui vaticine.

*

Depuis
toujours, je me l’étais promis :

un
lieu dont la beauté excèderait
jusqu’à celle de son nom.

C’est
fait. C’est violent.
Une beauté à fondre en larmes.

Soudain
tout mon corps lui aussi débordé :

Assis
à mi-hauteur du théâtre désert,
il m’abandonne à la secousse,

le
ventre
fouillé par l’appétit éperdu du sacré,

la
gorge
traversée par le chant impossible.

*

Les
voix pourtant viennent de partout.

Elles
affluent,

certaines
pieds nus, d’autres en sandales,
quelques unes confiées au pas de l’âne.

Est-ce
dans le vent, l’émoi des feuillages ?
Une rumeur, comme exténuée.

Les
voix obstinément viennent de loin.

Sur
les gradins de pierre
je les attends,

le
sentier en contrebas
serpente depuis des siècles.


Les
voix ont franchi les propylées,

elles
convergent à présent,
s’assemblent lentement, forment le chœur.

Confiante
je me suis levée,
et me tiens, anonyme , au milieu d’elles.

Quelle
humble place dans l’unisson,
quel rôle obscur sous le masque,

voudront-elles
bien pour l’instant m’accorder ?

Je
n’avancerai pas aujourd’hui
plus qu’il ne faut au bord de l’orchestra,

peut-être
aurai-je un jour l’étoffe d’un coryphée.

*






ARTICLES

Patricia Castex Menier : Quatre saisons en un jour
Frontispice d’Annick Le Throër
Editions L’Amourier, collection Grammages, 19 €


C’est une expression populaire irlandaise sur les caprices de la météorologie insulaire qui fournit à Patricia Castex Menier le titre de son dernier recueil. Quatre saisons en un jour s’inscrit aussi bien dans un rapport intime aux paysages traversés qu’il rend hommage aux écrivains qui ont choisi l’exil pour survivre ou se réaliser dans une aventure d’écriture. De James Joyce à Samuel Beckett, de Yeats à Seamus Heaney : « Terre / d’œuvres ? // Tant / d’écrivains quittèrent l’île ; // un / journal dans un cottage, // un / autre par-dessus bord. // Les / mots d’une vie // sont / ceux que l’on emporte. »
Les ruptures de ton des quatre saisons-séquences de cette ballade irlandaise se heurtent comme les pensées qui nous agitent, « remontent le courant, // sauts / de saumon / de l’âme qui se cherche, // pour / frayer puis pour mourir. » Des monstres marins aux attentats de Londres du 7 juillet 2005, l’actualité surgit dans l’espace du poème. La violence du monde crée l’effroi, ravive les terreurs mythiques : « aujourd’hui même / c’est plus loin, en terre ferme, / qu’on / ensanglante. »
Des images insolites animent parfois la page d’une effervescence lumineuse à laquelle le frontispice en quadrichromie d’Annick Le Thoër semble faire écho : « Soudain / un ciel high-tech, // une mer électrique / dans l’imminence du court-circuit. // Incrédules, / nous surprenons le rayon vert. // Le / jour n’en finit pas, // la / beauté de l’horizon / n’a d’égale que la gravité des choses. »
Le paysage mental repeuple le vide créé par l’exode rural, la méditation oscillant entre identification compassionnelle et nostalgie intemporelle : « Laissées / en arrière, quelques pierres témoignent, // maisons-fantômes / comme des cairns de misère. » Les églises exhibent une ferveur religieuse ambiguë, paradoxale, le visible interprétant l’invisible par des signes païens ou chrétiens arbitrairement mêlés et sacralisés : « Tympans / d’églises qui grimacent : / les / siècles, une danse macabre. // On / jugera le Ciel, // comme / le soleil, par contumace. » D’ailleurs l’église n’est jamais très loin du pub, le corps et l’âme procèdent « de bric et de broc, » d’une « quincaillerie et pharmacie » que séparent à peine « quelques / pas, quelques roulis… » Le quotidien dans la poésie de Patricia Castex Menier est déclencheur d’imaginaire. Une touche d’humour tient le lyrisme à distance : « Appuyés / au comptoir // les / mythes / prennent des airs de faits divers, // ou / le contraire, // comme on voudra. »
Le parti pris de réduire à un seul mot, souvent monosyllabique, le premier vers des distiques ou des tercets de tous les poèmes du recueil casse artificiellement le rythme. Patricia Castex Menier s’en explique dans un entretien avec Alain Freixe (Gazette Basilic n° 33). Selon elle, le premier mot est : « comme l’attaque d’une première note au piano. » Ou comme le premier pas d’une marche. Encore, convient-il de le préciser, en Irlande, elle a beaucoup marché…
Les éditions L’Amourier publient avec un soin exemplaire ce beau recueil. La collection Grammages offre aux poètes et à leurs lecteurs la qualité bibliophilique à prix modéré…
Saluons d’un même élan les éditions Al Manar qui publient Reconnaissance de Patricia Castex Menier. Le conflit israélo-palestinien s’y inscrit en filigrane, dans la filiation tutélaire d’Anne Rothschild, Mahmoud Darwich, Abdellatif Laâbi, … « Chants / amers des pleureuses, // dans / les deux camps / on y plante les dents. // Au / pays des pamplemousses / le jour est un garçon blessé. » Un florilège de citations mêlées ou reformulées s’égrène dans le recueil. Reconnaissance envers les poètes pour tous et de toujours, chant assembleur et multiplié de l’urgence…

Michel Ménaché

Jeudi 2 Décembre 2010
Lu 1965 fois

Dans la même rubrique :

Emmanuel MERLE - 01/10/2019

Michel COLLOT - 07/09/2019

Régis LEFORT - 09/05/2019

Emmanuelle BOBLET - 06/04/2019

Laure GAUTHIER - 20/11/2018

Fred GRIOT - 31/12/2018

1 2 3 4 5 » ... 13

PARCOURS ET PUBLICATIONS | REVUE DE PRESSE | EXTRAITS D' OUVRAGES | TEXT TRANSLATION IN ENGLISCH, SPANISCH... | ARTICLES ET CONFERENCES | EN REVUES ET ANTHOLOGIES | ACTUALITES | INFORMATIONS DU MOIS | ATELIERS | LIBRES PAROLES







Les News








ANTHOLOGIES ET PUBLICATIONS COLLECTIVES

Je prends note
Anthologie poésie
Bipval (Biennale
des poètes en Val
de Marne) 2011
Editions
Action Poétique

Burqa ? essai,
Claude Ber,
Wassyla Tamzali,
Éd. Chèvre-Feuille
Étoilée, 2010

Couleurs Femmes
Anthologie poésie,
Éd. Castor Astral 2010

Et si le rouge
n’existait pas

Anthologie poésie,
Ed. le Temps des
cerises 2010

Voix de l’Autre
essai, Actes du
Colloque Littératures,
Université de
Clermont-Ferrand
Ed. PUF 2010

Que peut la littérature?
Ed. Calliopées 2010

La poésie érotique
française contemporaine

Textes rassemblés par
Giovanni Dotoli,
Ed. Hermann, 2011

Enfances
Anthologie
Printemps des
Poètes 2012
Ed. B. Doucey

cb
22/11/2010