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09/02/2011



L'invité du mois

CLAUDINE HELFT

BIOBIBLIOGRAPHIE ET EXTRAITS



BIOBIBLIOGRAPHIE

CLAUDINE HELFT

Claudine HELFT, poète, journaliste et critique littéraire
Enfant de la guerre, née à la saison des roses, en France, d'une vieille
famille française.
Après des études littéraires et une mention "Très bien" dans une Ecole
de Journalisme, elle épouse Léon Helft, expert en art, spécialiste en
orfèvrerie ancienne, dont elle aura un fils, David, cinéaste.
Elle écrit des poèmes depuis sa plus tendre enfance, et n’a cessé d’en
écrire depuis lors, tout en demeurant ce "poète rare qui ne publie qu’à
bon escient" (A.B., Le Figaro).
Présidente depuis environ huit ans du Prix Louise Labé (seul jury de
poésie féminin en France), elle est également membre du Prix Alain
Bosquet, créé après la mort de l’auteur, et de l’Académie Mallarmé.
Elle a animé, pendant trente ans, des rencontres privées entre auteurs et artistes célèbres. On peut
citer : Georges-Emmanuel Clancier, Eugène Guillevic, Alain Bosquet, Claude Vigée, Jean-Claude
Renard, et Ismail Kadaré, Luan Starova.
Elle a participé à une centaine de rencontres internationales et en France, et de colloques
(notamment aux rencontres de Cerisy, où certains de ses articles ont été repris, comme "Corps âme
esprit", "Le Réel et l'Imaginaire", et "Figures du messie").
Elle a été invitée dans de nombreux pays dont l'Argentine, la Belgique (Biennales), l'Irlande
(Vendanges poétiques), l'Espagne, la Suisse, la Macédoine, la Bulgarie : récitals de poèmes et
conférences comme L'importance des mots depuis la dernière guerre mondiale. Elle fut dernièrement
invitée en Belgique et remarquée pour son article "Les mots qui brûlent...".
Elle a commis quelque trois cents articles sur des sujets poétiques divers.
Son nom figure dans une trentaine d'anthologies et une centaine de revues.
Elle a été traduite en une douzaine de langues.
Médaille Vermeil de la Ville de Paris pour l'ensemble de son oeuvre et son action au service de la
Poésie, elle a été, en 2005, la première lauréate du Prix de la Rose d’argent en Bulgarie.
Elle a travaillé avec des plasticiens tels que le sculpteur Delanne ou les peintres Alain Kleinman,
Marcel Jacno, Tudor.
Elle a été mise en scène en poésie par Jean Negroni et dite par Daniel Mesguish, Ronit, et Kabeth,
Jean-Loup Philippe, et accompagnée par des voix telles que Esther Lamendier et, plus récemment,
Françoise Galais, pour, notamment son dernier ouvrage partiellement traduit en une douzaine de
langues et mis en scène au Centre Rachi et au Théâtre Molière.
A paraître en 2007, un recueil de poésie, Une indécente éternité, un livre d'aphorismes et une
anthologie, où les poèmes de femmes tiennent une place essentielle.
BIBLIOGRAPHIE de Claudine HELFT
I – Ses principaux ouvrages :
_ L’entre-deux (1975, Ed. Saint-Germain des Près, Paris C - tiré à 60 exemplaires 20,5 x 28,5,
numérotés de 1 à 60. Plus quelques exemplaires H.C. sur vélin d’Arches, tous ornés de deux eauxfortes
de Marcel JACNO – et 500 exemplaires sur offset 13,5 x 20,5 non numérotés et non illustrés –
le tout constituant l’édition originale.
_ Un risque d’absolu (1976, Ed. Saint-Germain des Près, Paris 6e) - tiré à 50 exemplaires 20,5 x
28,5, numérotés à la main de 1 à 50. Plus quelques exemplaires H.C ; sur vélin d’Arches, tous ornés
d’une lithographie originale en couleur de TOBIASSE, 100 exemplaires sur vergé de Hollande et 500
exemplaires sur offset 13,5 x 20,5, non numérotés et non illustrés, le tout constituant l’édition
originale.
_ Parhelies (1979, Ed. Saint-Germain des Près, Paris 6e) - tiré à 70 exemplaires 20,5 x 28,5,
numérotés à la main de 1 à 70. Plus 30 exemplaires H.C. sur vergé de Hollande, tous ornés d’une
lithographie originale en couleur de DELANNE, et 1.000 exemplaires sur bouffant 13,5 x 20,5, non
numérotés et non illustrés, le tout constituant l’édition originale.
_ Métamorphoses de l’ombre (1985, Ed. Pierre Belfond, Paris 7e)
_ L’infinitif du bleu (1992, Ed. L’Âge d’Homme, Lausanne, Suisse)
_ Le Monopole de Dieu (1996, Ed. L’Âge d’Homme, Lausanne, Suisse/Collection
Contemporaine (Italique), dirigée par Claude Frochaux)
_ L’étranger et la Rose (2003, Le Cherche Midi éd., Paris 6e) – dont 7 exemplaires de tête en
grand format, enrichis d’une oeuvre unique, en technique mixte de Tudor BANUS, et 8 exemplaires
grand format accompagnés de poèmes originaux calligraphiés par l’auteur.
_ Poème de l’étranger et de la Rose, extrait du recueil l’étranger et la Rose, suivi de
Obsessionnelles (2003, édition de luxe) dont 15 exemplaires sur vélin d’Arches : 7 exemplaires
numérotés de 1 à 7 accompagnés d’une oeuvre originale en technique mixte de Tudor BANUS, et 8
exemplaires accompagnés de manuscrits de l’auteur. Ce tirage constitue l’édition originale.
_ Dieu ne ferme jamais à clé, préface de Jean BLOT (2006, Ed. de La Différence/Le fleuve et
l’écho), adaptation française du livre du poète bulgare Lubomir LEVCHEV.
II - Coauteur et éditrice ou directrice d’éditions de :
On lui doit également des collectifs :
_ Visages de l’écriture, de Louise LEROUX /Claudine HELFT (1985, Ed. Le hameau)
_ Ethique et écriture, (1985, Ed. Le hameau) – in Cahiers de l’Archipel, N°spécial/13, en
collaboration du linguiste Georges SARFATI : Claudine HELFT, "Poésie et Poème",
_ Poèmes de la bombe atomique, réunis par Alain BOSQUET (1985, Ed. Le hameau)
_ Assiégée du dedans de Dominique CHASTENET (1987, Ed. Le hameau)
_ Méninges, suivi de Printemps 86 d’Emile SNYDER (1988, Ed. Le hameau)
_ Louise Labé, poèmes d’amour, Florilège de Claudine HELFT (Aumage éd./Ed. Hybride,
2006), Prix Louise Labé 2006
_ Un autre Homme, hommage à Alain BOSQUET, Préface de Jean NOURISSIER de
l’Académie Goncourt, Joueur par Claudine HELFT, pp.79 à 85 (2006, Ed. Gallimard)
_ La poésie introuvable, émission de Claudine HELFT sur Radio Métropole, 1985
III - Livres uniques et divers :
Elle a collaboré avec des artistes :
_ DELANNE, sculpteur :
1/ livre (1978)
2/ L’arbre aux poèmes (1998)
_ Dialogue de l’homme avec le ciel, tableau du peintre Alain KLEINMAN (1996)
Elle a également écrit dans des catalogues d’artistes, dont : Malachi, oeuvres sur papier (Galerie
Mantoux-Gignac, Paris 3e, 1999) ; Delanne, sculpture (Collégiale St Pierre, 1991) ; La Cour Chagall
(Fondation Pierre Gianadda, Martigny, Suisse), texte de C.H., "Ira Kostelitz, une femme" ; Florence
de Ponthaud Neyrat, sculpture 1975-1990, présentation de l’artiste par C.H.
IV – Revues :
_ Parmi les nombreuses revues françaises dans lesquelles Claudine HELFT a écrit ou
auxquelles elle a collaboré, citons :
- Polyphonies : N°4, automne 1986, poésies mystiques. C.H. : Je t’aime peut-être pour cette
absence ; N° 7, printemps 1988, la mer. C.H. : Tu la disais proche de la mort ; N°10, hiver 1989/90, le
commencement. C.H. : L’infinitif du bleu (extrait) ; N°15, été-automne 1992, dialogues. C.H. : L’infinitif
du bleu, dialogue de l’homme et du ciel
- Nota Bene : N°Automne 1990 dirigé par Alain Bosquet : C.H., L’infinitif du bleu
- Hors jeu : N°8, octobre 1990, Joyce Mansour, vue par C.H., pp .6-8 (N°spécial dirigé par C.H) ;
N°19, novembre 1995, co-directrice de ce numéro ave c Jean-Michel Fossey et Poèmes de C.H. :
J’allais jadis en repos, La ville, Celui qui dort, Le pardon. Texte de C.H. sur Jacqueline Frédéric-
Frié ; N°21, janvier 1996, hommage à André Laude, a vec poème de C.H., Le scrutateur, (in Le
Monopole de Dieu) ; N°22, avril 1996, poème de C.H., Solitudes, (in Le Monopole de Dieu) ; N°23,
novembre 1996, hommage à Jean-Claude Renard, texte de C.H., "Du silence au silence"
- Itinéraire et contacts de cultures : hors série 1992, Hommage – Edouard J.Maunick (éd.
l’Harmattan/Le Cri) - texte de C.H., Etre poète
- Poésie : N°41, février 1992, in "La route des Indes" par Colette Seghen, «La voix des femmes»,
poèmes de C.H., La lumière du flambeau…, Or la lassitude n’est pas la réponse… (in L’infinitif du
bleu) ; N°72, avril 1998, La couleur dans "Champs libre ", poème de C.H. (in L’étranger et la Rose)
- Cultures en mouvement : N°37, mai 2001, in "Le débat :Nietzsche, philoso phe du XXIe siècle ?",
texte de C.H. : "Modernité de la mélodie poétique"
- Lire et écrire la poésie, 2005, Unesco, in "Les cinq questions posées aux poètes", son texteréponse
- Europe : N°924, avril 2006, in "Notes de lecture", par C.H . : Charles Dobzynski, le réel d’à côté –
Frontispice de Nicolas Razier (L’Amourier)
- Mémoire Senghor : novembre 2006, 50 écrits en hommage aux 100 ans du poète (collection Profils
UNESCO), Textes réunis par Edouard J. Maunick, dont poème de C.H. : Femme dont le coeur bat la
tempête
_ On retrouve également Claudine Helft dans plusieurs revues étrangères de Belgique, Chine,
Croatie, Espagne, Hongrie, Irlande, Israël, Macédoine, Roumanie, Tchécoslovaquie…, dont,
notamment :
- Revue Poetry monthly, Chine, 2002, poème de C.H.
- Translation Ireland, Irlande, N°2, été 2003, extrait du poème de C.H., L’infinitif du bleu
- Le Mensuel Littéraire et Poétique, Belgique, janvier 2004, N°318, article sur L’étranger et la Rose
de C.H. par Jacques Eladan
- Cahiers Tristan Tzara, Volume 5-6, N°13-20, 2006, (Moinesti-Roumanie), p oème de C.H.,
Tumeurs. (C.H. est membre honorifique de l’association culturelle et littéraire Tristan Tzara)
- Revue, Varna, Bulgarie, 2006, 2/3, poème de C.H. et 3 photos
_ Parmi les autres publications auxquelles Claudine Helft a collaboré, citons :
Pour le Ministère des Affaires étrangères, sous-direction du livre et de l’écrit, d’avril 1981 à
1984 :
- textes de C.H. sur les livres suivants : Saisir l’univers de Jeanine Harrault, Fenils de hautes marées
de Christian Da Silva, Dans les brisures de Sanda Stolojan, Tente cosmique d’Yvonne Carouch, Bleu
d’acier de Michel Pesh, Une poignée de jours d’André Schmidt, Toucher terre de Jacqueline Frédéric
Frié, Le livre des passages de Serge Meitzinger, Clématites de Philippe Fouché-Saillenfest, et article
de C.H. : "Vénus Khoury-Ghata : le fils empaillé"
- un dossier de fiches signalétiques de poètes, comédiens et chanteurs pouvant apporter leur
concours à l’étranger
- une sélection d’ouvrages récents concernant la poésie
V – Journaux :
Depuis 1999, elle écrit presque exclusivement dans Aujourd’hui Poème, journal mensuel (et non
revue) d’informations poétiques et artistiques, dirigé par André Parinaud, récemment décédé (juillet
2006). Ce journal est une émanation de l’Association Au Rendez-Vous des Poètes, dont elle fut l’un
membres-fondateurs.
_ Aujourd’hui Poème (mensuel), notamment :
N°7, janvier 2000, Qu’est-ce-qu’un critique honnête ? " ; N°32, juin 2002, " Guerre des mots, paix des
mots", "Cinéma : le cas Furtwängler d’Istvan Szabó" ; N°33, septembre 2002, entretien avec Ismaël
Kadaré ; N°34, octobre 2002, " La francophonie en péril" ; N°40, avril 2003, " L’éclosion d’un nouveau
genre" ; N°43, septembre 2003, " Entre le flou et le trou, la mesure de l’homme" ; N°44, octobre 2003,
"Ce français venu d’ailleurs" ; N°46, décembre 2003, " A visage, île visage – Edouard J. Maunick",
interview de C.H., et article de Charles Dobzynski sur C.H. et choix de L’étranger et la Rose ; N°52,
juin 2004, "Quatre femmes en poésie" ; N°55, novembre 2004, " Vénus Khoury-Ghata rend le
malheur surréaliste" ; N°59, mars 2004, " La belle aventure de Victoria O Campo" ; N°65, novembre
2005, entretien avec Robert Sabatier, "Un poète éclairé par l’ombre" ; N°72, juin 2206 : le PEN Club
"Femmes d’Ecosse" N°74, octobre 2006, " S.E. Oto, poèmes de l’impératrice du Japon" ; N°75,
novembre 2006, "Une page arménienne" ; N°78, février 2007, " Des poèmes français dans les arbres
de Tel-Aviv (et d’Haïfa)"…
_ Articles de journaux sur Claudine Helft, dont : Le Monde ; Le Figaro (Le choix de Robert
Sabatier, poème "Chance", extrait du Monopole de Dieu ; Le choix d’Alain Bosquet, poème extrait du
Monopole de Dieu) ; Le Figaro Magazine (7 juillet 1979, rubrique "Poésie" : «Claudine Helft» par Luc
Bérimont ; Novembre 1985, article par Jean Orizet) ; L’indépendant de l’Yonne (14/12/2005, page
"Pays sénonais", interview de C.H. par Jean-Michel Edouard) ; Liberté de l’Est (10/11/1989, "Poésie
au Lavoir-Théâtre, rencontre avec Claudine Helft" ; 16/11/1989, texte de Xavier Brouet ; mars 1994,
Clancier : la voix fertile, exposé de Claudine Helft" par Vincent Hope ; L’Est Républicain
(15/11/1994, "Classe poétique avec Claudine Helft" de Yves Andrikian) ; à l’étranger, dans des
journaux de : Argentine, Bulgarie, Hongrie, Ile Maurice, Tchécoslovaquie, etc.
VI – Colloques et rencontres :
- Colloques de Cerisy : I, 1997 «Figures du Messie», texte de C.H. : "Présente absence dans la
poésie contemporaine" ; II, 2000 «Corps, âme, esprit», texte de C.H. : "Le poème, une approche
physique du sacré" ; III, 2003 «L’espace de la relation : le réel et l’imaginaire», texte de C.H. :
"L’espace du poème : un même «la»".
- Rencontres autour de Claudine Helft, dont : le Lavoir-Théâtre, Epinal (10/11/1989) ;
Bibliothèque du Centre Culturel Juif, Paris 4e (1993, hommage à C.H. par Jacques Eladan) ;
Théâtre Molière, Maison de la poésie, Paris 3e (4/11/1993, présentée par Alain Bosquet et William
François, textes dits par Jean Negroni ; 15/6/1999, mise en scène et lecture par Michel de Maulne et
les actrices Annie Bertin, Ronit Elkabetz et Sabeline Amaury, présentée par G.E. Clancier et Lionel
Ray) ; Centre Rachi, Paris 5e (5/6/1997, poème-spectacle autour de Question de bleu, question de
liberté, textes dits par Jean Negroni et Annie Bertin) ; La Grange de Pailly (89140) (15-16/10/2005,
Paroles et musiques, "De l’amour", C.H. accompagnée au piano et percussion d’Asie par Alain
Kremski, Françoise Galais, soprano, interprète "Le spectre de la rose") ; Brasserie François-
Coppée, Paris 6e (Février 2007, présentée par Monique Labidoire : "La rose, l’absence et l’amour") ;
Nancy et Epinal, (8/3/2007 : collèges et café littéraire au Lavoir-Théâtre d’Epinal) ; Versailles et
Beaune en 2007…
VI – Cassettes-audio ou CD, dont :
- 2 K7 : Hommage à Claudine Helft, 9/6/1993
- 1 K7 : Salon du Livre, 1986
- 1 K7 : Rencontre du 30/3/1993, collège Jules Ferry d’Epinal, avec classes de 4e et 5e
- 1 K7 : Saint-Joseph d’Epinal, 22/3/1994. Claudine Helft – Départ de Liliana Sedler - Susana de
Rosario - Tucuman 535 (entre Floride et San Martin)
- 2 K7 : Question de bleu, question de liberté, Claudine Helft
- CD - Maquette n°3 : Poésie 3, du 2/5/2003 : Claudine Helft et Jean Negroni - montage continu avec
musique (38’52’’)


EXTRAITS


Poème de l’étranger et la Rose
Pour Léa et Théo Helft,
pour Ardit et
pour la petite Claudine du Sahel.
Là est la rose dans laquelle le verbe divin se fit chair…
Dante
Et nous dirons :
Il n’y a pas de différence.
Les âmes de nos morts essaiment les mêmes champs,
leur sommeil est le souffle de la même mère.
Tu me diras : les siècles ont dépassé l’enfer,
et je répondrai : c’ était hier nous étions frères.
Il n’y a plus de tempête, il n’y a plus de Babel.
Ne dis plus, où sont mes terres, où sont mes pères ?
car je ne chercherai plus dans la pénombre des jours
les racines de mes frontières.
Etrangers ?
*
Ami, ton âme est le lieu de la mienne
depuis tant de siècles, et nos poussières
ont essarté les étoiles des mêmes cieux.
Et nous dirons :
il n’y a pas de différence.
Tes mots sont ma parole en langue de prophète,
Ton visage, ce phare où se reflète le mien.
Et tu diras que la paix n’est rien que cet amour
qui va de terre en terre planter des roses en secret,
immense comme un corps dans la paume d’une main.
*
Et moi, je te dis que l’amour va plus loin que l’amour
et que l’exil est cette brèche entre toi
et moi
et toi,
déjà tu savais cette femme ancienne
toujours la même et toujours à recommencer.
Et moi je te disais la patience de l’automne,
l’attente de l’aurore ; tu répondais baiser et nuit.
Je te disais : un arbre a pris racine en nos ténèbres
ses branches porteront des saisons et des fruits.
Homme des pétales secrets, il te fallait plonger en toi
pour découvrir la femme ouverte comme la mer.
Je savais cet homme en moi, depuis toujours, terré
à sommeiller en mes flancs impatients de labour
*
Et moi je te dis encore que plus nous avancerons
nous nous chercherons si proches soudain, chavirés
nous ne verrons plus que ce fleuve dans l’immensité
qui nous entraîne sans savoir qui nous sommes. Nous ?
Et moi je te dis : toi, prends la rose et la porte
plus Ioin, que je la voie. Et moi je te dis : demeure
l’inconnu que j’attends encore. Oublie le sacre
de nos bouches, oublie la lave brûlant en mon ventre,
redeviens l’homme à la découverte de sa terre :
l’étincelle me ceint comme une femme son enfant,
reviens sans me connaître, et fais de moi chaque fois
mon amant, cet infini que tu n’atteindras pas.
*
Je dirai :
viens, quitte ton vêtement de tempête
l’amour n’est rien que ce lieu de déchirure ;
laisse ta robe de solitude : errer n’est pas à deux,
et t’emporte en silence, le vent torride des mots.
Le bonheur est oubli : s’y enfouit la chevelure de ton rêve
présent, oublie tout sauf cette île où s’innerve la vie.
Laisse ta tunique et ta guerre, la paix
est le tracé de ta mémoire sur le corps de la femme neuve,
laisse-la poser sa tête sur tes ardeurs, regarde-la, fulgurance
en sa marche vers toi qui monte comme la mer, et s’apaise
à tes combats ; laisse-la sommeiller un instant à la cime de tes lames,
sauvage glissant en des contrées aveugles où tu es roi.
*
Tu diras :
l’amour n’est pas aux cieux, mais à la terre,
mon épouse souterraine, et si tu pleures ta patrie est la mienne,
ma soeur interdite, ma sans-racine, nous avons à devenir
ce qui nous fit belluaires d’un espoir sans nom et sans âge,
le seul miracle est cet amour qui va de vague en vague,
et d’âme en âme, par-delà les silencieuses voyelles de nos noms.
Laisse ton rêve te rejoindre ; carpelle de la même fleur,
tu courais dans les champs quand elle naissait.
Jadis plantés ensemble dans des régions exsangues d’étoiles,
nous devînmes cette absence qui terre les peuples en détresse,
mais ne s’effeuille la rose au doigt du Prince : va, donne, hisse
les voiles et repars ; au large oeuvre en vous une rose et renaît à toi sans épines.
*
Je dirai :
par toi l’étranger, aux visages ravinés de mes souvenirs
par toi, l’étranger, enfant de sept siècles d’attente,
j’atteste que je suis cette femme et ton amante
maintes fois morte en maisons de soleil et ressuscitée
à la cassure de tes rides, à ce long sillon
que la terre trace sur le corps de ceux qu’elle aime,
au passage d’un fleuve noir coulé de symboles
où naquirent trois consonnes sur un croissant d’or,
comme morceau de lune claire à l’aube d’un matin.
J’atteste ma reconnaissance aux pieds d’un nuage
et ma sûre revanche sans rancune sur la mort,
par toi, j’atteste l’amour, la source et la vie,
la force qui forge l’orée du cercle rétréci
sur l’inévitable rencontre des grands météores.
*
Tu diras :
j’atteste pour nous
deux libertés qui se donnent à l’abandon
des peines sur planète de rose et d’orient,
j’atteste que je suis ton maître très ancien
prêt à renaître pour te retrouver,
navigué au travers d’un temps émoussé par son triomphe
sur la chute des étoiles et des morts.
J’atteste les confins en ténèbre à l’abri d’une oraison
et le déracinement à l’oeuvre du verbe,
j‘atteste mon attente et mon coursier marin
de très hauts sables. J’atteste ma patience
à survivre aux marées tristes des déserts
où l’homme s’allume comme un flambeau solitaire,
j’atteste le rocher, et cette femme jaillie
de mes fissures : source et vie.
*
Elle disait :
Je suis l’amour et la solitude de la terre,
et si l’exode est aux hommes la terre est sans frontières ;
les arbres et les hommes saignent sur moi un même chagrin.
J’appartiens à des contrées où la femme est attente
et s’initie à l’homme comme la patience au mystère
dans la semence, et le cri siamois du partage.
Elle lirait à ton visage votre légende et votre peuple,
s’éveillant à l’aube d’une absence et d’une interrogation
qui voudrait à la fois et la réponse, et le silence ;
tu viendrais cheminant des ténèbres vers l’interrogation
elle te reconnaîtrait à ta faim, à la rose et au chant ;
le verbe deviendrait chair: la langue serait la même.
*
Il disait :
il faut insuffler le charnel au baiser des anges :
entre ses voiles blancs, elle préservait la lumière,
serrant contre ses reins la transparence d’une jarre
où s’abritait la rivière, déjà s’inclinant vers toi,
mendiant clair qui lui portait un royaume et un sabre,
son chant comme prière, sa parole comme sceptre.
Sur des chemins d’épines et d’aube, elle venait à toi,
la palatine, dans sa nudité d’amphore et de panthère,
disant sa liberté dans l’absence et les chaînes ;
toi, la déliant comme on délie et comme on lie,
prêt secret de la mort sur le vif serment de la rose ;
le verbe se ferait chair: la langue serait la même
*
Ami,
il n’est pas de différence : la séparation
est une autre mort à laquelle il fallut survivre.
Ne fûmes-nous pas jadis les archers d’un même navire ?
Par-delà le Tigre, l’Euphrate et le Drim, le Chéliff,
le Léthé ou le Styx, ventre noué à l’enfant sorti
de sa mémoire, c’est toujours la même qui t’attend,
femme debout sur l’élytre de l’aigle à t’offrir cet hymne
effrangé à l’orient de murailles et de peines ;
s’y épellent paix à pierres, deux noms très anciens
qui n’en font qu’un ; ils furent les scribes de notre Histoire.
Prends la rose, ce miracle qui dit la vérité, et leur donne :
va, l’invisible est ce voile où la douceur fait pleurer.
*
Amie,
il n’est pas de différence et ta terre est la mienne,
il n’est plus de frontière, il n’est plus de Babel.
Jadis, ne fîmes-nous pas des assemblées de savants,
nos hommes vêtus de blanc poussaient les sables de leurs cannes
à pommeaux d’or, traçant les Signes de leur sang et de leurs barbes,
ne vîmes-nous pas des femmes en noir liées par le même serment,
et toujours altières marchant ensemble sans se rencontrer,
la langue prisonnière de lithophages, et bavant
de solitude et de mort dans la gueule des chiens enragés ?
Mais il n’est de loi qui puisse transgresser celle qui dit amour
et frère ; et toi, tu diras qu’il n’est pas de différence,
que tu es mon âme, mon amante, ma soeur, et que
j‘attends
Extraits de poèmes
Il était onze heures depuis le matin ;
l’horloge impressionnait le temps
sur le vivre d’un moment.
Il n’était pas d’aimer,
mais de naviguer en haut ciel,
la mort à face retournée,
le plein et le vide comme une seule et même chose.
Il ne fallait pas nommer bonheur
ce qu’on appelait autrement ;
visages graves à poser un printemps,
fous et déliés comme une nef
en haute mer, nous vivions de lenteur,
notre plaine était d’eau et notre heure
n’était pas la vôtre.
Il était onze heures à l’arête du monde,
onze heures fermes et blanches
qui défiaient le silence dans le lancer
vainqueur et sans violence où l’aimer se disait ailleurs,
où le plaire, le perdre et la chair
se jouaient dans l’infini d’un voeu,
où les secondes citaient vivant le farouche trempé
des bouches noyées dans l’infinitif du bleu.
extrait de L’infinitif du bleu (L’Âge d’Homme, 1992)
Mal-mort
Ceux qui disent que la mort n’est rien ont tort.
La mort est tout
lorsque de l’amour il ne reste
qu’un mort mal aimé mal mort.
Qu’importe l’amour mauvais
si l’amour offre d’un mort cette étoile
d’un soir, où fut bon l’amour mauvais
et vraie l’imaginaire image du rêve rêvé
Vrai dans l’instant où palpitait le désir-vie
sur pétale de survie-étale le mort désirant
désiré amant aimant encore
Mal mort dans le cercle d’amour qui lie au mal
le mort–amour et survit étoile
Noire déni de mort au mauvais amour
Mal-mort.
extrait de Obsessionnelles (in L'étranger et la Rose
(Le Cherche Midi éditeur, 2003)
Un chant d’hiver (inédit)
Insolite le chant d’oiseau saupoudré de blanc
et comme tombé du nid sur neige ; fleur d’hiver
bravant les sommets et l’interdit des espèces.
Sonnets de l’horloge déracinant l’espace
que fomente le temps ; un pas, une note juste
empruntée sur le vivre au moment de sonner
le glas, une empreinte de l’été sur réalisme
de glace, une joie de l’esprit : liberté
du fruit cueilli sur les abîmes comme un baiser
sur le chagrin d’un enfant, un baiser sur les cils
trempés d’un homme en attente, une main qu’on tend
depuis l’orient d’un ciel soudain attentif
au péché d’Eve, un croire, un peut-être Dieu,
un sûrement "peut-être", un sarment de signe
insolite comme le peut être d’un serment,
un signe, chevauchant les rêves de la terre.
Monter là ? (inédit)
Haut le rêve en écho
du pays où la peur précipite
l’hiver.
Monter pour cercler ce qui reste
de vérité à l’homme en écho
du rêve,
pour que jamais ne se répète
l’irrévérence de la terre.
Car voici qu’éclose l’enfant – née
d’une branche et de la tempête,
statue d’ébène et de rose,
vêtue des débris de la tôle ;
car voici les yeux bridés d’amour
sur champs de rouge et de mines.
J’ai traversé les ruines d’hier
quand la fleur précipite
l’hiver,
en écho au monde qu’inventent
toutes les planètes aux yeux verts.
Morte ou éclose pour un revoir
où surgiraient à nouveau montagnes
bleues et jacarandas en flammes.
Ravagé le foyer de l’aigle
par la flamme et la force du glaive ;
nulle paix dans l’amour
en écho
à l’adieu. A Dieu.
Adieux aux miroirs planétaires.
Il est des mers aux longs reflets verts
où mourir n’est pas cessé de vivre.
L’ange n’était-il que ce cri
où la joie d’être à l’infini ?
Et la manne, révélation
aux sept plaies d’un monde secret,
l’écho souterrain d’un horizon ?
Avant que ne se cueille la pierre
Fallait-il entendre l’orage de septembre ?
En mémoire à Léopold Sédar Senghor
La Tolérance est le "propre de l’homme" !
Située à équidistance entre l’indifférence et la hauteur, elle est le point d’équilibre où le jugement se
fait sagesse. Elle est la très exacte mesure entre le pôle négatif et le pôle positif, car elle ne prend
tout son sens que dans le choix, c’est-à-dire l’engagement.
Se dire "tolérant" pour obtenir une paix facile n’est que faiblesse. La tolérance n’existe qu’active et se
nourrit de preuves. Dans le monde actuel, plus que jamais, l’occasion s’en présente quotidiennement.
Ces "occasions", souvent des "signes" parmi lesquels il est donné à l’homme sa chance d’être un peu
plus que lui-même, plus simplement d’assumer son devoir d’humanité.
C’est à cela que nous nous emploierons.
Inséparables et complémentaires
Le stylo à plume est à l’ordinateur ce que l’artisanat est à l’industrie : son âme et sa culture.
Or, qui saurait imaginer un peuple privé de sa culture, c’est-à-dire de ses racines. Loin de nier l’utilité
révolutionnaire de l’ordinateur et les progrès bienfaisants de l’industrie, il est important que perdure
dans une société ce qui la fonde : sa richesse intérieure, son raffinement – ne craignons pas
d’employer un mot souvent dévoyé – et son individualité, c’est-à-dire sa liberté. Or, nous le savons
par l’étude de graphologues sérieux, rien n’est plus personnel et inimitable que l’écriture.
Il n’est pour s’en convaincre que d’en parler aux écrivains. La plupart d’entre eux prennent un plaisir
physique, voire sensuel, au maniement de la plume, à son dessin – dessein – sur la plage, au bruit
même si particulier de son chant parcourant l’espace blanc, le lieu de l’auteur, à l’élan de la main qui
entraîne le reste du corps dans le "Geste d’écriture".
Les poètes, sans doute, parce que leurs écrits procèdent d’une demande plus entière que
tout autre, parce que leurs oeuvres s’apparentent davantage à ceux d’un plasticien que celles des
autres genres littéraires, les poètes, oui, témoignent mieux que quiconque du plaisir indispensable de
la plume.
(…)

Dimanche 2 Mars 2008
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