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09/02/2011



L'invité du mois

EXTENSION DE LA FORÊT DES SIGNES P1

J’ai reçu, durant cette action de LA FORÊT DES SIGNES, une avalanche de poèmes.
Impossible de tous les installer, mais je n’ai pas voulu écarter définitivement cette volée de poèmes qui témoignent, dans leur diversité « forestière », de la vigueur et de la nécessité de la poésie.

La forêt est par définition non domestiquée. S’y côtoient arbres, arbustes et arbrisseaux, rouvres vénérables et jeunes pousses, lianes et mousses, buissons et broussailles, ruine de Rome et sceau de Salomon, sabot de la vierge et pied de mouton, reptiles, insectes, oiseaux, bêtes et bestioles à poils, à écailles et à fourrure dans un fouillis sylvestre de flore et de faune.

Ce fouillis c’est la vie dans son chaos et sa puissance, dont l’épisode de la pandémie nous rappelle que nous ne sommes que partie de son tout et combien elle mérite, en toutes ses formes, égards et considération.

J’ai donc décidé d’ajouter cette EXTENSION À LA FORET DES SIGNES pour y accueillir les textes qui n'ont pu trouver place dans la forêt.

Merci à toutes et à tous de votre enthousiaste participation, de votre soutien, de votre gratitude!

Et que chacun, chacune trace son chemin à sa guise dans la forêt et son extension…

Claude Ber




CHRISTIAN SILOÉ

DANS L'EXTENSION DE LA FORÊT DES SIGNES

TEXTES DE
Jacques Allemand, Antemanha, Marilou Awiakta, Florence B., Jean-Marc Barrier, Yves Bergeret, Geneviève Bertrand, Marie-Odile Bodenheimer, Alexia Carr, Sophie Crézé, Maggy De Coster, Daniel de Montmolin, Tibaut de Montbron, Pierre Drogi, Eric Dubois, Rocio Duran Barba, Brigitte Duruy, Assumpcio Forcada, Laure Gauthier, Françoise Geier, Michel Gendarme, Nicolas Gille, Roger Gonnet, Jean-Albert Guénégan, Martine-Gabrielle Konorski, Alain Helissen, Pietro Antonio Izzo, Michel Joiret, Joël-Claude Meffre, Roland Nadaus, Annie Pelouze, Bernard Perroy, Jacqueline Persini, Nathalie Picard, Eric Premel, Monique Romieu Prat, Mireille Rosaz, David Rougerie, Jean-Paul Rouvrais, Christophe Schaeffer, Dana Shishmanian, Alain Snyers, Jeanine Teisson,

IMAGES DE
Sarah Mostrel, Christian Siloë



IMAGES DE: Sarah Mostrel, Christian Siloë

JOËL-CLAUDE MEFFRE

ALOUETTES

On faisait tourner les petits miroirs, là-bas,
sur le bord du chemin.
Les alouettes allaient, venaient au-dessus des champs,
virevoltaient dans le ciel, chantaient leur allégresse.
Et je tirais sur la cordelette
Et tournaient les miroirs,
Pour que danse la lumière
Et fracassent leur tête, les alouettes,
dans les miroitements.

Pour elles, qu’était-ce donc que mourir ?
Qu’était-ce perdre vie dans l’éblouissement ?

Je tenais dans ma main ces petits corps aux ailes molles,
et regardais leur tête : chacune
avait sa tâche de sang sous mon doigt.
Dans leur œil mi-clos, parfois,
restait une écharde de lumière.

Avec mon frère, simplement
on jouait au jeu des miroirs.

Cruauté ? Je ne la discernais pas.
C’était un subtil manège dans le matin frais.

Joël-Claude Meffre
Extrait de Chasse, à paraître, Paris, 2020.

JEAN-MARC BARRIER

le passage


Tu me connais à mes estompes
à l’ombre quand elle me touche
au mot absent celui que je n’ai pas encore dit

je te découvre par le déchirement
les pelures sur les yeux
le programme et sa méthode

au soir de la réparation dans les coutures
dans un rire tombé de nous
malgré les chiens
un débris de nuage glisse sur nos visages


Jean-Marc Barrier, février 2020

MAGGY DE COSTER

Le temps rogne les espaces
Les plantes s’engouffrent dans les soupiraux
Avant la crevaison du verbe en sursis
Le vent souffle sur la braise de nos rêves
Une pluie d’incertitude
Arrose les chemins de traverse
Et le scribe lit sur le parchemin
Les mots à l’envers

Maggy De Coster
14-04-2020


ERIC DUBOIS

LA DANSE

Danse autour de moi
Danse
Danse autour de moi
Danse
Tu ne sais pas
Tu ne vois pas
Je ne t'aime plus
Je ne t'aime pas
Je ne sais pas
Je ne vois pas
Tu ne m'aimes plus
Tu ne m'aimes pas
Et m'as-tu aimé?
Je ne m'en souviens pas
Danse autour de moi
Danse
Tu vas t'approcher
Tu vas t'éloigner
Danse autour de moi
Danse
Tu vas glisser
Tu vas tomber
Nous toi et moi
Ça ne se voit pas
Je ne t'aime plus
Je ne t'aime pas
Je ne sais pas
Je ne vois pas
Tu ne m'aimes plus
Tu ne m'aimes pas
Et m'as-tu aimé?
Rien entre toi et moi
Danse autour de moi
Danse
Tout peut s'arrêter
Le temps est compté
Danse autour de moi
Danse
Tu vas glisser
Tu vas tomber...


Eric Dubois
site 1
Le capital des mots

CHRISTOPHE SCHAEFFER

Il créa cette possibilité heureuse
Un matin d’argile entre les doigts

Son moi se retira de lui-même
En vagues clandestines

Au ciel des premières lueurs
Par la lucarne dérobée de l’obscur

Sur un bras de lumière en crue
Irisant la langue mauve de l’aube

Christophe Schaeffer
à paraître in Matriciel Ed. L’improbable, en septembre 2020



MICHEL GENDARME

LA FORET PROMESSE


une fille pousse un landau, elle entre dans la forêt
on ne sait jamais vraiment qui parle
les mots les mots les mots les mots les mots les mots les mots les mots les mots les mots les mots
arbre, lierre, scolopendre, pic noir, hibou grand-duc
enfant
le voilà le fanfaron, le troublion, le baudruchon, le baladon, le sauvageon
si c'est des insultes vous allez voir vos gueules
il a la trouille dans la forêt, il va gerber, tu vas gerber, gerber, gerber
s'est enfui de l'école primaire celui-là
l'école elle est démolie
quoi l'école est démolie?
les mots les arbres les mots les arbres les mots les arbres les mots les arbres les mots les arbres
les mots les arbres les mots les arbres les mots les arbres les mots les arbres les mots les arbres
les lichens
il elle c’est une fille à la jupe aux genoux à cloche-pied à cloche-pied !
alors c’est une fille ! elle elle elle elle elle elle elle elle elle elle elle elle elle elle elle elle elle elle
la voilà la fanfaronne, la troublionne, la baudruchonne, la baladonne, la sauvageonne
si c'est des insultes vous allez voir vos gueules
elle a la trouille dans la forêt, elle va gerber, tu vas gerber, gerber, gerber
s'est enfuie de l'école primaire celle-là
l'école elle est démolie
quoi l'école est démolie?
d’où je viens d’où je viens c’est la chanson d’où je viens d’où je viens c’est la chanson entends entends la chanson d’où je viens ?
je veux écrire sur l’eau
tu entres dans la forêt pour écrire sur l’eau
et qu’est-ce qu’elle pousse devant elle hein qu’est-ce qu’elle pousse qui roule n’amasse pas la mousse ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha
écrire sur la peau de l’eau je cherche la mer
la mer tu ne l’auras pas ici mais de l’eau oui je peux te la promettre
forêt-promesse forêt-promesse forêt-promesse forêt-promesse forêt-promesse forêt-promesse
je vais de l’autre côté de la route j’entre dans la forêt on m’a dit traverse
et qu’est-ce qu’elle pousse et qu’est-ce qu’elle pousse devant elle bien jeune elle est pour ça
un landau dit le lichen un landau
oh le beau poupon dit le pic noir le beau poupon

il ne pleure pas ajoute le grand-duc ne bronche pas ne bouge pas sage sage sage sage sage sage
elle peut venir si elle pousse un landau un poupon comme une image
elle peut aller à la source elle trouvera l’eau le grand miroir à la source à la source aller à la source pour écrire
oui mais quoi en échange en échange en échange en échange en échange en échange
j’ai quelque chose de beau de bien dans ma boîte dans ma boîte qui ne pleure ni ne bronche
son poupon qui ne pleure est une boîte elle l’ouvre attention elle ouvre la boîte elle ouvre
on m’a dit l’Insecte tu dois l’apporter à la forêt l’Insecte protégé pourchassé gazé recherché caché dans mon landau
mais l’Insecte enfin libéré s’envole dans sa forêt retrouvée sa forêt retrouvée sa forêt retrouvée !
notre ami disparu l’Insecte retrouvé la sauvageonne est une idole vois la source ma fille vois là devant qui apparaît
qu’écris-tu sur l’eau ma fille ma fille qu’écris-tu sur l’eau
un poème mes amis un poème j’écris sur la peau de l’eau
...

Michel Gendarme

ROCIO DURAN BARBA

PACHAMAMA
(Mère Terre)


Pachamama pleut

Comme il pleut
sur les Andes
Comme il pleut
dans les âmes
Sur ton visage
ma peau
Sur l’arcane de l’océan

Son langage
est éloquence-silence


Pachamama pleut

Dans sa pluie
tant d’amour
Entre son eau
et la nôtre
tant de nuages


Pachamama pleut
jusqu’au déluge
dénonçant le mensonge
la violence
l’exploitation
la destruction de son cosmos

Le silence répond
dans le silence

Face à notre mutisme
Pachamama s’éclipse

Il nous reste son écho
dans l’abîme
Dans la pluie
ses douleurs
Dans sa plaie
le cri du silence


Pachamama
s’éveille
Se dénude et plonge
dans le murmure des cieux
irrépressible

Le murmure se déploie
il se glisse sans bruit
sans brumes
sans nom
sans retour
vers une source de lumière
L’espérance


Rocío Durán Barba
Paris, 2019



MICHEL JOIRET

Je rêvais d’un livre qui reprendrait l’haleine des couleurs
Qui passerait dans tes pinceaux une main de nylon
Un livre
Qui parlerait de toi pour taire la menace
Un livre enfin
Qui poursuivrait la fête où nous l’avons laissée

Poème de Michel Joiret
paru en 2016 dans "Concerto pour marées et silnce, revue".
Envoi Colette Klein



THIBAUT DE MONTBRON

Bientôt, j’aurai le ravissement pour mouillage.

Vénérables automnes, vous m’avez dit qu’il n’est rien qui perturbe la dignité de l’être, quand bien même il serait condamné à périr humilié, dans le silence des pierres, dans le dédain des mousses.

Hivers éternels, je sais par vous la sagesse de l’insecte immobile, feignant la mort, trompant l’ennemi qu’un voile- la faim, la haine, la méchanceté- obscurcit. Je puis par vous me musser dans le pli chaleureux du silence, explorer ce que même le paralytique peut explorer- que peut-être seul le paralytique explore : la couture de son âme. J’ai bâti mon regard aux montres de l’hiver: guetter, cesser la fuite un instant pour observer le vent ; comprendre ce qui gronde, derrière les bruits de botte et les rires trop brusques. 
Traquer ce grand secret que taisent les marées, que trahissent parfois dans le tressaut de l’onde les rivières indiscrètes.

Du printemps j’ai appris qu’il y avait une confiance à mettre quelque part, en sécurité. J’ai mis en dépôt ma foi au ciel, quand je vis qu’il amenait chaque année des chaleurs mesurées à nos terres fragiles ; qu’il brisait rhumatismes et engelures, pour étendre sur chacun les doigts de l’abondance.

C’est en l’été que je plaçai ma joie. 
Étés comme des chevaux de monte, pour éreinter le monde et chaque soir dormir sous une lune neuve. A l’été se prenait le chemin des conquêtes, pour la rumeur des criques, la promesse des fruits, la quête des korrigans ; pour être l’homme qui va, dos tourné sur les âges, vibrant d’une plénitude que rien ne brise, pas même la fronde. 
Morts d’étés, vos âmes, jamais indécises quand leur corps perd pied ! Vous filez droit au ciel, livrant vos restes au règne des bêtes reconnaissantes.

Et les jours, imperturbables, filent entre tes doigts comme des épis mûrs. 
Qui es-tu, moissonneur ?

Tibaut de Montbron
inédit

ALAIN HELISSEN

Bleu de terre


Quand tu t’immobilises
ton enfant pleure un château de sable
un château comme toi
démoli bien avant
son achèvement

*

Le mur que tu bâtis
t’entoure comme le lierre

Tu t’échoueras
sur le bas-côté de la route
les yeux ouverts aux passants

*

Tu recommenceras
le geste du semeur

Lorsque le jour tombera
l’archipel reprendra la place
que tu occupes parmi nous

*

Si dérisoire
la maison
lavée des pluies
à l’automne pourrissant

Ne reviens pas voir
qui a grandi ici
le dos au mur

*

Cela que tu transportes
sans lieu de livraison
Oiseau nocturne
fuyant son nid
sans trop savoir
qui t’a coupé les ailes


Alain Helissen
livre d’artiste, eaux fortes de Maria Desmée.
Tirage limité à 12 exemplaires.
Format : 19,5 x 20 cm, non paginé


ROLAND NADAUS

CHANTS DE PANDÉMIE (1)
La fauvette à tête noire
*
Jamais fauvette à tête
noire
ne m’a jamais autant chanté
-enchanté-

Jamais
fauvette ne s’est autant montrée, elle
la discrète la fugitive
-confinée en ses ramures d’amour-

Mais
chaque fois que je sors , elle
se régale de me régaler
-d’un aria d’opéra-

Et plus je l’en remercie plus
elle me récompense
d’un chant nouveau
-et très ancien pourtant-

Car Demain existe depuis
Hier
et vice-versa
Et ça viendra ça viendra, ça ira… !-

Roland Nadaus
inédit

JACQUELINE PERSINI

Vaillante et mobile
Proche de notre souffle
Une flamme de bougie
Délivre dans le cercle
De notre nuit profonde
Des étoiles promptes
À protéger nos rêves
Leur ouvrant un chemin
Encore inconnu de nous.
Nous continuons à gravir
Notre passé, notre présent
Préservant cet insecte en nous
Qui, contraint de retenir
Sa salive, a perdu ses ailes.
Cependant nos crissements
Dans la quête d’une herbe
Aromatique se hasardent
À donner quelque limite
À l’inguérissable.


Jacqueline Persini
extrait de "L'aube viendra" inédit.

NICOLAS GILLE

lorsque viennent tes fleurs blanches, courtes boules
à la pointe du printemps, tout ton arbuste,
univers touffu, volumineux, s'orne –
rajeunissant le jour – de ces dômes à peine,
innombrables, qui escaladent l’espace
et, bientôt, saturent l’horizon, effacent,
rien qu’en cette ampleur où la saison les mène,

tant d’appréhensions de l’Obscur Viorne,
illumine nos regards si souvent frustes,
nourris-les de joies des fleurs venus en foule

(laurier-tin)

Nicolas Gille
(acrostiche)
à paraître in. archipels de l'espoir, Nicolas Gille.
Editions Le petit pavé.

BERNARD PERROY

Sur le bord du quai
j'entends un ciel en moi
me chanter des voyages
et des mots d'horizon rêvés,

et je regarde ceux partir au loin
tandis que les eaux marines
lentement fluent et refluent,
battent le mur à mes pieds,

berceuses sans égale
de toutes les partances
et les traversées qui se déroulent
à l'intérieur de moi...

Bernard Perroy,
in. Mot à maux, n°9, juillet 2019
envoi Nicolas Gille

MARIE-ODILE BONDENHEIMER

Le magnolia

Voici le printemps
La couleur du magnolia ne pâlit pas

Rose sourit à la nouvelle saison
Voici les premiers rayons du soleil
Qui réchauffent son coeur
Des perles de rosée sur son corsage à fleurs

Assise sur un banc du Parc Floral
Rose contemple le paysage idéal
Dans le ciel bleu les nuages blancs
Voyagent au gré du vent
Chassent l'effroi

Les pensées de Rose s'éclairent de joie
Voici les beaux jours
L'amour dure toujours


Marie-Odile Bodenheimer,
extrait de "Les pétales de la pensée", Edilivre, 2018

JEAN-ALBERT GUNÉNÉGAN

C’est la face cachée de la terre
qui en avait assez de s’ennuyer
n’a plus tourné puis s’est arrêtée.
Etait-ce son bon plaisir
de rendre le ciel fou de tornades
de typhons, le faire pleurer
des pluies torrentielles
à faire fuir les escargots
défigurer villes et campagnes,
rager d’orage la canicule
la terre, hameçon de la mer
et, sur la plage, l’hiver à l’abandon
comme le goémon
en attente de haute mer
ô thérapeutique terre
tes brouillons de lettres
s’aveuglaient-ils de ce mal
sourcier du divin ?
Au soleil, j’offre mon visage
de patiente lumière
mon âme est en soin et,
sur ses ailes enneigées je veille
trempé de sa vierge douceur.
Peu enclin au rêve, n’ai de réponse
à rien ni à personne mais
dans la hâte de chanter
ce que je ne suis plus, dis
ô thérapeutique terre, j’ai beau
faire le tour de tes cieux,
es-tu lasse de voir courir le monde
au point de le cloitrer, terre

es-tu encore habitable ?

Jean-Albert Guénégan
inédit

ANNY PELOUZE

Des mémoires, de celles qui m’habitent ou parfois me visitent
de celles proches ou incertaines
de celles qui murmurent presque inaudiblement
hurlent ou caressent
gémissent ou hèlent
apaisent, tourmentent, interrogent
mémoires monochromes ou bigarrées, en rouge, en mauve
en bleu surtout,
celles qui semblent d’or et ne le sont pas
celles d’authentique émeraude
d’ambre et de jais
les rudes et les exaltantes
celles de plomb et de cristal
les endimanchées même en semaine
les aléatoires, ces hasardeuses où le hasard n’existe pas
mémoires complexes dont on ne sort qu’en arrivant au cœur
du labyrinthe, presque jamais
celles radicales qui posent l’essentielle question
et me font arriver dépouillée à ?

Annie Pelouze,
inédit

JEANINE TEISSON

La hiératique


Quand tu auras gravi
La quarante-quatre-mille-neuf-cent-quatre-vingt-dix-neuvième
Dune,
Là-bas,
Sur la quarante-cinq millième,
Tu la verras.
Plus que droite.
Ornée de bijoux très lourds,
Lèvres cadenassées
Sur les siècles des siècles,
Plantée dans la poudreuse orange.
Tu crieras :
Qui es-tu ?
La désertée ?
La déshéritée ?
La déshérence ?
Elle ne répondra pas.
Tu avanceras.
Tu verras les ciseaux à son cou.
La désertificatrice ?
OUI.
Et elle fera un pas
Sur la ligne
Entre l’ocre et le bleu.


Jeanine Teisson
in Revue Souffles

EXTENSION DE LA FORÊT DES SIGNES P2


Mardi 21 Avril 2020
Lu 61 fois

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cb
22/11/2010