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09/02/2011



L'invité du mois

BÉATRICE BONHOMME

BIOBIBLIOGRAPHIE ET EXTRAITS



BIOBIBLIOGRAPHIE

BÉATRICE BONHOMME
Béatrice Bonhomme, poète, a fondé avec Hervé Bosio la Revue Nu(e), qui édite des poètes contemporains depuis 1994.
Elle a publié des livres de poèmes dont Les Gestes de la neige (L’Amourier), Le Nu bleu (L’amourier) Cimétière étoilé de la mer (Mélis) et La Maison abandonnée (Melis, 2006). Elle a également réalisé plusieurs livres avec des peintres.
Parmi les titres à paraître en 2008 peuvent être signalés une biographie sur Pierre Jean Jouve aux éditions Aden et un livre sur la poésie contemporaine : Mémoire et porosité aux éditions Melis.

Principaux livres de poésie parus

L'Age d'en haut ( 1° éditionTraces, 1991, 2° édition Mélis 2004, Préface Tristan Hordé )
Le Pas de la clé ( La Vague à l'âme, 1992 )
Lieu-dit du bout du monde ( Encres vives, 1994 )
In Absentia (An Amzer, 1994 )
Jeune homme marié nu ( 1° édition Nue 1995, 2° édition Mélis, 2004, Préface Salah Stétié )
L'Univers n'en sait rien ( Nue, 1995 )
Sauvages ( Moires, 1996)
Le Dessaisissement des fleurs ( Rafaël de Surtis, 1997)
Journal de l'absence initiée ( Encres vives, 1998 )
Poumon d'oiseau éphémère ( 1° édition Moires 1998, 2° édition Mélis 2004, Préface Bernard Vargaftig )
Sabre au clair (Tipaza, 1998)

Derniers livres parus

Les Gestes de la neige ( L'Amourier, 1998 )
La Grève blanche ( Collodion, 1999 )
Le Nu bleu ( L'Amourier, 2001)
Nul et non avenu ( Collodion, 2002 )
Photographies ( Mélis, 2004, préface Serge Martin)
Cimetière étoilé de la mer, ( Mélis, 2004, préface Claude Louis-Combet)
La Maison abandonnée avec Christine Charles, ( Mélis 2006, 4° de couverture, Bernard Vargaftig )

Principaux livres d'artistes
Femme de tulle et de pierre posée sur du papier (22 exemplaires avec Serge Popoff), 2000.
Les Chevaux de l'enfance (15 exemplaires avec Serge Popoff), 2000.
La fin de l'éternité (20 exemplaires avec Rivello-Androff), 2001.
Bleu équilibre, sans filet (20 exemplaires avec Serge Popoff), 2001.
Mémoire et métamorphose (22 exemplaires avec Serge Popoff), 2002.

Livres sur l’oeuvre de Mario Villani
Le peintre absent ( Nu(e), 2007 )
Mutilation d’arbre, à paraître, éditions Collodion







EXTRAITS

Premier poème
Titre : Après la pluie



Il n’est de trame que ce mot
que j’écris sans cesse le même

que le tracé du mot
quel qu’il soit

que l’écrit du mot
le calligraphié


que le dessin du mot qui se plaît à nous fuir


curieuses calligraphies d’été
comme le parcours d’un oiseau
ou bien le ballet des feuillages


dessins d’éclaboussures et d’or
tu resteras dans l’étoile
ce papier plié sur ton coeur
aux courbes des calligraphies silencieuses


Deuxième poème
Titre : In Absentia


tu es dans la blessure
de ce printemps
dans ces chambres que nous
n’aurons pas
dans cet amour qui
fait si mal, là où
se pose la minceur
de ton corps nu
sur des draps blancs


Troisième poème
Titre : Désert du déchaînement


1
sous les déchirures
du temps
faisant mémoire arrière
le temps déserté,
abandonné

2
Stèles immémoriales
pages pétrifiées
pierres en poussière de sable
en mots-sable
cette glisse entre nos doigts
comme grains de sable
les allées ensablées, désertifiées
des mots


3
l’empreinte du pied nu
laisse une trace
derrière les pas
la trace d’une page
évanouissante à la vue
les mots pour redonner
un lien à l’espace
délié du désert
désert impénétrable du livre


Quatrième poème
Titre: Le Dessaisissement des Fleurs


la femme vient de la mer
et garde le goût de son
sexe

l’amour de la mer
et crée l’odeur des
embruns

la grande marine
aux marées basses
dans la chevelure des
varechs

la chevelure de la femme déposée sur le sable
des plages


Cinquième poème
L’Univers n’en sait rien


j’écris dans une course effrénée contre la mort
je marcherai toujours avec toi sur les grèves lointaines
notre enfant à jamais blotti contre nous
je t’écris sur les chemins de nos retours
dans la présence inédite de ton pas de ton attente
renouée au destin
il dit tu traverses les pages du livre de ma vie
je suis ton amoureux jeune et tendre marié
il dit tu es ma vie, l’univers n’en sait rien


Sixième poème
Sauvages


Tu demeures sur les ailes blondies
de la mer, ma délicate, dont
l’humble jouissance éparpille
les étoiles
Mendiant d’amour posé sur le
coeur gros des tournesols
le visage écarté en coeur de soleil ou de chagrin
tu ouvres la bouche la mer
sur ta secrète jouissance

Tu demeures posé sur les contreforts du rêve
j’ai longtemps attendu ton espace
l’espace de ton corps qui emplit
le silence,
un plein dans un creux
un en-creux
Tu reposes désormais sur les
tombes des contreforts
ma délicate éparpillée secrète dans
l’éclatement bleu foncé d’une jouissance

je n’ai jamais pleuré ta mort
qu’aujourd’hui le temps des larmes,
allongée sur la tombe de ton enfance
tu reposes
à la fenêtre ouvre les bras
ma tendre, ma délicate
ma jouissante éparpillée sur les
tombes de ton silence


Septième poème
Poumon d’oiseau éphémère


D’un coup cette sensation de libération
comme les convalescences d’enfant
et puis grandit la poigne de la mousse
s’élargit comme un faisceau de plumes
dans l’arbresle des poumons
et pluine d’étoiles en fer
au centre des carrefours de neige
rejoint cette brusque sensation
d’être bloqué à jamais
dans la mâchoire du poisson
qui plus jamais ne saisit l’air des libellules
mais seulement la bouche ouverte
tendue en vain
vers l’unique ruisseau de l’espace

Désormais il n’est plus nécessaire d’essayer d’échapper
car la mousse a rejoint le corps des lichens
et ramène à la terre
cet horizon de neige et d’air
gonflé de sang.
Désormais nul besoin de s’agiter
juste pénétrer en soi le travail des mousses
et ne plus chercher l’étroit passage
où s’ouvrirait une fenêtre
car la mousse a grandi
sur l’étoile des poumons
et tout a fait son nid
désormais dans la mort

La mousse rattrape l’élan bleu
à vouloir vivre sans cesse, sans fin
et à se résigner
dans la pourriture verdie
des poumons d’oiseaux autrefois
jadis et d’espace
dans tes poumons d’oiseau éphémère


Huitième poème
Le Porteur de Bruyère


Je suis le fiancé
le porteur de bruyère
et je fleuris les tombes
des grands-mères oubliées

Je suis le fiancé
le porteur de bruyère
et je fleuris les tombes
de l’enfance oubliée

Je suis le fiancé
le porteur de bruyère
et je fleuris les tombes
et si vite oublieuses.


Neuvième poème
Le Dessaisissement des fleurs


Il s’avance lentement
Il s’avance, à gestes
rituels, comme un danseur
Il s’avance lentement
sur le paysage
vers la colombe poignardée
une blessure aussi naturelle
que le rose des lèvres,
Il s’avance, et la tache est enfoncée
dans les cicatrices
des voiles
Il s’avance et tous ses gestes
sont réglés sur le silence.


Dixième poème
Les Gestes de la neige


Pour toi je réinventerai les gestes
de la neige
les gestes des premières éclaboussures
d'étoile aux taches de la neige
je réinventerai les premiers mots
de neige
et notre enfance sous le givre des cloîtres

Je réinventerai les premiers
mots de neige
et notre enfance au long sable des plages

C'est comme si l'amour s'était posé un instant dans le bleu
l'amour s'était posé un instant sur ta neige
il neige des flocons d'amour sur les épaules
de la mer

Il ne s'agit de presque rien
que le désert
d'un regard cassé
d'un enfant brisé
au regard
de ton regard d'enfant
à l'espoir de la neige


Onzième poème
La chevelure de Bérénice


Pierres mémoriales du sourire
l’hallucination qu’est le regard prochain
toutes les boucles chargées d’or
comme les tombeaux des pharaons,
les nefs chargées de lourds trésors
dans l’ivresse sans nuit de l’enfance
tu frappes à la porte secrète
là est l’eau pure et profonde


Douzième poème
Circularité des nuages


j’ai repris tes mots
pour les dire
sentir la fleur des
lavandes et ce soleil confit
doré rouge acajou
là où se pose le lisse de la main
sur le parquet blondi

j’ai repris tes mots
pour redire l’enfance
l’enfance perdue
déchiquetée paroissialle
l’enfance de grand-mère pieuse

l’odeur de miel
la cire comme un rayon d’abeilles
les vieux meubles enserrent les draps
lavés bleu de lavande
et fleurent d’anciennes lessives d’eau claire et puis de cendre

les maisons tilleuls
les potagers bleutés
sous l’étrange des soirs
la salade égouttée
lavoir et prie-dieu
te psalmodient et te reviennent
les mots, les mots de ton enfance
la cathédrale grise
les vitraux de couleur
une après-midi de villes endormies
retour sans cesse
et le couvent des femmes encerclant l’espérance


Treizième poème
la Grève blanche


il dit : femme est le nom de l’inaccompli
femme est le nom de l’inachevé
blanche
les changements de sens sont marqués par l’oubli
fou de la femme
fou de Dieu
il dit
femme est le nom de Dieu
dans cette langue
n’existe pas le temps de l’avenir
femme est le nom de l’absente
femme est le nom
et n’est jamais
l’indicible
femme est le nom de l’indicible
femme est le nom de Dieu
où Hallâj s’éteint

je te couvrirai de la chevelure
l’herbe véritable des marées
coquillages abandonnés sur le sable
aux bruyères s’est mêlé de l’or

on a oublié les chevaux
un moment de vagues
de vide
homme abandonné
il dit donne-moi toujours plus
car femme est l’autre nom de Dieu


Quatorzième poème
Jeune homme marié, nu


la photo
de toi
la photo nue de toi
la photo de toi nu
le dos fragile de ta
pureté

Dans ta neige
la mince pluie
bleue
dans ton coeur
la légèreté
d'une chaleur

Sur tes gestes
le regard de
ma passion
Sur tes doigts
l'odeur folle
de mon amour

La douceur de ton corps
le pur de
ta passion
tu portes mon
regard.

dans ta main
comme un oiseau
échappé fou
l'odeur de cyprine
et de pluie

jeune marié de
ta main à l'alliance légère
porte le nom secret
une bague d'or pur

dans tes mains
s'ouvrent en un lotus
l'arôme mouillé
et dans le charme
les saccades de tes gerbes
la source liquide d'un
jaillissement d'ailes


Quinzième poème
Sur la trace légère de quelques oiseaux


Un passage comme si de rien n’était
Et voilà que je me remets à pénétrer les mots de la vie
Un soleil sur la nappe rouge
Des toits sur la mousse
Et la pompe au milieu de la cour
Ne ramenant plus d’eau
Mais la source est toujours présente
Avec l’eau claire que l’on aperçoit
A travers la fente des pierres

Je n’ai pas attendu que tu viennes
Je croyais que c’était le temps de ma nuit
Et puis tu as trié le ciel
Sur la trace légère de quelques oiseaux

Il y a toujours ce noir profond
Quelque chose qui ne fait que grandir
Dans la simplicité des pierres


Seizième poème
Greniers de l’enfance


L’odeur de poussière
La paille restée chaude
Comme déposée par le blé
Il reste cette belle odeur des greniers
Et toutes ces choses offertes
Qui n’ont plus lieu


Dix-septième poème
Simplicité de la pierre


Maintenant ce qui reste
Après avoir tenu le ciel
Dans nos mains nues
C’est juste ce que j’aime
Les chemins de traverse
Les garennes, les pierres pleines

Le liséré de lumière posé
Sur la pierre émaillée
D’éclats de briques
Passe entre les persiennes
Tiré comme à la corde
le trait de lumière
Eclaire la pierre


Dix-huitième poème
Au cœur de la main du monde


Tu restes planant
Dans la minceur désirante
D’une ardeur

Tu restes
Dans l’odeur bronzée des lignages
Sur le bois compté
Des arbres pris
Dans la terre

Des choses simples
Ton amour au fil du temps
Et cette sueur imprègne le tissu
A hauteur de ta poitrine
Avec la forme d’un cœur


Paysage de ta tombe
A la mémoire de Mario Villani , le peintre absent


Et désormais tu dors en moi avec tes mains de gisant, avec tes yeux couleur de menthe

Tu dors avec tes mains feutrées, la croix posée sur tes matins et maintenant tu restes couvert des larmes du silence

Et désormais demeure en moi avec ton corps de pierre, ta respiration de dormeur dans l’eau originelle des matins de lumière

La mousse a recueilli la pierre de tes mains, les rires de ta voix

Tu dors en moi avec ta présence de vie sur le granit de la tombe, tes yeux fermés sur la lumière, ton coeur battant au creux du mien

Et désormais, tu dors au centre du coeur avec tes mains de silence et de nuit, ton visage de pierre au centre de la pierre du corps et je porte la pierre de ta vie, la pierre de lumière

Au centre de mon coeur avec l’oiseau de tes ailes qui se heurte contre la paroi de mes côtes et l’angoisse veloutée de ton absence à être

Tu dors en moi dans la tranquillité insoumise de ta bataille, dans l’étroitesse meurtrie de tes poumons de pierre

Tu respires avec la respiration calmée d’un nageur de hauts fonds dans l’eau originelle d’une transformation de méthode

Et chaque élément de ton corps est une porosité de toi qui court le monde

Tu dors en moi comme un placenta de pierre et de vie où coulent les liquides d’une métamorphose de souffle, où l’on soutient ta tête pour une nouvelle bataille de limon et de nuit

Et désormais tu transformes ton corps en couleur et l’oeuvre reste dans le regard si vert d’un matin de printemps

Tu habites. Tu habites le monde et la pierre et le squelette de ta vie est une merveille de construction fine, une pureté menue de chevilles quand se détachent les tendons et ne reste que la beauté magique de ton architecture de lumière, dans l’Iris de Suse des matins

Tu habites par la dentelle d’os d’un corps délivré du temps

La tombe couverte de neige ou irisée d’un cristal de rythme

Dans l’architecture de ta construction d’os, dans la blancheur nacrée d’une main devenue phalange

Dans les transformations de ton corps opèrent les saisons comme des nidifications de feuilles

Tu es posé dans l’étrangeté des mondes, dans le coeur dormant de la nuit et les larmes coulent sur ton cercueil de neige et d’os, dans la dentelle de tes mains

Tu habites le monde. Tu restes cet élancement aussi beau dans la mort que dans la vie, cette architecture noble que jamais ne touche l’effroi d’une pourriture

Tu t’en sors, tu passes par là, mais tu t’en sors avec ton visage devenu d’os et de nuit où creusent les orbites de tes yeux. Mais ton regard est toujours là, ton regard de peintre posé sur le mannequin drapé

Tu habites le monde des couleurs et le paysage se retrace derrière tes orbites dans la pureté inoubliable de ton élan vers le monde.



Césure médusée bleue
Pour Henri Maccheroni, en complicité de création,


Superposition de couches et de strates dans l’archéologie d’une matière.
La sédimentation désigne comme les plans successifs d’une géologie en feuilleté ou pliure.
Des artères de sang noir dans la pénétration du sexe sont destinées à ne pas voir ce qu’elles font voir.
Papier ou femme dévoilant leur bord, leur fente, dans la déchirure bien visible, pour apercevoir ce qui est creusée d’une éventration.
Femme devenue fissuration démultipliante en perspectives de lumière.
Femme ou ville-paysage de nervures en intervention de lignes droites et courbes, de leurs recoupements labyrinthiques aventureux.
Couleur-de-femme, Egypte bleu, elle dansera sciemment par l’écoutille qu’elle porte entre les jambes, pour tout ce qui en elle multiplie et ondule.
Faces totémiques en lèvres noires, sillon christique, découpe de cicatrices géologiques.
Tatouages primitifs et masqués sur le maquillage blessé des sillons de lèvres, torses de la fissure christique en arbres entaillés de scarifications, becs de canards qui débutent un terrier dans l’odeur profonde de la terre.
Réalité minérale d’un phénomène de roches mouillées de sources et de vie, en éruption de volcan, fouille et palimpseste jusqu’à la putréfaction des matières.
Glissement, modulation glissante d’une lumière entre le sexe et superposée d’os et de crâne.
Météorite de structure sérielle dans le mouvement d’un effet à double fond tramé où la fente est la couture.
Broderies gothiques de signes et de sexes, immémoriales sur les bandelettes blanchies des momies aux lèvres noires.
Grâce ployante d’oiseau mort, fourreaux et violons enfermés dans les boîtes funèbres, au centre d’une blancheur d’os.
Et puis, bocal ou cerceau d’air qu’exprime le plongeur allongé sous la surface et que l’on voit monter lentement en irisation de verre dans la pulvérisation ou plutôt la pulvérence du cristal.
Car, d’opacités en transparences, possibilité de traverser.
Fragments à plusieurs épaisseurs au travers des déchirures, et cet étrange organe sensible entre ses jambes qui déchire et répare la profondeur aimée du réel.

Béatrice BONHOMME


Nidification de la lumière
A la mémoire de Mario Villani

Tu es ce devenu ce dormeur de l’eau originelle. Tu dors dans ce placenta de pierre et de vie où coulent les liquides d’une transmutation de souffle, où l’on soutient ta tête pour une nouvelle bataille de limon et de nuit.

Désormais, tu demeures dans cette pulsation amniotique, et le placenta garde la forme d’une étoile de mer, d’une anémone lentement tremblée par le rythme de ton coeur.

Tu dors en moi dans l’éponge nourricière striée de vaisseaux où coule l’échange de nos vies et ton coeur bat dans mon coeur la pulsation-seconde d’une année lumière.

Les yeux fermés sur le vert, tu reposes dans l’élément liquide d’une transformation de larmes, et ton souvenir est un souvenir aquatique dans la matrice du monde.

Désormais, tu habites en moi dans le coeur matriciel de la lumière et ta mutation est invisible au plus secret d’un éclair de larmes.

Tu demeures dans l’étendue émotionnelle de cette eau qu’il te faut traverser dans le flux et le reflux des marées depuis le mouvement perpétuel de ton silence.

La neige sur la tombe a coulé, entraînant la fonte des blocs et des limons, ne laissant que les membranes, les fibrillations de ton nuage.

Tu dors avec la respiration calmée d’un dormeur dans l’eau latente d’une transformation de méthode et chaque élément de toi devient la porosité d’un pleur dans l’afflux d’un cristal de rythme.

Les yeux ouverts sur la lumière, je t’ai porté comme un passeur où coule la neige de notre échange dans la mutation non visible de nos transformations de coeurs.

Les larmes coulent sans fin comme une dentelle de lait sur ton cercueil de neige et d’os où s’accomplit la lutte d’une respiration à trouver.

Raz de marée dans le déchirement de la mer, je te porte au travers des longues dunes de sable où tu émerges ruisselant dans l’éternité du silence.

Le vent coule sur la mer et s’effiloche les trainées de ciel dans la brillance d’une crête de vague où baigne le lin de ton drap.

Et ton coeur enfin frappe au creux de mon coeur, dans le liquide amniotique de mon sang où l’échange de la vie et de la lumière a été transformé en amour.

Vifs et morts tous deux ensemble, nous traversons la neige originelle.

























Samedi 4 Octobre 2008
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Anthologie poésie
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des poètes en Val
de Marne) 2011
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Burqa ? essai,
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Éd. Chèvre-Feuille
Étoilée, 2010

Couleurs Femmes
Anthologie poésie,
Éd. Castor Astral 2010

Et si le rouge
n’existait pas

Anthologie poésie,
Ed. le Temps des
cerises 2010

Voix de l’Autre
essai, Actes du
Colloque Littératures,
Université de
Clermont-Ferrand
Ed. PUF 2010

Que peut la littérature?
Ed. Calliopées 2010

La poésie érotique
française contemporaine

Textes rassemblés par
Giovanni Dotoli,
Ed. Hermann, 2011

Enfances
Anthologie
Printemps des
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Ed. B. Doucey

cb
22/11/2010