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09/02/2011



L'invité du mois

James SACRÉ



BIOBLIOGRAPHIE

Bibliographie

Éditions courantes :
Premier livre publié en 1965 : Relation, Bordeaux, Nouveaux Cahiers de Jeunesse, 1965.
Puis aux éditions du Seuil : Graminées, « poésie-Ecrire »,Paris, 1968 ; Cœur élégie rouge, 1972.
Editions Gallimard : Paysage au fusil (cœur) une fontaine, « Cahier de poésie 2 », 1976 ; Figures qui bougent un peu, 1978 ; Figures qui bougent un peu et autres poèmes, 2010.
Éditions de La Baconnière : Un sang maniériste, 1977 ; Parler avec le poème, 2013.
Editions André Dimanche : Quelque chose de mal raconté, 1981 ; Écrire pour t’aimer, à S.B., 1984 ; Une fin d’après-midi à Marrakech, 1988 ; La poésie comment dire? 1993 ; Des animaux plus ou moins familiers, 1993 ; Viens, dit quelqu’un, 1996 ; Une petite fille silencieuse, 2001 ; Cœur élégie rouge, réédition, 2001 ; Un paradis de poussières, 2007 ; America solitudes, 2010.
Éditions du Dé bleu : Des pronoms mal transparents, 1982 ; La petite herbe des mots, 1986 ; Écritures courtes, 1992 ; Si peu de terre, tout, 2000 ; Monsieur l’évêque avec ou sans mitre, 2002 ; Le poème n’y a vu que des mots, 2007.
Éditions Obsidiane : Rougigogne,1983 ; Ma guenille, 1995 ; Broussaille de prose et de vers où se trouve pris le mot paysage, 2006 ; Dans l’œil de l’oubli suivi de Rougigogne, 2015 ; Brouettes, 2022..
Éditions Tarabuste : La solitude au restaurant, 1987 ; Un oiseau dessiné, sans titre. Et des mots, 1988 ; Comme en disant c’est rien, c’est rien, 1991 ; On regarde un âne, 1992 ; Le renard est un mot qui ruse, 1994 ; La nuit vient dans les yeux, 1997 ; La peinture du poème s’en va, 1998 ; Anacoluptères, 1998 ; Ecrire à côté, 2000 ; Les mots longtemps, qu’est-ce que le poème attend ? 2004 ; Âneries pour mal braire, 2006 ; D’autres vanités d’écriture, 2008 ; Ah ! V’la un papillon, 2013 ; deux livres dans la collection « Reprise » : Affaires d’écriture, 1 (2012) et 2 (2016) ; Donne-moi ton enfance, 2014 ; Figures de silences, 2018 ; Herses , livret dans Inscape, 2019 ; Quel tissu se déchire ? (2020) ; Figures de solitudes, 2022 ;Une fin d'après-midi continuée, ,2023
Éditions Le Castor Astral : Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles (comme), 1986 ; Tissus mis par terre et dans le vent, 2010 ; Une rencontre continuée, 2022.
Éditions Vincent Rougier Une idée de jardin à Beyrouth, 2008 ; Dans la parole de l’autre, 2018 ; Dans la parole de l’autre 2, 2019.
Éditions Al Manar : Le désir échappe à mon poème, 2009 ; Le paysage est sans légende, 2012 ; De la matière plutôt que du sens, 2023.
Aencrages & Co Ne sont-elles qu’images muettes et regards qu’on ne comprend pas ?, 2014 ; Et parier que dedans se donne aussi la beauté, 2018 ; Des animaux sont avec toi, depuis toujours,2023.
Méridianes Un pays mal continué (De La Gardiole aux Aresquiers), 2019 ; Je s’en va, avec Sans place d’Antoine Emaz, 2019 ; Rue de la Croix à Celleneuve, à paraître.

Chez divers autres éditeurs:

Nouveaux Cahiers de Jeunesse, Relation, 1965. Jean-Claude Valin éditeur, La femme et le violoncelle, 1966. Guy,Chambelland, La transparence du pronom elle, 1970. Atelier de l’Agneau, Comme un poème encore, 1975. Nane Stern, Un brabant double avec des voiles, 1977 .Thierry Bouchard à Losne, Ancrits, 1983. Cadex, Le taureau la rose un poème,1990 ; Trois anciens poèmes mis ensemble pour lui redire je t’aime, 2006. Les petits classiques du Grand Pirate, Je ne prévois jamais ce que je fais quand je dessine, 1990. Cahiers de l’Atelier, Essais de courts poèmes, 1996. Océanes, Relation, essai de deuxième ancrit, 1999. Noitarenga, Labrego coma (cinco veces), 1999, et divers petits livrets : 2008, 2010, 2012, 2019. Le Temps qu’il fait, Mouvementé de mots et de couleurs, 2003. Wigwam, Sans doute qu’un titre est dans le poème, 2004. Virgile, Mobile de camions couleurs pour des photographies de Michel Butor, 2007 ; Khalil el Ghrib 2010. Tawbad, Comme encore un jardin, 2008. Contre-allées, Coudre ton enfance à demain, 2008. Contre-Pied, L’Amérique un peu, 2008. La Dragonne, Portrait du père en travers du temps, 2009 ; Un effacement continué, 2016. La Pionnière, Elancées de fêtes, mais tenant au socle du monde, 2009. Atelier des Grames, livre collectif, 2009 ; Durance 2011. La Porte, Retour en des cafés de là-bas, 2010 ; On cherche on se demande, 2014. Potentille, En tirant sur les mots, 2010. Le frau, Où vas-tu dans la forêt ?, 2010 ; Quelle bête noire ?, 2017. Éditions Jacques Brémond, Si les felos traversent par nos poèmes ?, 2012. Du poil aux genoux, À Bazoches, 2013. Bernard Ceysson, Affaires de formes (catalogue Claude Viallat), 2013. Les Venterniers et La main qui écrit, Ecrire un poème, 2015. Fario, Un désir d’arbre dans les mots, 2015 ; Une main seconde 2018. Faï fioc, Cappucino brioche au Belvedere Bar à Montalcino, 2016 ; Ecrire pour t’aimer, à S.B. suivi de S.B. hors du temps, 2018. Voix d’encre, Les arbres sont aussi du silence, 2021. Le Réalgar, Broussaille de bleus, 2021). Apic Éditions, Par des langues et des paysages (1965 – 2022), à paraître.

Des livres d’édition courante (tirages de tête souvent) et des livres d’artiste ont été réalisés en collaboration avec les artistes suivants :

Abadie Bernard, Agosti Jean-Paul, Aoun, Arezki, Apps Edwin, Araúxo, Arnal André-Pierre, Bachès Jean-Noël, Emilio, Badin Georges, Baeckeroot Isabelle, Ballet Magali, Baltazar Julius, Barral Jacquie, Barraud Claude, Baxter Ian, Belkouch Mustapha, Benchaâbane, Abderrazzak, Berne Jean-François, Bioulès Vincent, Boussard Thierry-Loïc, Boutibonnes Philippe, Butor Michel, Calamusa Guy, Clauzel Jacques, Cognée Philippe, Corti Laura, Deblé Colette, Debré Olivier, Demarelatrous Eva, Desmée Maria, Dezeuze Daniel, Durbec Sylvie, Echarradi Jillali, El Ghrib Khalil, Essirard Jacky, Fauchier Serge, Favier Philippe, Garnier Jacky, Gaspar Lorand, Gâtineau Mariène, Gérenton Marc, Gervais Pierre-Yves, Giraud Cauchy Chantal, Giroud,Olivier, Godart Didier, Guerin Sonia, Guerryam, Guilbert Denise, Hamond Jane, Hélénon Philippe, Héraud,Jean-Paul, Hollan Alexandre, Jaquemet Martine, Kacimi Mohamed, King Ronald, Lafabrie Bernard-Gabriel, Lambert Thierry, Leick Joël, Lobet Robert, Marchetti Jean-Michel, Mellet Patrick, Meskache Djamel, Meyssonnier Jean-Luc, Mezzapelle François, Pagès Bernard, Parant Jean-Luc, Pessin Marc, Pijuan Juan Hernandez, Quardon Françoise, Rebeyrolle Fabrice, Rothchild Judith, Rougier Vincent, Saint-Roch Florence, Ségura Raphaël, Serée Gérard, Slacik Anne, Texier Richard, Titus-Carmel Gérard, Thomas Jean-Pierre, Tubiana Sylvie, Varlez Robert, Vey Yvon, Viallat Claude, Yaoul.


EXTRAITS

Pour répondre à l’invitation de Claude Ber de séjourner un peu sur son site avec des poèmes, j’ai choisi de le faire en y donnant à lire un de mes premiers essais de poèmes paru en 1973 (mon premier livre publié datant de 1965) et un ensemble écrit récemment et paru sous forme de livre d’artiste (avec des dessins-peintures de Jacquie Barral). Entre les deux (autant qu’après quelques titres publiés entre 1965 et 1973) tous les autres livres, sont une longue continuation de ce que disait le premier : une Relation (c’était le titre de ce premier livre) avec le monde plus ou moins immédiat traversé depuis un village paysan du Bas-Poitou pas mal disparu, jusque dans des contrées dont je n’avais pas même rêvé avant d’y vivre un peu : couleurs des érables dans la Nouvelle Angleterre, Hogan navajo entre une paroi rocheuse et quelques peupliers cottonwoods, une masseria dans un pli du paysage au fond des Pouilles, ou ce léger cimetière berbère dans son plus simple appareil de terre et de pierre au bord d’une petite route marocaine. Et partout des choses, des gens rencontrés dans leurs fêtes, leur travail ou leur solitude. Oui, la poésie comme de la fête et de la solitude continuées. La poésie comme un travail ? Non : elle ne fut que façon approximative de vivre, de jouer et de travailler aussi, certes, de s’émerveiller et de s’inquiéter, de trop légèrement désespérer peut-être, d’être, pour à la fin, bientôt, mourir et disparaître plus ou moins comme ce premier village qui était, sans qu’on le sache, déjà tout l’ensemble du monde, la terre entière. Comme j’ai fini par l’écrire : c’est Cougou partout. C’est Cougou partout aussi dans le temps, de 1965 ou 73 à 2023. Mais Cougou n’est que le nom de n’importe quel lieu-dit d’où le hasard, lecteur ou lectrice, t’aurait propulsé dans le monde.

Il y a aussi toute une histoire de langues, de mots, de formulations rythmées qui sont traces de cette traversée de la vie, de pas grand-chose à vrai dire, poèmes qui s’épuisent en de vains recommencements pour n’aller probablement que vers, on ne sait pas, on ne sait que trop bien. Malgré ce beau nom de « poème » dont elles s’affublent.



Un lièvre et des lapins blancs

(Un lièvre et des lapins blancs fut donné à lire dans la revue Poésie 1, n° 34 en 1973, puis dans The Grecout Review, revue des étudiantes de Smith College, avec une traduction en américain par David Ball, en 1979, et publié en livre (Des animaux plus ou moins familiers, éditions Ryôan-ji) en 1993 par André Dimanche.)



Les chasseurs du village à dire leur nom que j’entends remuer dans les jardins près de la couleur vieille des tuiles dans ce poème (bruit d’outils, pierre) je voudrais qu’ils soient en même temps que des visages connus (comme ils tournent leur tête, la forme sale de leur béret) l’avenir silencieux qui disparaît dans mes phrases.





Chasseur je l’entends causer avec son cheval demain y va prendre le fusil te verras Colbert qu’y l’aurons le grand capucin daux Ponnes. Le travail se fait doucement en bordure de chez Octavie. Petite luzerne, deux pruniers que la charrue contourne. La tranquillité, le bonheur lent, sont parfaitement nourris par la culbute soudaine au-delà des arbres et des maisons d’un lièvre silencieux : il a son ventre qui palpite encore.





Lorsque le soir une petite fille va dire à son lapin blanc une chanson (l’ombre a disparu de la couleur des toits, la grange brille). Je tiens par la main ce mouvement d’enfant que je ne comprends pas. La nuit est là.





Chasseur il est mort mais dans l’autre côté du village (à La Morinière et juste après c’est la plaine de Saint-Hilaire) je vois son sourire fin il marche vite et silencieux son fusil précis connaît les bruits les formes de l’herbe : la peur et la confiance du lièvre l’attendent.





Chasseur culpé dans l’herbe et le bleu (ciel fleuri mais puant) comment savoir ce que veut dire soudain lièvre parti tel plaisir (le cul levé, cœur battant) tout le bocage en fête avec le fusil pour la mort du lièvre ? Mais après quel silence ! le geste bête de se torcher (peu d’herbe rêche, tout remettre dans la culotte). Quel cœur (merde séchée, pommes rouges) s’en va dans la mort ?





Je voudrais que ces lapins blancs soient familiers. Je les vois debout dans le bleu du ciel ils broutent les arbres le toit rouge de la maison mais ni le mot visage ni le mot sourire dans leur activité silencieuse. L’été, qui mêle des anges dans son bleu, grandit.





Le grand lièvre qui a peur je l’entends tout seul dans le pays avec les herbes la lumière ah beau lièvre solitude dans le temps ce qui bondit quand je prononce ton nom m’emporte trop loin dans une enfance défaite et dans l’avenir impossible de la mort – je cherche avec toi la couleur d’une luzerne à graine où je pourrais laisser rouiller mon cœur.





Chasseur dounne ton fusil Rémy (c’est mon père) l’est dans sa gîte attends fais mine de rin – dans le rire et les mouvements larges d’Ulysse (paysan dans le haut du village) je reconnais le lieu dangereux qui rassemblait les lance-pierres les ivrognes et les fêtes. Mon cœur est un lièvre mort.





La petite fille qui parle à son lapin blanc à quoi pense-t-elle ? Et dans ses yeux couleur d’amitié et d’herbe brûlée comment les yeux froids de son lapin blanc sont-ils un sourire ?





Rien à dire avec ces lapins qui bougent je les regarde avec le désir de comprendre le silence et l’odeur de la paille dans ce coin de grange. Presque pleurer n’y change rien. La solitude a rempli d’autres lieux familiers.
Rien à dire avec ces mots qui bougent je les regarde avec le désir de comprendre le silence ou le bruit d’un poème dans ce coin de page. Presque pleurer n’y change rien – ni le lièvre, ni les lapins blancs. La solitude envahit d’autres lieux familiers.





Quand le lièvre traversera ce poème est-ce que les mots y seront comme des têtes de trèfle rouge qui bougent ? Mais c’est plutôt le poème que je voudrais voir aussi vif et souple que le lièvre, capable de disparaître dans la couleur d’un guéret. Poème comme un piège ou le cœur comme un fusil, mon trèfle est à peine un mot rouge dans ce regain de métaphores. Solitude abandonnée du temps.





On pourrait raconter les oreilles du lapin blanc, ses pattes jaunies sa queue, toute une activité familière la méchanceté d’un enfant rieur qui veut le déloger de derrière un tas de planches – je le tiens (bras tendu) par la peau de son dos. Puis il ne bouge plus. Je cherche des yeux rouges dans ce poème.





C’est le lièvre vivant toujours au loin dans la solitude et le silence des luzernes chaudes soudain fou dans un carré de blé de plus en plus mince que ferme le bruit de la moissonneuse-batteuse – c’est lui qui bondit familier dans mon cœur ; et les lapins blancs (je leur porte à manger tous les soirs) je les aime comme j’aime les greniers vides et les granges délabrées.





Le cœur (silence ou fête) est-il ces deux ou trois crottes séchées dans la mangeoire aux lapins ou bien tout ce pays d’automne avec des arbres rouges des raisins que les chasseurs du village mesurent avec leur fusil et les bonds du lièvre ?

______________________


L’herbe, la nuit

(L’herbe, la nuit est un ensemble de poèmes écrits en compagnie de dessins-peintures de Jacquie Barral, qui a édité l’ensemble en 2023)


1


À peine si dans la nuit tu perçois
Le dessin d’une ponctuation, le temps ni l’espace
Ne sont vraiment repérables :
La fontaine qui donne sa fraîcheur dans le noir
Est celle d’une enfance, et dans quel demain
L’improbable main qui te prendra l’épaule ?

Quelqu’un s’endort dans l’herbe d’un pré
Puis traverse en rêvant
La nuit d’une vie.

Mourir n’est pas le point final, de l’herbe
Continue de pousser
Ou continue de mourir.


**


Avec le soir qui tombe
Tous les paysages disparaissent
Tu sais quand même
Que tu marches dans l’herbe

Dans l’herbe ou sur du sable
(On entend le bruit de l’océan pas loin)

Ou sur un chemin qui s’en va
Entre des buissons qu’on ne voit pas.

Non, tu n’as pas peur
Le monde est vivant contre toi
Quelque chose comme quand on va dormir
Avec le corps de quelqu’un d’autre :
On entend la nuit ralentir.


**


On entend la nuit qui respire
(On s’imagine qu’on entend la nuit qui respire)

On entend comme un bruit
De ce qu’on s’imagine entendre.

Quelqu’un touche à ton corps d’enfant
Met de la peur dans le plaisir confiant.

Chaque nuit la nuit sera
La nuit de ce corps qui t’accueillait
Dans sa présence nue.


2


Dans l’histoire de toute une vie
Il y a les moments les plus forts
À des endroits comme si le monde
T’avait tenu de plus près
En même temps que te lâchant
Dans l’infini ;
C’était la nuit.


**


La cour d’une ferme ouverte à la nuit.
Avant d’aller dormir
Pisser dans la fraîcheur du noir
Fait que ton corps touche à l’énigme du temps.
Il y a l’odeur de l’herbe coupée.

Moment de nuit hors du temps
Que t’as cru…
Quand te voilà reboutonné, tu sais
Que le temps a continué.


**


La nuit tombée on allait chasser les merles :
Trois qu’on était, le valet Jean
De l’autre côté du buisson, frappes de son bâton,
Tu tenais la lanterne, le père
Abattait les oiseaux, ou pas,
Avec tu sais plus quel instrument.

Braconniers dans la nuit, la peur et le désir
Permis dans la nuit.

Un merle t’est resté dans le cœur.


**


Quand l’hiver. La courte durée du jour.
L’autocar te laissait loin du village
(Retour à la ferme après du temps passé
Comme interne au collège).

La nuit t’accompagne avec de grands gestes d’ombre
Quelque chose touche à ta peur
L’herbe à ta jambe d’enfant.
C’est comme un chien soudain là, tu ne sais pas
S’il te connait ou s’il pourrait mordre.

Mais bientôt les premiers jardins
La forme reconnue d’un toit.

La nuit traversée. Traversée
Comme un plaisir défendu.


3


À cause d’un travail continué longtemps, si longtemps
Le corps soudain comme un silence.

Tant de fatigue : la sieste sur un sac de jute
Dans l’herbe derrière les granges :
La nuit dans le grand plein jour, dormir
Avant que tout recommence ; le reste du jour

Comme de la nuit blanche.


**


Quand on pense à la nuit, souvent
C’est à la nuit qui vient, elle vient :
Ton pied risqué dans la peur
Et quand même la confiance
L’odeur de l’herbe et des buissons dans le noir
La nuit qu’on va dormir ou pas dedans :
Le plaisir longtemps, ou la solitude.

Le plus vrai de la vie
Après le jour qui oublie.


**


La nuit dehors : l’infini du monde
Jusqu’à des étoiles qu’on ne verra jamais.

Un ver luisant dans la haie du jardin.

La charpie des nuées déchirées par le vent.

Mais la nuit dans la chambre aussi :
L’infinie déchirure d’une rêverie
Avant qu’on va dormir.

La même nuit,
Le même ventre qui respire.


4


Il y aura la nuit du cimetière
On y aura pensé mais on n’en saura rien.

On aura seulement su
Que dans le gravier des allées
De la petite herbe continuera de pousser.

L’herbe, la nuit existe en 9 exemplaires (avec ou sans emboitage) et peut être acheté chez l’artiste, Jacquie Barral qui est aussi l’éditrice du livre. Contact : 06 45 66 12 06.

Vendredi 24 Novembre 2023
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ANTHOLOGIES ET PUBLICATIONS COLLECTIVES

Revue Cités N°73,
Effraction/ diffraction/
mouvement,
la place du poète
dans la Cité,
mars 2018.

Pour avoir vu un soir
la beauté passer

Anthologie du Printemps
des poètes,
Castor Astral, 2019

La beauté, éphéméride
poétique pour chanter la vie
,
Anthologie
Editions Bruno Doucey, 2019.

Le désir aux couleurs du poème,
anthologie éd
Bruno Doucey 2020.







cb
22/11/2010